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Ferroukhi, esprit libre
Publié dans Le Soir Echos le 10 - 01 - 2012

Après Le Grand voyage, Ismaël Ferroukhi, s'attaque à un sujet qu'il est le premier cinéaste à exhumer sur grand écran : l'histoire oubliée des Algériens sous l'occupation. Les hommes libres sera présenté au 13e Festival national du Film de Tanger.
Combien de livres, de films, de pièces de théâtre ont évoqué la Seconde Guerre mondiale ? La France libre et celle occupée ? La communauté juive de France livrée aux nazis, contrainte d'abandonner tout ce qu'elle s'était échinée à construire au prix d'une vie d'abnégation et de dur labeur, de s'exiler aux Etats-Unis, de tenter de gagner la France libre, de vivre cachée parmi les bonnes âmes de l'époque, qui n'avaient pas prêté le flanc au vichysme mais à Jean Moulin ? Légion, mais jamais suffisamment pour ne pas oublier cette part atroce de l'humanité.
Amnésie française
Quelles œuvres ont-elles traitées des Algériens et d'une autre histoire, celle de 100 000 d'entre eux?«Ils font partie d'une immigration ouvrière extrêmement pauvre, écrasée socialement (…) Ils ne sont ni des Algériens – puisque l'Algérie, c'était la France – ni des Français. Ils n'ont pas le statut de citoyens français. A la relégation juridique s'ajoute l'écrasement social, qu'on voit très bien dans la scène d'ouverture du film », souligne Benjamin Stora à Rue 89, rare média français à avoir traité de façon exhaustive l'information liée à ce film, contrairement à ses homologues de la presse parisienne bon teint…On pense notamment à l'amnésie française dès qu'il s'agit de la guerre d'Algérie. Combien de décennies la douce France a-t-elle mis à reconnaître cette fameuse guerre? Parlant d'abord d'événements, puis lorsqu'elle est parvenue à prononcer le mot guerre, à peine murmuré, celui de torture, les députés assis très à droite sur les bancs de l'Assemblée nationale, ont crié au loup et rappelé les faits positifs de la colonisation ! Ils n'ont pas dû lire Flaubert qui disait, déjà au XIXe siècle : « sans le connaître, je plains l'Algérien ». Ces lignes n'étaient évidemment pas écrites dans les pages du Laguarde et Michard.Car, en se lançant dans cette fiction historique, Ismaël Ferroukhi, lève le voile sur un autre pan méconnu de cette période, ô combien important et avéré : la Mosquée de Paris délivrait de fausses attestations de foi musulmane aux juifs. Si les musulmans peuvent être fiers d'avoir protégé leurs frères humains, comme nous le rappellerait un certain François Villon dans sa « Balade des pendus », le cinéaste marocain précise, la véracité de son film pouvant être mise en cause, que « l'idée était avant tout de recréer un univers qui a existé et que personne ne connaissait », a-t-il confié à Rue 89. « J'ai essayé de ne pas aller trop loin dans la fiction. C'est un sujet historique tellement nouveau qu'on allait me dire : «Mais qu'est-ce que tu racontes ?!»
Fraternité
Younes, joué par Tahar Rahim, le héros des « Hommes libres », vit du marché noir et nourrit sa famille, restée en Algérie. Quand il se fait arrêter, il est contraint de passer un marché avec la police vichyste : il doit espionner la communauté maghrébine qui fréquente la mosquée de Paris et son recteur, Si Kaddour Benghabrit (Michael Lonsdale). Le jeune homme découvre rapidement que le recteur protège des syndicalistes et délivre de fausses attestations de foi musulmane à des familles juives. Il rencontre aussi Salim Halali (le comédien palestinien Mahmoud Shalaby), voix de velours d'alors qui doit d'ailleurs sa magnifique tessiture à Pinhas Cohen, star des cabarets arabes, qui enflamme les nuits arabes de l'époque.
L'histoire d'une fraternité va se nouer entre les deux jeunes hommes, finalement loin d'être libres, car Salim Halali est homosexuel. Selon Benjamin Stora, qui a collaboré étroitement à ce projet, « beaucoup sont syndiqués et suivent Messali Hadj, grand leader syndical algérien, qui a refusé la collaboration avec l'Allemagne ». Avec l'exode, les membres de la communauté se retrouvent « abandonnés, perdus dans le Paris déserté du début des années 40. » C'est le personnage de Si Kaddour Benghrabit, qui force le respect de l'historien, proche du sultan du Maroc pour qui il apparaît tel un homme de foi et surtout un homme politique. Toutes les scènes de l'intrigue de cet opus, qui se déroulent au cœur de la Mosquée de Paris, on été réalisées dans un palais de Rabat; seuls les extérieurs ont été tournés en temps réel dans la capitale française. Comme au cours de l'Histoire, le Maroc, patrie d'accueil de la communauté juive qu'elle n'a pas hésité à protéger, est plus que jamais une terre de cinéma. Et Ferroukhi, lui, est bien un agitateur de conscience.
Fouzia Marouf


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