Bassin du Sebou : Plus de 163 % d'excédent hydrique enregistré au 14 février    Justice : les audiences reprennent dans les tribunaux après la suspension du projet de loi n° 66.23    Nigeria. Rendez-vous aux urnes le 20 février 2027    Le Conseil de Paix tient sa réunion inaugurale jeudi à Washington sous l'égide du président Trump    Liga : le Barça chute à Gérone et cède le leadership au Real Madrid    Convention-cadre portant sur la sécurité routière dans le domaine de la livraison    Bahreïn salue le rôle pionnier du Roi Mohammed VI dans le soutien au développement et à la stabilité en Afrique    Lion ou Diable : Rayane Bounida au carrefour de deux projets    Urgence RH dans le secteur agricole : un constat officiel aux implications immédiates pour les managers    Marrakech : le FLAM revient pour une quatrième édition    Le centre pour migrants de Ceuta sous pression face à l'afflux massif depuis la frontière avec le Maroc    Les travaux de la 6e session de la Haute Commission mixte Maroc-Bahreïn, tenue lundi à Laâyoune, ont été couronnés par la signature de plusieurs accords et mémorandums d'entente.    Gradual return of flood-affected evacuees continues Monday across several provinces    Ksar El Kébir: Retorno progresivo y ampliado de los habitantes tras las inundaciones    Rabat : Rencontre avec la délégation religieuse envoyée à l'étranger pour ramadan    USA : un chargé d'affaires à Alger plutôt qu'un ambassadeur, symbole d'une méfiance persistante    Filière agrumicole en péril. Maroc Citrus sonne l'alarme    AXA Assurance Maroc. Une ligne d'urgence pour l'indemnisation des clients sinistrés    Bassin du Loukkos : le taux de remplissage des barrages dépasse 94%    Lions de l'Atlas : Ouverture de la billetterie pour le match Maroc – Paraguay à Lens    La CAF condamne les incidents du match Al Ahly – AS FAR et saisit la commission disciplinaire    Yamoussoukro. Inauguration du Green Energy Park Maroc-Côte d'Ivoire    Le Roi, Amir Al-Mouminine, ordonne l'ouverture pour le Ramadan de 157 mosquées    Ksar El Kébir: distribution de denrées alimentaires au profit des habitants revenus chez eux    Intempéries : poursuite du retour encadré des populations évacuées (Intérieur)    Dubaï : Une Marocaine sacrée «Arab Hope maker 2026 »    Russie : la mère de Navalny réclame "justice" pour son fils "empoisonné"    Match amical des Lions face au Paraguay : lancement officiel de la vente des billets    En direct : Grand Gala du Nouvel An chinois 2026    Sommet de l'UA: le Maroc toujours engagé pour l'action africaine commune    Le Burundi prend les rênes de l'Union africaine pour 2026    République du Congo : Sept candidatures retenues pour la présidentielle    Bourse de Casablanca 2019-2025 : des records, des oubliés aussi    Commerce Maroc–Russie : Moscou évoque l'impact des sanctions occidentales    Protection sociale : l'expérience Maroc comme cas d'école au Sommet de l'UA    Intempéries. La valeur de la vie    des chercheurs chinois développent la technologie d'impression 3D la plus rapide au monde.    Mondial 2026 : l'ambassade du Maroc à Washington publie un guide pour les supporters    Bryan Adams présente « The Bare Bones Show » au Maroc    Le Canada annonce de nouvelles sanctions contre l'Iran    USA : paralysie budgétaire partielle au département de la Sécurité intérieure    Royaume-Uni: Propagation rapide de la rougeole dans plusieurs écoles de Londres    « The Bare Bones Show » : Bryan Adams attendu à Rabat et Tanger pour deux concerts acoustiques    « Philosophies d'Afrique » : Rabat accueille la 11e édition des « Rendez-vous de la philosophie »    Cambridge restitue 116 trésors du Bénin au Nigeria    Bryan Adams se produit au Maroc avec «The Bare Bones Show»    Ramadan sur Tamazight : La fiction et le documentaire s'invitent sur la chaîne amazighe    Berlinale 2026 : Le cinéma marocain sous les projecteurs à l'European Film Market    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Moussa Konaté, romancier et éditeur au Mali et dans le Limousin
Publié dans Le Soir Echos le 01 - 07 - 2010

En littérature aussi, il arrive que la détermination soit récompensée. Et lorsque, comme s'y emploie Moussa Konaté, cette qualité est mise aussi au service des autres plutôt qu'au seul profit de qui la possède, on doit dire «chapeau !».
Moussa Konaté, écrivain malien né en 1951 fut enseignant mais choisit de tenter de vivre de sa plume, ce qui, on le sait, n'est pas loin de tenir de la gageure.
Son premier roman «Le prix de l'âme» le fit connaître de ceux qui avaient déjà lu d'excellents romanciers maliens comme Yambo Ouologuem  on Seydou Badian et découvrirent le chef-d'œuvre d'Ibrahima Ly «Toiles d'araignées»  ( L'Harmattan, 1982).
Créateur en 1997 de la maison d'édition malienne Le Figuier, Moussa Konaté y a publié aussi bien dans les langues nationales de son pays qu'en français. Son endurance et son désir de désenclaver les écrivains maliens l'ont amené à créer en France, dans le Limousin, une maison d'édition à laquelle il a donné le nom d'Hivernage. Konaté est devenu véritablement, à sa modeste mesure mais avec une implication  totale,  un «passeur»  entre l'Afrique et la France.
Il a publié en 2010 chez Fayard un essai intitulé «L'Afrique noire est-elle maudite ?»  qu'a préfacé Erik Orsenna, lequel salue en lui «un esprit de large envergure, de grand savoir, d'honnêteté incontestable et surtout de courage».
C'est bien le sentiment que me donna la lecture du troisième roman de Moussa Konaté «Fils du chaos»  (L'Harmattan, 1986) que je saluais dans mon ouvrage «101 Maliens nous manquent». ( Arcantère, 1987).
«Fils du chaos» ( L'Harmattan, 1986), son troisième roman publié, met en scène un fonctionnaire dans l'administration, l'un de ces détenteurs des signes du pouvoir : un bureau, un  téléphone, de  nombreux dossiers, une secrétaire -pour ne rien dire d'une maîtresse, joliment appelée «deuxième bureau» en Afrique de l'Ouest.
Ceux qui abusent des possibilités que leur ouvre leur relative puissance sont ceux sur lesquels les romanciers d'Afrique noire exercent volontiers leurs sarcasmes, appelant ainsi à une éventuelle rédemption des êtres que l'apparence a attirés dans ses filets et qui sont devenus arrogantes et pitoyables marionnettes de la vanité. Ils sont alors des prédateurs, des accapareurs, des fantoches grinçants que traverse parfois un vague soupçon proche de l'auto-accusation. Hamadi, le fils du chaos, éprouve devant sa propre réussite une satisfaction mitigée. Il est irrémédiablement blessé par son enfance et demeure à jamais la victime d'un père brutal. Son meilleur souvenir, c'est sans doute, malgré la punition qui s'ensuivit, d'avoir manqué l'heure de la prière pour rechercher des nids d'oiseau dans les broussailles et qu'un  ami l'ait rassuré en affirmant : «ton vieux est un déconnard». «Alors il m'avait conquis. Badian était un déconnard, il me cassait les pieds».
Moussa Konaté raconte la sourde révolte de Hamadi contre la loi du père polygame, contre les coups reçus à l'école coranique chaque fois qu'il se trompait dans la lecture ou la récitation. Ce qui importe au lecteur de  «Fils du chaos», c'est la description minutieuse d'une société paysanne et patriarcale, l'allusion aux pratiques magiques, la protestation désespérée contre la catastrophe qu'est la sécheresse : «Alors, on décidera d'implorer la clémence du Seigneur. On demeurera des heures entassés dans la petite mosquée, chantant les louanges de l'Eternel, mais l'Eternel restera courroucé car il maintiendra fermées les portes de la pluie. On offrira alors des sacrifices à Moussokoroni qui fera la sourde oreille, elle, la pauvre statuette de bois plantée dans un coin de brousse».
Hamadi est tourmenté par des remords et des alarmes toujours vivres. Cet adulte qui profite à sa manière de la  division du pays entre nantis et anéantis nous parle de l'être et de l'avoir, au Mali ou ailleurs.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.