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Lutte contre la toxicomanie Un miracle nommé méthadone
Publié dans Le Soir Echos le 20 - 12 - 2010

Le Maroc a traversé plusieurs années avant de devenir le premier pays arabe à adopter le traitement par méthadone.
Trois centres à Salé, Casablanca et Tanger administrent ce traitement.
A Salé, une vingtaine d'addicts à l'héroïne le suivent depuis six mois.
E lle a donné ses fruits ailleurs, pourquoi pas au Maroc ? Depuis juin dernier, le Centre national de traitement, de prévention et de recherche en addictions (CNTPRA) de l'hôpital psychiatrique Arrazi à Salé a adopté le traitement à base de méthadone. Il s'agit d'un produit de substitution à la drogue, plus précisément à l'héroïne.«C'est un programme pilote dont nous ne pourrons évaluer les résultats qu'après une année», annonce le Pr. Jallal Toufiq qui préside aux destinés de l'hôpital et du centre. Pour cet expert de renommée internationale, l'introduction de ce traitement n'a pas été des plus faciles. «C'est un combat qui remonte à 1997, année à laquelle j'ai proposé l'adoption de la méthadone, mais à l'époque, c'était la croix et la bannière», se rappelle-t-il. Le combat a fini par aboutir à l'écoute, puis l'approbation d'une approche appelée «réduction des risques». «Un constat est là : la dépendance à la drogue est tellement forte chez une personne qu'elle ne peut plus s'en passer. Résultat : l'addict se détruit et détruit son entourage avec lui. Alors, au lieu de placer le produit au centre du problème, on a placé le patient, conformément aux principes des droits de l'Homme», déduit en toute logique le Pr. Jallal Toufiq.
Pragmatisme et logique ne font qu'un ; si le toxicomane ne renonce pas à sa drogue, autant l'accompagner. «Cela équivaut à ce filtre qu'on ajoute à la cigarette afin de minimiser les méfaits du tabac. Les fumeurs continuent à fumer mais avec moins de risques», explique cet expert. Puisque la méthadone permet aux toxicomanes de retrouver une vie normale, digne et active, il n'y a plus de raison, scientifiquement parlant, de ne pas l'adopter. «Actuellement, une vingtaine de jeunes hommes de 25 à 35 ans suivent ce traitement sept jours sur sept. Ils doivent absolument le prendre au centre et ne pas l'emmener avec eux. Ce produit n'est pas vendu dans les pharmacies. Nous ne l'importons pas non plus, il est fabriqué au Maroc par un laboratoire étranger qui a un distributeur dans notre pays», souligne ce professeur, précisant que la méthadone n'est pas coûteuse et qu'elle est administrée gratuitement aux bénéficiaires selon le besoin de chacun d'entre eux. Toutefois, ce ne sont pas tous les héroïnomanes qui ont droit à ce substitut, car ils doivent répondre aux critères. Le candidat doit d'abord se présenter de lui-même au centre pour se soumettre à une évaluation de la sévérité de son addiction. L'équipe de spécialistes décide ensuite de son inscription au programme méthadone. «Il doit accepter le contrat et se déplacer tous les jours pour prendre la méthadone et subir des contrôles réguliers qui se réduisent au fil du traitement», indique le Pr. Jallal Toufiq. Dans ce centre, c'est une quinzaine de médecins spécialistes et autres en cours de formation qui s'activent pour faire de ce programme un réel succès. D'autres fourmilières aussi enthousiastes mènent ce même travail à Casablanca et à Tanger. «C'est le ministère de la Santé qui a initié et financé ce programme national. Il a eu le courage de faire ce que d'autres pays voisins hésitent toujours à faire», se félicite le directeur du centre. Le Maroc est, en effet, le premier pays arabe à intégrer ce traitement dans sa lutte contre la toxicomanie, il est aussi le second pays musulman après l'Iran à en faire une priorité. Et sur le plan Afrique, notre pays peut être fier d'avoir été le second à adopter la méthadone après l'Île Maurice. Déterminé à suivre ce chemin, les perspectives s'annoncent ambitieuses. La volonté de créer des observatoires nationaux semble en être l'une des plus pertinentes. Objet d'un colloque récemment organisé à Rabat, la ministre de la Santé, Yasmina Baddou, a déclaré à ce sujet qu'«un programme de collecte de données et de surveillance nous permettrait d'être plus réactifs et plus pragmatiques dans l'élaboration de nos programmes et l'allocation de nos moyens humains et matériels».


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