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Le marché privé toujours à la traîne
Publié dans Le Soir Echos le 24 - 11 - 2011

Comparé à d'autres économies émergentes, le marché obligataire privé marocain est toujours à la traîne. Pour cause, l'intérêt des entreprises marocaines pour les émissions obligataires est relativement récent.
La taille du marché obligataire privé marocain s'affiche toujours en retrait par rapport à d'autres économies émergentes et ce malgré une progression du marché constatée depuis 2003. Ce sont là, les conclusions tirées par l'équipe de la direction «Analyse et Recherche» de la société de Bourse, CDG Capital.
D'après les données recueillies par ces analystes, le Maroc occupe la cinquième position, derrière le Qatar et la Turquie, dans le classement des économies émergentes. De leur côté, les marchés d'émissions d'obligations privées en monnaie locale des grandes économies émergentes, telles les Emirats Arabes Unis et l'Afrique du sud, arrivent en tête du classement.
Cette situation s'explique essentiellement par la dissimilitude dans les comportements des investisseurs des différentes économies. Alors que le recours au crédit bancaire a, depuis quelques années, fortement chuté en valeur dans la plupart des principales économies du Moyen-Orient et d'Afrique, au Maroc le financement des entreprises est toujours assuré, dans une proportion sérieuse, par les banques (35 %). La dette privée, tous instruments confondus, n'y concourt qu'à hauteur de 11 %.
Il est utile de rappeler, dans ce contexte, que les émissions du compartiment obligataire représentent une part raisonnable, comparativement aux autres instruments de la dette privée. Selon les chiffres de la société de Bourse, ce type d'émissions a canalisé 35% du total des émissions de dette privée en 2010.
Il faut préciser, par ailleurs, que l'année 2010 a été l'année des émissions obligataires «par excellence». Le volume émis sur ce compartiment a dépassé les 25 milliards de DH, soit une hausse de 118 % par rapport à l'année précédente. «Les besoins importants d'investissement ainsi que l'arrivée de nouveaux émetteurs de grande taille sont autant de facteurs qui ont contribué à redynamiser ce segment de la dette», précisent les analystes de CDG capital. Une dynamique dont l'effet principal a été un net ralentissement dans le recours aux crédits bancaires.
Deuxième, derrière l'Afrique du sud
Les volumes enregistrés sur ce compartiment de la dette ont été, en 2008, dominés par les émissions d'obligations subordonnées auxquelles ont procédé les banques de la place pour renforcer leurs fonds propres dans le cadre du respect des normes
Bâle II. En dehors de ces émissions, ce marché n'aurait en effet connu que peu d'opérations pendant cette période. L'intérêt des entreprises privées marocaines pour les émissions obligataires est, donc, relativement récent.
La dette publique est dominante
L'encours des obligations privées au Maroc totalise aujourd'hui près de 71 milliards de DH. Ceci dit, il reste marginal dans un marché obligataire dominé à plus de 80% par les bons du Trésor. Certes, ce compartiment de la dette occupe ces dernières années, une place de plus en plus importante dans le périmètre financier, il ne saurait, toutefois, rivaliser avec le marché des bons du Trésor notamment en termes de liquidités et de garanties.
L'évolution du nombre d'émetteurs d'obligations privées suit, d'ailleurs, la même logique que les montants émis. Celui-ci est passé de 6 en 2007 à 18 en 2010 puis à 34 en 2011. À titre de précision, dans l'échantillon analysé CDG capital, «le Maroc est classé deuxième derrière l'Afrique du Sud». Cette croissance soutenue du nombre d'émetteurs trouve son origine dans les avantages offerts par ce type d'instruments que sont notamment la diversification des sources de financement, la consolidation du marché, l'optimisation des coûts de financement, etc. Il est clair aujourd'hui que les entreprises marocaines se désintéressent de plus en plus du système bancaire marocain pour se tourner davantage vers le marché de la dette privée. Le Maroc est donc bien parti pour occuper dans quelques peu une place de choix dans le trio de tête des économies émergentes émettrices d'obligations privées.


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