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La chronique de Abdelhadi Saïd : Bruits de Seine
Publié dans Le Soir Echos le 21 - 12 - 2010


Quand Henri IV se délectait de miel marocain
Alors que la France célèbre un peu mollement l'« Année Henri IV », censée commémorer le quatre centième anniversaire de son assassinat, le signataire de l'Edit de Nantes fait subitement parler de lui, plus précisément de sa tête, « égarée » depuis 1793. Un collège de 20 scientifiques, principalement spécialistes de médecine légale, toxicologues, paléogénéticiens et anthropologistes, vient d'authentifier le crâne royal, découvert le 22 janvier chez un couple de retraités, dans une étude publiée au British Medical Journal, le 14 décembre, date qui se trouve être aussi le lendemain du jour anniversaire du « bon roi Henri ».
En 1793, donc, le pouvoir révolutionnaire décrète que « les tombeaux et mausolées des ci-devant rois, élevés dans l'église de Saint-Denis, dans les temples et autres lieux, seront détruits le 10 août prochain. ». Dans la pratique, les ouvriers n'ont tiré le cercueil d'Henri IV du caveau des Bourbons que le samedi 12 octobre. On peut lire sur le PV d'exhumation : « Son corps s'est trouvé bien conservé et les traits du visage parfaitement reconnaissables ». A tel point que l'on décide de l'exposer debout : « Chacun a eu la liberté de le voir jusqu'au lundi matin 14 ». Quelques heures plus tard, son corps rejoindra la fosse commune attenante à la basilique, mais sa tête avait disparu. Elle réapparaîtra brièvement au milieu du XIXe siècle, puis en 1919, achetée pour trois francs par un brocanteur montmartrois.
Au Maroc, dans le Tinmel du XIIIe siècle, la nécropole des sultans almohades subit le sac des Mérinides, nouvellement installés ; les cadavres de Abd Al Moumen et de Yaâcoub Al Mansour sont alors décapités.
Trois ans avant d'être poignardé à mort dans son carrosse par Ravaillac, Henri IV s'était fait offrir des spécialités bien de chez nous, grâce à son apothicaire Jean Mocquet, de retour de ses « Voyages en Maroc et autres endroits d'Afrique » : du « miel blanc très clair et excellent », des « plantes et autres singularités » dont « Sa Majesté fut fort contente ».
C'est le 8 août 1605 que Mocquet accoste à Safi, où le hasard a voulu qu'aussitôt débarqué, il soigne du ténia « Sidi Hamet Taleb », secrétaire du roi « Mulei Boufairs » (en fait, le sultan saâdien Abou Firas, alors en pleine guerre fratricide de pouvoir) : « Je le purgeai (..), lui fis jeter par bas comme de petits serpenteaux ; ce qui me mit en grande admiration, car c'était [des] vers fort gros, larges et longs, et tels qu'on ne pourrait presque s'imaginer que si vilaine et horrible chose peut être dans le corps d'un homme : depuis, il se porta fort bien, et fumes fort grands amis ».
Dans la suite du voyage, Mocquet découvrira le fleuve Tensift, qui « porte les plus excellentes truites du monde », mangera le « couscoussou » de l'Atlas, qui est de « fort bon goût, engraisse et nourrit merveilleusement », assistera à un mariage, où l'on porte « les caleçons de la mariée tout teints de sang par la ville, pour témoigner qu'elle soit vierge ». Mocquet soulignera encore que « tous les Maures sont comme captifs et esclave de leur roi : car ils n'oseraient, qui que ce soit, sortir du royaume sans son expresse licence et commandement ».
Myrha, Myrrha, Marine, filles de leurs pères
Henri IV, dont la statue équestre s'érige sur le Pont Neuf, a failli un jour se noyer accidentellement à Paris. Pont Neuf, pont des Arts, pont du Carrousel. Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram meurt noyé, après avoir été jeté dans la Seine, à proximité du pont du Carrousel, par des militants issus des rangs d'une manifestation du Front national.
Il y a quelques jours, Marine Le Pen, en course contre Bruno Gollnisch pour succéder à son père à la tête du FN, a comparé ignoblement les musulmans pratiquants de France qui prient dans la rue aux occupants allemands. Ignoble, mais très opportuniste, très bien calculé. Du jour au lendemain, les feux des médias se sont braqués sur Marine et sur Myrha, cette rue du 18e arrondissement réquisitionnée chaque semaine pour la prière du vendredi.
La loi 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat ne permet pas à ce dernier de bâtir des mosquées, ni d'en financer partiellement la construction : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Comme par ailleurs l'argent étranger destiné aux associations musulmanes n'est pas le bienvenu en France, car trop douteux, trop wahhabite, l'équation devient insoluble. Alors on tente des montages, des artifices. Le bail emphytéotique (bail de longue durée) de terrains a longtemps été décrié comme étant une subvention déguisée. Plus récemment, certaines communes préfèrent construire des centres « culturels » islamiques, puis, moyennant une contrepartie largement inférieure au coût réel, en céder aux associations « cultuelles » une partie, à aménager en salle de prière. Oui, c'est tiré par les cheveux. Et ça traduit un problème de fond. En 2005, le ministre de l'Intérieur en charge des cultes, Nicolas Sarkozy, avait tenté en vain d'amorcer la réflexion autour d'une possible actualisation de la loi sur la laïcité. Mais il devait savoir que cette loi était intouchable. Pourtant, en janvier 2008, il s'est murmuré que Sarkozy tiendrait toujours à cette réforme, dont tout le monde craint qu'elle ne vise finalement à « rétablir le financement public des cultes ».
La rue Myrha s'appelle ainsi dès les années 1840, du nom de la fille de Biron, maire de l'ancienne commune de Montmartre.
Myrrha est aussi la fille de Cinyre, personnages mythologiques dont l'amour incestueux est raconté par Ovide. Livre X des Métamorphoses : « Myrha se tait d'abord. Les yeux attachés sur son père, elle rougit, et des pleurs viennent mouiller ses paupières brulantes. Cinyre (..) sèche ses pleurs, il essuie les joues de Myrrha, et sa bouche lui donne un baiser pour elle trop plein de délices. Il l'interroge de nouveau : - Quel est l'époux que tu désires ? – Un époux comme toi, dit-elle ».
Ceux qui ont pensé que Marine Le Pen avait la faculté de se taire quand il le fallait, contrairement à son père, se sont trompés.
Jean-Marie Le Pen : Quel est le programme politique que tu désires ?
Marine Le Pen : Un programme comme le tien.
Courants d'air politiques
Depuis que Jean-François Copé a pris la tête de l'UMP en novembre dernier, il n'a de cesse de ressasser sa volonté d'« ouvrir les portes et les fenêtres » du parti. Ouvrir, oui, mais à qui ?
Chiffre préoccupant : 54% des sympathisants de l'UMP approuvent les propos de Marine Le Pen relatifs à la prière dans la rue.
Gens de droite, soyez vigilants, couvrez-vous.
Quand on pense que le Pont du Carrousel est surnommé l'hôtel des courants d'air…


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