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Le projet des autoroutes de la mer sur les rails
Publié dans Les ECO le 18 - 04 - 2010

Une mer qui n'est plus un obstacle, mais un vecteur d'échanges économiques fluide pour tous les pays de la Méditerranée, voilà l'ambition du projet des autoroutes de la mer piloté par le groupe EuroMed Transports. Concrètement, il vise à «développer le potentiel du transport maritime intermodal pour permettre la mise en place de marchés durables, sûrs et sécurisés, ainsi qu'une plus grande cohésion» dans la zone.La première phase, financée à hauteur de 4,8 millions d'euros par l'Union européenne au travers de l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP), sera achevée au bout de quatre ans, en juillet 2010. La deuxième phase, qui sera lancée également en juillet 2010, est dotée d'un financement de 6 millions d'euros. Le programme réunit l'Algérie, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Maroc, les territoires palestiniens, la Syrie, le Liban, la Tunisie et la Turquie ainsi que les pays membres de l'Union européenne ayant des ports sur la Mare nostrum. Le projet des autoroutes de la mer vise à densifier les connexions maritimes entre l'Union européenne et les dix pays de la Méditerranée et, plus généralement, améliorer la qualité du transport par voie de mer dans cette zone pour mieux les intégrer dans le futur Réseau transméditerranéen de transport (R-TMT). Pour Marc Abeille, en charge du projet, il s'agit «d'améliorer les liaisons existantes et d'en créer de nouvelles, tout en les adaptant aux besoins des différents pays concernés».Développer le transport de conteneurs, mettre en place des liaisons ferroviaires efficaces à l'entrée des ports, le projet d'autoroutes de la mer ne se limite pas au simple chargement des camions, en surnombre sur les routes, sur des bateaux. Il met l'accent sur l'intermodalité, c'est-à-dire l'utilisation par un transporteur de plusieurs moyens de transports pour un même déplacement de marchandises. Il s'agit notamment d'améliorer et de fluidifier l'interconnexion entre les réseaux terrestres, ferroviaires comme routiers, et la voie maritime. Contrairement au projet d'espace aérien commun, le projet d'autoroutes de la mer ne comporte qu'une faible dimension juridique. Pourtant, le projet contribue largement à la mise en œuvre des actions qui visent principalement la réforme de la réglementation institutionnelle qui est identifiée dans le Plan d'action régional de transport (PART) pour la région méditerranéenne 2007-2013. Il cherche surtout à faciliter la compréhension du marché par les différents partenaires afin d'obtenir une meilleure correspondance des réponses aux besoins. Pour plus d'efficacité, ce projet aide également les ports à adapter leurs infrastructures et équipements, grâce à des diagnostics réalisés par des experts sur place. Il leur apporte également un soutien en termes de marketing et de promotion des nouveaux services mis en place.
Douze projets pilotes
Dans sa première phase, les membres du projet des autoroutes de la mer ont retenu douze projets pilotes dont quatre bien avancés et huit à des stades différents. Ils concernent des liaisons aussi bien Nord-Sud qu'Est-Ouest. Les 17 juillet et 17 octobre 2008, des experts réunis à Bruxelles ont défini deux types d'assistance, selon l'état de maturité des projets pilotes. Pour les projets déjà bien avancés, ils ont mis en place une «assistance verticale» spécifiquement centrée sur les points à améliorer. Pour les projets moins développés, l'assistance est dite «horizontale» et consiste notamment en la mise en contact de tous les acteurs afin de mieux définir leur contribution. Dans les deux cas, l'assistance comprend cinq axes : l'amélioration des conditions de transfert au sein des ports ainsi que la réduction des délais, l'intermodalité, l'allègement des procédures et la facilitation du passage des frontières, l'augmentation des marchés tant en termes de volumes que de qualité et, enfin, l'élaboration de solutions pour des développements futurs.Les projets les plus avancés concernent les liaisons entre Rades (Tunisie) et Gênes (Italie) ou Marseille (France), entre Bejaia (Algérie) et Barcelone (Espagne) ou Marseille, entre Haïfa (Israël) et Trieste (Italie). Enfin, un projet concerne la liaison entre Agadir (Maroc) et Port-Vendres (France). Centré sur le port d'Agadir, porte de sortie d'une importante production de fruits et légumes, le projet pilote s'est concentré sur la mise en place d'une liaison efficace avec Perpignan, dans le sud de l'Hexagone, pour le transport d'agrumes et primeurs dans des conteneurs réfrigérés avec deux départs par semaine. «Nous avons pu réaliser un temps de transport presque similaire à celui par la route, une flexibilité au niveau de la collecte et de la livraison des marchandises et nos clients ont également pu mettre en avance l'aspect respect de l'environnement dans leur démarche marketing», énumère Hicham Fahmi, coordinateur du consortium IMTC et bénéficiaire du programme à Agadir. Et d'ajouter : «La qualité est aussi devenue meilleure avec le maintien constant de la chaîne de froid».«Très réussi» aussi pour Marc Abeille, ce projet pilote a permis de créer une alternative à 3.000 kilomètres de route. Jusque-là, les camions allaient jusqu'à la pointe du Maroc, passaient le détroit de Gibraltar, avant de traverser toute l'Espagne. «Nous avons même gagné plusieurs heures sur une escale qui normalement dure toute une journée», sourit Marc Abeille. Pour Hicham Fahmi, «l'intérêt du projet reste qualitatif, il passe par le transfert des bonnes pratiques et la formation d'une base de discussion entre les différents intervenants». Etape suivante, en cours de réalisation, la facilitation des procédures, notamment en passant à l'informatisation. Parmi les autres projets, moins avancés, on trouve : une liaison Aqaba (Jordanie)-Gênes, un partenariat Istanbul-Alexandrie, deux routes maritimes à développer entre la Syrie et l'Italie et la France, ou encore, au stade «préliminaire», un projet de liaison entre Gaza et l'Egypte. Pour le Liban, un projet se développe autour du port de Beyrouth (voir encadré).Afin d'assurer la pérennité des autoroutes de la mer, les partenaires s'efforcent d'impliquer opérateurs publics comme privés des douanes aux transporteurs en passant par les autorités phytosanitaires, les manutentionnaires ou encore les autorités gouvernementales. Pour Marc Abeille, il s'agit de «travailler sur les infrastructures et les équipements mais aussi sur les organisations». Afin de gagner en efficacité, il souhaite que les passages de frontières soient facilités, mais surtout que toutes les démarches et procédures soient informatisées. La deuxième phase, qui court jusqu'en 2013, doit mener à la poursuite des améliorations sur les différents projets pilotes ainsi que la sélection de nouveaux projets, afin de poursuivre l'optimisation de l'efficacité, la régularité et la fiabilité du transport maritime en Méditerranée. Un obstacle néanmoins, si le trafic du fret se fluidifie, les mouvements de personnes entre les pays du Sud et du Nord de la Méditerranée restent parfois difficiles.
Une liaison Beyrouth-Castellon (Espagne)
Après réflexion et négociations, EuroMed Transports a choisi la liaison Beyrouth-Castellon, sur la côte Est de l'Espagne, comme projet pilote pour le Liban. S'il n'est pas encore très avancé, ce projet pilote est l'un des plus audacieux, car il «crée quelque chose», «envisage des trafics potentiels sans se baser sur de l'existant», explique Marc Abeille, en charge du projet des autoroutes de la mer. C'est aussi la liaison la plus longue envisagée dans le cadre de ce projet, un peu plus de 3.200 km d'Est en Ouest. Les navires qui assureront cette liaison desserviront également plusieurs ports en route, en Italie essentiellement. Le choix de Castellon comme port partenaire a été arrêté définitivement en novembre 2009. Il représente deux avantages : celui d'être en communication avec un port moyen, à fort potentiel de développement, mais aussi celui d'être une des portes de sortie des carreaux de Fayence, mondialement consommés et assurant ainsi un fond de chargement, qui permet de réduire les coûts du trajet vers l'Est.À Beyrouth, où le port est déjà bien développé, les experts se sont notamment penchés sur l'amélioration de l'intermodalité, ainsi que sur le développement des exportations d'agroproduits (fruits, légumes, plantes). Le premier contrat d'assistance se termine en juin, tandis que MeDamoS II se mettra en place en juillet. «Mais la réussite de ce projet dépend surtout de la capacité des opérateurs maritimes, importateurs et exportateurs, à générer des flux nouveaux», note le coordinateur de projets Marc Abeille.


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