Rabat accueille des entretiens maroco-autrichiens pour renforcer la coopération judiciaire    Dialogue social : 49,7 MMDH de mesures de soutien au pouvoir d'achat    LGV Kénitra-Marrakech : L'ONCF engage 300 MDH pour 53 passerelles métalliques    Agadir : homologation de deux plans d'aménagement    Edito. L'heure des arbitrages    Souveraineté numérique : pourquoi Mistral ne suffira pas    Hilton prévoit l'ouverture de 15 nouveaux hôtels au Maroc    Le besoin en liquidité augmente à 136,7 MMDH au 1er trimestre    Tiznit : Akhannouch lance plusieurs projets de développement    Bourse de Casablanca : ouverture sur une note positive    Championnat arabe d'athlétisme U20 : 17 médailles dont 3 d'or pour le Maroc    Moroccan athletes shine with 17 medals at Arab U20 Athletics Championship in Tunis    Luka Modrić opéré : saison terminée avec AC Milan, mais le Mondial en ligne de mire    Réunion chez les arbitres marocains : vives discussions autour des décisions de la 16e journée    LdC : Paris Saint-Germain – Bayern Munich, choc XXL pour une place en finale    Alerte météo : averses orageuses localement fortesce mardi dans plusieurs régions    Marruecos habría propuesto a Estados Unidos ofrecer una respuesta coordinada frente a las amenazas iraníes    Morocco reportedly proposed coordinated response with US to counter Iranian threats    Morocco to spend 49.7 billion dirhams on social dialogue measures by 2027    Protection de l'enfance : le CESE appelle à un renforcement des dispositifs de prise en charge    Le Maroc aurait proposé aux Etats-Unis d'apporter une réponse concertée face aux menaces iraniennes    Hilale au Conseil de sécurité: Le Maroc dénonce l'instrumentation des voies maritimes comme cartes de pression et de chantage    Hausse des prix des carburants : Le gouvernement agit avec sens social et responsabilité financière    Attaques au Mali : deux approches opposées entre le Maroc et l'Algérie    Province de Tiznit : Akhannouch lance plusieurs projets de développement    Football : Youssef Khanfri, le prodige de 12 ans repéré par le Barça    Une candidate d'origine marocaine confrontée à une déferlante raciste lors des élections municipales en Italie    La Guinée remercie Mohammed VI pour l'opération humanitaire de retour de ressortissants    Le RNI met en avant le bilan gouvernemental et le qualifie d'«exceptionnel»    Agadir : Coup d'envoi officiel de la 22e édition d"African Lion"    Attaque armée à Washington : le Maroc exprime sa solidarité avec Trump    Armement en Afrique du Nord : L'Algérie et le Maroc en tête des dépenses militaires en 2025    Alerte météo : averses orageuses localement fortes lundi et mardi dans plusieurs régions    Lutte contre les incendies de forêt : l'ANEF réunit son comité directeur national    Casablanca célèbre l'âme andalouse : le FMMA revient pour une 4e édition ambitieuse    Tanger : des colonnes métalliques historiques découvertes dans la médina    Rabat, Capitale mondiale du livre 2026 : lancement du label "Bibliothèque culturelle – Manara"    AES : une compagnie aérienne commune pour relier le Sahel    Marrakech clôture en beauté le FLAM 2026 entre littérature, mémoire et poésie vivante    Tournoi U19 : l'AMF impressionne et s'impose face à l'élite européenne    Format inédit : la CAN U17 au Maroc devient un "festival" du football africain    Plainte d'un avocat de Rabat contre des militants anti-normalisation avec Israël    Solidarité. Le Maroc condamne l'attaque armée ayant visé une réception à Washington en présence du Président Trump    La Razón : le Maroc modernise une base aérienne près de Dakhla dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Washington    FLAM 2026 : Marc Alexandre OHO BAMBE ou le pouvoir de résister avec les mots    Lancement de l'événement Rabat, capitale mondiale du livre 2026    Maroc : Un partenariat renforcé avec l'Autorité du livre de Sharjah    Diaspo #438 : Mériame Mezgueldi célèbre les chibanis par l'art figuratif    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Benkirane, quelles prérogatives ?
Publié dans Le Soir Echos le 02 - 01 - 2012

Le chef du gouvernement a promis « des signaux forts » aux Marocains, mais il semble qu'il n'est pas seul maître à bord du navire Maroc. Le roi demeurant l'ultime chef de l'Exécutif, Benkirane aura-t-il les moyens de ses ambitions ?
« Ce que je peux promettre aux Marocains, c'est que je ne leur mentirai jamais, et des signaux forts seront lancés par le gouvernement dirigé par le PJD, dès les premiers jours ». C'est ce qu'avait déclaré Abdelilah Benkirane, au soir des résultats définitifs des législatives du 25 novembre. Plus d'un mois est passé depuis cette déclaration, et il n'y a toujours pas de gouvernement, toujours pas de « signaux forts ». Mais de quoi parle, Benkirane lorsqu'il promet aux Marocains des « signaux forts » ? Selon le politologue Mohammed Darif, il s'agit de « décisions qui, financièrement, ne coûteront pas grand chose au futur gouvernement, comme l'élargissement des libertés publiques ou encore la libération des détenus salafistes ». Justement, libérer les détenus salafistes entre-t-il dans le cadre des prérogatives du chef du gouvernement ? « Non, répond Darif, cela ne relève pas des compétences du nouveau gouvernement. Une telle décision est difficile à prendre ». Et d'ajouter : « Ces dossiers sensibles ont besoin d'une décision d'ordre politique et sécuritaire. Il y a un gouvernement, mais aussi un Etat qui cherche à maintenir l'ordre public ». Autrement dit, Benkirane ne peut libérer personne sans l'aval du roi, qui reste le premier responsable de l'appareil sécuritaire. Plusieurs observateurs commencent à se demander quel sera la marge de manœuvre réelle du cabinet Benkirane. Le politologue Youssef Belal se pose la même question. Pour lui, « le Palais se prépare sérieusement au gouvernement PJD. Preuve en est la série de nominations de nouveaux conseillers royaux. Nous sommes dans une configuration où il y aura peut-être une bipolarité dans la gestion du pays. Et tout est de savoir quel sera le degré d'autonomie de l'équipe Benkirane ».
Une hiérarchisation plutôt qu'un partage
Qui dit bipolarité, dit partage du pouvoir. Or, il n'y a pas de partage du pouvoir au sein de l'exécutif marocain. Selon Darif, il y a plutôt « une hiérarchisation du pouvoir au sein de l'exécutif. La nouvelle Constitution attribue au roi un rôle essentiel. La monarchie au Maroc n'est pas une chaise vide. Elle constitue le pivot du système. Et la nouvelle Constitution n'a fait que le préciser davantage », analyse-t-il. Autrement dit, si Benkirane est le PDG de l'entreprise Maroc, le roi en est le président du conseil d'administration, à l'image du conseil des ministres qu'il préside et qui donne au monarque le pouvoir de décision ultime. On est loin donc d'une sorte de cohabitation à la française, quand Lionel Jospin et Jacques Chirac se partageaient le pouvoir. Darif insiste, d'ailleurs, sur le fait que « la majorité des prérogatives du gouvernement devront être validées par le conseil des ministres, donc par le roi ».
Pieds et poings liés, le nouveau chef de gouvernement devra démontrer tous ses talents de fin politicien, s'il souhaite aspirer un jour à jouir d'une véritable autonomie. En pleines tractations pour la formation du futur gouvernement, Abdelilah Benkirane aurait déjà goûté aux réserves du Palais. C'est ainsi que l'on a appris que le monarque n'aurait pas validé un certain nombre de ministres, et non des moindres. C'est le cas, dit-on, pour un certain Mustapha Ramid. Or, le roi a-t-il le droit de refuser un ministre avant même l'annonce du gouvernement ? Selon le constitutionnaliste Abderrahmane Benyahya, il n'en est pas question. Pour lui, « la nouvelle Constitution stipule clairement que le chef de gouvernement a le pouvoir de choisir tous ses ministres et de les proposer au roi. Ce n'est qu'après l'annonce du gouvernement que le roi peut utiliser son droit de veto », précise-t-il.
Partie d'échecs
Pourtant, le bras de fer a bel et bien commencé entre le chef du gouvernement et le Palais. Lors de la réunion du conseil national du parti, tenu jeudi dans les locaux du PJD, les membres dudit parti auraient catégoriquement refusé de céder au Palais. Dans une interview accordée au portail d'information Yabiladi, le président du Conseil national du PJD, Saadeddine El Othmani, déclare, sans détour, que «Mustapha Ramid sera bel et bien ministre de la Justice». A en croire El Othmani, l'échange engagé entre le roi et Benkirane à propos des ministrables Pjdistes aura finalement tourné en faveur de la formation lampiste, qui devrait conserver dix des 11 ministres préalablement prévus par la liste présentée une semaine auparavant au roi. Si le PJD est sorti indemne de ses négociations avec le Palais, cela ne semble pas être le cas de ses alliés de la majorité. Toujours selon El Othmani, « certains partis ont dû changer quelques noms », et de nouvelles propositions auraient été faites au roi, vendredi dernier. Ce processus aura été riche en enseignements, car si Benkirane a réussi à imposer ses propres ministres au roi, il n'a pas su rééditer l'exploit pour ses partenaires de la majorité. Négocier avec le Palais semble ressembler à une partie d'échecs, puisque dans ce jeu, le souverain joue rarement un rôle actif au début et au milieu du jeu ; mais, en somme, il finit souvent par jouer un rôle prépondérant.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.