Marché de l'emploi : ce que révèlent les tendances RH 2025 et les perspectives pour 2026    Rabat: Le Procureur du Roi réfute les rumeurs sur une grève de la faim des Sénégalais détenus    Azemmour: Retour de l'écoulement naturel de l'oued Oum Er-Rbia vers l'Atlantique    L'AFD souligne la résilience exemplaire de l'économie marocaine    Laâyoune : la voie de contournement et le viaduc, nouveaux piliers de l'axe Tiznit-Dakhla    Australie : Trois morts dans le crash d'un avion léger au large de l'Australie-Méridionale    Italie: Coup d'envoi officiel des Jeux Olympiques d'hiver 2026    Province de Kénitra : Dispositif coordonné pour accompagner la population d'Oulad Salama    Province de Kénitra/Intempéries : mobilisation intense sur le terrain pour héberger les personnes affectées    Inondations à Ksar El Kébir : La société civile réclame un meilleur accueil pour les sinistrés    LdC de la CAF : Chaâbani veut rapprocher la RSB de la qualification    Le journaliste Lhoussine El Boukili tire sa révérence    Casablanca accueille le débat sur l'avenir : lancement de la première édition du colloque international « Le design et la communication comme leviers de l'innovation et de la transformation au Maroc »...    L'aéroport de Berlin-Brandebourg à l'arrêt en raison du verglas    Iran – Etats-Unis : Des pourparlers indirects relancés à Oman    Grèce : Un Marocain arrêté après la mort de 15 migrants sur une embarcation    Affaire des incidents de la finale de la CAN : le parquet de Rabat démonte les contrevérités sur les mis en cause sénégalais    Inondations : Comment le Maroc est passé de la gestion de crise à la gestion de risque    Coupe Davis : Le Maroc face à la Colombie pour une place en Groupe mondial I    Inde: le Maroc séduit les professionnels du tourisme à l'OTM 2026    ONU : La rapporteuse spéciale sur la torture attendue au Maroc en mars    La Academia de Tánger-Tetuán-Alhucemas hace un llamado a las academias regionales para que reciban a los estudiantes de las zonas afectadas por las inundaciones.    L'Académie de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma appelle les académies régionales à accueillir les élèves des zones touchées par les inondations.    154,309 evacuated so far as flood precautions continue in Morocco    Fegafoot: 605 dossiers pour le poste de sélectionneur national    Amine Adli enchaîne les matchs et vise le Mondial avec le Maroc    La Fédération royale marocaine de football dément la rumeur concernant la démission de Walid Regragui de la sélection nationale    Coupe du Roi : Barça-Atlético et Real Sociedad-Athletic Bilbao en demi-finales    FIFA : record de transferts au mercato hivernal, les clubs anglais les plus dépensiers    Accord de don BAD-BAM pour développer les e-paiements et renforcer l'inclusion financière    Sidi Kacem : des aides alimentaires acheminées par hélicoptère aux personnes encerclées par les eaux    Alerte météo : fortes pluies et rafales de vent ce week-end dans plusieurs régions    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    Seghrouchni au Koweït pour des rencontres sur la coopération numérique    Défense : un programme à 8,5MM $ avec les Etats-Unis    Congo: le président Sassou Nguesso annonce sa candidature à la présidentielle du 15 mars    La NASA ouvre enfin la porte aux smartphones dans l'espace    162 morts au Nigeria : Kwara sous contrôle militaire    À Figuig, des gestes frontaliers algériens ravivent une tension contenue par le Maroc    Al Hoceima : réouverture de plusieurs axes routiers après les intempéries    Liberté d'expression : le Maroc inscrit dans les dynamiques régionales et numériques mondiales    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    Le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations culturelles enracinées (Ambassadeur d'Espagne au Maroc)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Bakir Zied et Abdallah Badis : deux façons d'être soi chez les autres
Publié dans Le Soir Echos le 28 - 05 - 2012

Ainsi, un romancier à la fadeur calculée sinon aux calculs fades peut devenir éditeur à l'enseigne d'Encre d'Orient tout en demeurant un très provincial parisien, assez provincial pour se laisser aller à succomber au charme plus ou moins acide, et pas moins calculé, du premier livre d'un jeune Tunisien devenu germanopratin.
On a nommé Henry Bonnier dont le nom ne dit pas grand-chose à grand monde et Bakir Zied qui voudrait tant que son nom dise quelque chose à quelqu'un. D'ailleurs celui-ci signe de son nom précédant son prénom un premier roman On n'est jamais mieux que chez les autres mettant en bouquet des provocations sans risque et des
émotions sans concession.
L'ambition de Zénon ? Prendre la place de Zied, et toutes ses aises. Seuls les titres de ses ouvrages nous sont parvenus depuis l'antiquité grecque où s'illustra Zénon de Citium, ce philosophe fondateur du stoïcisme. Il y a aussi l'autre, Zénon d'Elée dont le dictionnaire Robert nous enseigne qu'il tenta de prouver l'impossibilité du mouvement par une série de paradoxes qui sont restés célèbres et dont le plus connu est celui de la flèche qui ne parvient jamais à son but. Quel serait le but de Zied ? D'abord et avant tout, comme on le lui souhaite, d'obtenir la régularisation administrative de son séjour parisien, lui qui a commencé de vendre On n'est jamais mieux que chez les autres dans les laveries de Saint-Germain des Près en version auto-éditée avant d'épater les gens d'Encre d'Orient. Son livre est une promenade déjantée, qui se voudrait burlesque, et où les effets de style sont la seule possession du héros, du narrateur et du lecteur. On entre dans un foyer réservé aux immigrés, et dans la peau de mendiants professionnels tandis que Zénon semble ne s'être jamais nourri qu'avec des mots. Son départ de Tunisie nous évoque celui de Mohamed Hmoudane quittant le Maroc dans French Dream mais Hmoudane ne fait pas le malin aussi systématiquement que Baki Zied qui, bien que trentenaire, a un ton de premier de la classe abstinent virant sale gosse obstiné, et vice-versa. Sans doute se retrouverait-il dans la phrase d'Henri Calet : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes ». Bakir Zied gagnerait à puiser dans cet océan secret pour continuer à bricoler dans l'incunable plutôt que de persévérer mécaniquement dans l'épate-beurgeois au nom de son expérience de la précarité sous la tente de l'insolence. La vraie insolence d'Abdallah Badis, c'est sa tranquille absence d'insolence. Du bricolage d'une 404, il est bien joliment question dans son premier film, Le Chemin noir. Ce documentaire entre campagne et sites sidérurgiques sinistrés de Lorraine est sorti à Paris à l'Espace Saint Michel où l'on applaudissait encore il y a quelques semaines Sur la planche de Leïla Kilani, merveilleuse réussite de fiction documentée où la vie et les rêves de jeunes ouvrières trépignent entre tendresse et dureté. Abdallah Badis y va, lui aussi, de sa prouesse en jouant son propre rôle d'Algérien ayant passé l'essentiel de son existence en France et méditant sur ses origines et les courages des siens. Des chibanis lui racontent leur carrière et tout ce petit monde apaisé, rieur ou mélancolique s'affaire à réparer une vieille 404. La leçon du Chemin noir ? On n'est jamais mieux qu'en se respectant les uns les autres, en s'écoutant, en se faisant entendre, en contribuant à ce que les plaies des nations et des hommes cautérisent et à ce que poussent les fleurs et les enfants. Il y a dans ce film d'Abdallah Badis tout ce que la maturité apporte à un artiste, cette humilité et cette fidélité manifeste à ce qui demeure la meilleure boussole de l'être : la nécessité intérieure. Dans Le Chemin noir, on est immergé dans le respect de la mémoire ouvrière franco-maghrébine, loin des miasmes de la xénophobie et des errements du repliement sur soi. Ainsi, Abdallah Badis a-t-il réussi à forger les images et les paroles de l'amicalité franco-maghrébine sans faire l'impasse sur les jours tragiques, quand le couvre-feu couvait des noyades d'innocents. La question n'est pas tant de considérer bien hâtivement qu'on n'est jamais mieux que chez les autres. Sans doute ne serait-on jamais mieux qu'en accord avec le monde, pourvu que celui-ci acceptât d'être envisagé, ô surprise, comme l'allié de tous.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.