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­­­Les relais passent en mode turbo
Publié dans Les ECO le 06 - 04 - 2011

Aller à la conquête des marchés internationaux pour nombre de PME marocaines est aujourd'hui encore considéré comme une démarche comportant des risques élevés. Les facteurs décourageants sont essentiellement liés à la méconnaissance des marchés cibles, à la difficulté d'obtenir des informations fiables et de disposer de réseaux de contacts et d'affaires leur permettant de maîtriser les enjeux. Or, selon différents acteurs œuvrant à la promotion des exportations, ces entraves ne sont pas réellement difficiles à surmonter. Ceux-ci expliquent qu'aujourd'hui les dispositifs d'appui et d'accompagnement existants au Maroc sont à même d'amortir efficacement les chocs et de permettre aux entreprises nationales d'accéder aisément aux marchés étrangers et d'en saisir les opportunités.
Structures d'appui
Au sein de la CGEM, il existe un peu plus d'une trentaine de Conseils d'affaires servant de relais et de facilitateur entre le Maroc et les marchés étrangers, chacun d'eux travaille sur le développement des relations économiques bilatérales (entre le Maroc et un autre pays). Après avoir longtemps été, pour la plupart, des cellules dormantes, faute de moyens humains et matériels, ces Conseils sont actuellement en cours de réorganisation. Selon Younes Zrikem, président de la Commission commerce extérieur et du Conseil d'affaires maroco-hollandais, «des négociations sont en cours avec les pouvoirs publics pour les soutenir financièrement afin qu'ils puissent pleinement jouer leur rôle». Une autre source à la CGEM confie que la création de nouveaux Conseils d'affaires et d'autres changements plus profonds dans leur fonctionnement étaient à l'étude en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères. L'objectif, explique-t-on, est de rendre ces Conseils entièrement disponibles pour soutenir le développement international des entreprises nationales. Mais l'ambition n'est toutefois pas de les substituer aux instances gouvernementales (Maroc Export, la SMAEX), ou encore l'ASMEX. Les Conseils d'affaires ont pour mission de servir de relais entre l'entreprise exportatrice et son marché cible, en lui fournissant des informations pertinentes et de possibilité de contacts avec les milieux d'affaires, et en formant à la maîtrise de risques sur le marché cible. À côté de ce dispositif, les structures associatives et les centres de Conseils d'affaires autonomes se multiplient également sur le créneau de l'export et de l'implantation des sociétés, avec une logique d'échange bilatéral.
Valeur ajoutée
«L'objectif des Conseils d'affaires est double. Il s'agit d'une part d'aider le tissu industriel national à mieux exporter et d'autre part à contribuer à l'attraction des investissements directs étrangers», souligne Younes Zrikem. Mais tout comme ces Conseils, les associations d'échanges bilatéraux s'inscrivent également dans la même logique et offrent des prestations gratuites d'accompagnement sur le marché qu'elles maîtrisent. C'est le cas notamment de l'Association d'affaires maroco-portugaise (AMPA), fondée il y a trois ans, dont le challenge consiste à inciter les entreprises marocaines à découvrir les opportunités du marché portugais tout en sensibilisant celles de l'autre rive à s'intéresser au Maroc. La démarche, explique Jose Maria Teixeira, président de l'Association, «consiste à créer des réseaux et des passerelles permettant aux entreprises des deux pays d'investir facilement et de tisser des partenariats de part et d'autre». À la CGEM pour assurer cette mission, les Conseils d'affaires sont cogérés par un président marocain et un président originaire du pays avec lequel les échanges sont entretenus. Chacun des présidents est choisi en tenant compte de sa maîtrise de l'environnement d'affaires du pays partenaire. Les centres d'affaires quant à eux offrent des prestations payantes, mais ne se limitent pas uniquement au conseil et à la mise à disposition d'informations pertinentes sur le marché cible. Khalid Sekkat, responsable d'un centre d'affaires maroco-chinois, explique que sa mission auprès des entreprises exportatrices va jusqu'à «l'exécution des démarches d'installation, de création, de partenariats d'entreprises sur les deux marchés Maroc-Chine». Ces démarches peuvent concerner, souligne-t-il, «la réalisation d'actes juridiques (élaboration de contrats divers), l'élaboration de plan de financement, la gestion des relations avec les banques...». Toutefois, en matière de recours à l'ensemble de ces dispositifs, l'attitude des PME demeure paradoxale. Tandis qu'au niveau de la CGEM et de l'AMPA où pourtant les prestations sont gratuites, on explique que bien peu d'entreprises demandent conseil et accompagnement. Khalid Sekkat, lui, indique que les services de son centre d'affaires sont régulièrement sollicités. «Ce côté Maroc, précise-t-il, ce sont surtout les commerçants (de Derb Omar et d'autres médinas) qui font de l'import-export, qui recourent le plus souvent aux prestations des centres d'affaires, leurs soucis étant surtout de maîtriser les risques liés aux contrats et d'en optimiser les coûts».
S.S.M
Point de vue : Khalid Sekkat, Centre d'affaires maroco-chinois
Nous travaillons sur la motivation de plusieurs entreprises chinoises pour qu'elles viennent s'installer au Maroc, surtout celles qui visent le marché européen. Le Maroc peut être un levier important car la proximité réduit leurs coûts logistiques. Selon nos estimations, elles sont 200 à 250 entreprises chinoises (notamment des commerçants) à être implantées au Maroc. Plusieurs d'entre elles passent par notre centre, en arrivant, pour se faire accompagner, notamment en matière de conseil juridique (de préparation de dossier d'investissement, processus de création d'entreprise, montage financier et relation avec les banques....). Il arrive, hélas, aussi régulièrement que des commerçants fassent faillite et repartent. Ces situations sont dues à plusieurs facteurs, dont principalement les difficultés d'adaptation et la non prise de bail commercial. Car, la plupart des commerçants chinois pénètrent le marché marocain en optant pour la domiciliation de leurs affaires. Or, après une année de domiciliation, sans siège pour la société, la loi interdit le renouvellement de la carte de séjour pour l'entrepreneur et ses salariés étrangers.
Point de vue : Younes Zrikem, Président du Conseil d'affaires Maroc-Hollande
En tant que conseil d'affaires, nous avons une double mission, qui consiste, d'une part, à attirer les investissements directs étrangers (IDE) et d'autre part, à aider notre tissu industriel à mieux exporter dans le pays avec lequel nous sommes en relation. Notre objectif est donc de servir de relais aux entreprises de part et d'autre. De ce fait, nous sommes toujours à la disposition de celles-ci, pour les informer sur les deux environnements d'affaires (Maroc et Hollande) et les conseiller dans leurs démarches. Le Maroc et les Pays-Bas ont un grand potentiel d'échanges, car les opportunités existent de part et d'autre. Les trois secteurs qui se démarquent dans la relation bilatérale sont : l'agriculture, la logistique et les énergies propres. Les Pays-Bas sont de grands experts dans la logistique et aujourd'hui beaucoup d'exportateurs marocains utilisent le port d'Amsterdam comme plate-forme. D'autre part, les Marocains, tout en exportant des fruits et légumes vers la Hollande, peuvent en retour, profiter de connaissances en matière de technologie agricole de ce pays. Le même type d'opportunités et de synergies existe aussi dans le domaine des énergies renouvelables.
Point de vue : Abdelmalek Kettani, Président du Conseil d'affaires maroco-américain
Toutes les entreprises sont les bienvenues au Conseil d'affaires et en particulier les PME marocaines. À ce jour, pourtant, force est de constater que peu de PME «osent» encore le marché américain, faute de capacité de production ou encore de ressources humaines disponibles pour s'attaquer à ce géant qui est encore quelque peu «mythifié» et que nous essayons de rendre plus accessible. Nous avons, cependant, noté un intérêt grandissant pour le marché US du fait de plusieurs «success stories» réalisées par quelques industriels (Dari Couspate, Benson Shoes, Zid Zid Kids et plusieurs autres). Nous sommes disposés, conformément à notre mission, à sensibiliser, conseiller, former et accompagner les entreprises marocaines désireuses de se développer sur le marché US. Pour ce faire, nous organisons des séminaires de formation portant sur des secteurs particuliers avec l'aide d'experts américains pour faciliter l'accès des entreprises au marché US. Par exemple, il y a deux semaines nous avons tenu à la CGEM, en partenariat avec Maroc Export et l'AmCham, un important séminaire de formation et de familiarisation pour les exportations de produits agroalimentaires tant sur le plan réglementaire que celui de l'approche marché.
José Maria Teixeira, Président de l'AMPA*
Les Echos quotidien : Quelle est l'utilité d'une association comme l'AMPA pour une PME ?
José Maria Teixeira : L'AMPA est surtout un facilitateur d'accès à l'information et aux contacts pour toutes les entreprises qui veulent investir dans les deux marchés, Maroc et Portugal. Cette information est fournie en fonction des intérêts de chaque entreprise, tout comme elle peut être plus générale sur les organismes dans chacun des pays, qui peuvent être utiles à l'installation des sociétés. Pour toute PME intéressée de développer son business au Portugal et au Maroc, le réseau de contacts dans le milieu d'affaires que sont les membres de l'Association est toujours très utile pour pouvoir avoir une meilleure vision sur la façon d'approcher le marché et d'en saisir les opportunités.
Ces prestations sont-elles toutes gratuites ?
Pour le moment, toutes les prestations effectuées par l'AMPA dans le cadre de l'information sur les marchés et ses opportunités d'affaires sont faites d'une façon gratuite, car nous voulons renforcer le rôle de l'AMPA parmi les opérateurs et les institutions. Nous avons besoin de développer un réflexe auprès des opérateurs des deux pays, de pouvoir compter sur le dynamisme de l'AMPA chaque fois qu'ils souhaitent exploiter des opportunités d'investissement dans l'un de nos pays.
L'AMPA a-t-elle pu contribuer à booster les relations d'affaires entre le Maroc et le Portugal ?
Pour le moment et étant donné qu'on n'existe que depuis 3 années, on n'a pas encore eu beaucoup de demandes de la part des opérateurs. Jusqu'à présent nous nous sommes focalisés à faire connaître les opportunités qu'offre le marché marocain aux entreprises portugaises à travers des réflexions et des discussions dans le cadre des déjeuners-débats.
*Association maroco-portugaise des affaires


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