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L'insoutenable légèreté de DSK
Publié dans Le Soir Echos le 26 - 05 - 2011

Quand les catastrophes naturelles ont montré la fragilité de toutes nos stratégies d'humains, on s'est incliné ; quand les dictateurs des pays arabes sont tombés, on a applaudi; quand le très craint couple Gbagbo est présenté, réduit à l'état de bêtes apeurées – en Côte d'Ivoire- devant les téléspectateurs du monde entier, on s'est réjouit ; mais quand Dominique Strauss Kahn se retrouve accusé de faits graves, montré par les américains menotté et défait, tous s'indignent et jettent l'opprobre sur la France ». (réf: Le Post).
Curieuse journée que ce lundi 16 mai où nos confrères journalistes, dans un élan d'amnésie générale et dans un exercice d'équilibrisme remarquable, s'essayent à oublier dans leurs commentaires du jour, qu'il s'agit du même homme que celui dont le milieu politico-médiatique français raillait, hier encore, les frasques.
Mais il est certain aussi que la réputation de légèreté de DSK devient insoutenable.
Le goût prononcé de Dominique Strauss-Kahn pour les femmes est souvent évoqué, mais ce souci de séduire peut-il être assimilé à une forme d'addiction qui aurait pu le conduire, si l'accusation se confirme, à la tentative de viol dont il est accusé à New York ?
Du côté du FMI ou des Américains, quel aurait été l'intérêt de monter un piège aussi énorme, alors que tout indiquait que Dominique Strauss-Kahn allait quitter la direction du FMI pour se présenter à la présidentielle d'ici quelques semaines et que sa succession à la tête du FMI était donc virtuellement ouverte ?
Si l'on parle de complot, il faut évidemment chercher qui peut y avoir intérêt et, en l'occurrence, je ne vois pas, ni du côté de la droite ni sur le plan international, qui aurait pu avoir le moindre intérêt à s'engager dans une opération aussi acrobatique.
Légèreté et pesanteur, cela me rappelle les deux notions qui fondent le livre de Kundera L'insoutenable légèreté de l'être. Thomas et Sabina, qui recherchent sempiternellement le plaisir immédiat, sans jamais tomber dans la passion alors qu'ils éprouvent des sentiments l'un envers l'autre, incarnent la légèreté. Ils ne sont attachés à rien, ne prennent aucun parti, ils sont davantage pour la liberté dans tous les sens du terme. La pesanteur, à l'inverse, fait s'attacher à des êtres et principes, penser selon une morale rigide et prédéterminée. Elle est incarnée par Tereza et Franz. Mais la légèreté est parfois tellement présente qu'elle en devient insoutenable. Selon Kundera, nous vivons en Occident, monde où la légèreté devient insoutenable, à l'inverse des soviétiques, qui étaient d'une telle gravité qu'ils en étaient ridicules. Pour le Dr William Lowenstein, directeur de la clinique Montevideo de Boulogne Billancourt, spécialisée dans le traitement des addictions, «il faut bien différencier la séduction, l'obsession et l'addiction, même s'il n'y a pas de cloisonnement parfait entre les différents états». La séduction, dit-il, est «la conquête et l'envie du désir de l'autre», à l'opposé de l'agression. L'obsession se manifeste souvent par des crises, déclenchées par un événement ou un traumatisme.« Alors, toute la tension psychique est orientée vers la «génitalité»». Enfin, l'addiction sexuelle se définit par la perte du contrôle rationnel, avec des modifications neuro-fonctionnelles majeures.
«La volonté va perdre son rôle de chef d'orchestre du comportement, et savoir que ce n'est pas bon pour la santé, la vie sociale ou professionnelle ne suffit plus à modifier le comportement», selon le Dr Lowenstein. L'addiction sexuelle touche 3 à 6% de la population adulte, à 84% des hommes, selon une étude du Pr Florence Thibaut, de l'Inserm. Le Dr Matysiak parle lui aussi de «perte de la maîtrise».
«L'addiction, dit-il, devient le centre de la vie au mépris de tout le reste. Il y a une souffrance individuelle personnelle, les gens essayent de s'arrêter mais n'y arrivent pas et viennent consulter». C'est « une maladie ». Pour lui, elle peut aussi entraîner des «actes agressifs asociaux pour l'assouvissement des pulsions», comme le toxicomane qui va agresser une vieille dame pour obtenir de l'argent et se payer sa drogue.
Pour Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue, il peut y avoir des dérapages dans la séduction, avec la volonté «de conclure dans l'instant». Mais «la plupart des délinquants sexuels ne sont pas des séducteurs». De même, pour le Dr Lowenstein, aussi bien la séduction que l'addiction n'impliquent que «très rarement» la perversion ou l'agression. Tous restent très prudents sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn. Mais pratiquement aucun ne se préoccupe de l'état psychologique et émotionnel de la femme de chambre de l'hôtel originaire de Guinée, même s'il est vrai que les enjeux la concernant ne sont pas internationaux ! «Il faudrait se pencher sur la sexualité des hommes de pouvoir, qui peuvent perdre pied avec la réalité et ne se rendent plus compte de ce qui est autorisé ou pas», dit le Dr Matysiak. Le Dr Lowenstein se demande s'il n'y aurait pas, sur fond d'hyperactivité sexuelle, «quelque chose de l'ordre de l'acte délirant qui s'inscrirait dans une décompensation psychotique, avec un dérapage quasiment psychoïde de quelqu'un qui sort totalement de la réalité».
Le Dr Coutanceau évoque, parmi différentes hypothèses possibles, «une sur-interprétation de la victime» qui se méprend sur «des gestes douteux et une situation ambiguë». Il n'exclut pas non plus que ce puisse être «un jeu de séduction qui dérape vers l'agression sexuelle caractérisée», ce qui «peut exister, mais exceptionnellement». En attendant le verdict, les préoccupations économiques de l'Europe, notamment celles de la Grèce et du Portugal, attendront. Ces pays ne verront-ils pas une autre issue que celle qui a été « préméditée » ? En tout cas, jusqu'à preuve du contraire, c'est un bon cas de conscience collective sur la moralité et les valeurs humaines de ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique.


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