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Ahmed Soltan : « Il suffit de vivre son identité au lieu de la délimiter » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 09 - 10 - 2012

En marge du Concert pour la Tolérance, tenu à Agadir samedi dernier, nous avons pu discuter avec les deux seuls artistes Marocains conviés à cette 7e édition . D'un côté Ahmad Soltan, avec sa vision d'un Maroc pluriel et ouvert sur le monde. De l'autre Vigon, l'enfant de Rabat et du Rythme&Blues. Toujours présent, avec au compteur 46 ans de métier. Deux générations, deux styles, mais un seul et même pays. Ils étaient là pour chanter la tolérance, mais aussi pour faire passer des messages tout aussi beaux et profonds.
Ahmed Soltan, Globe-trotter inconditionnel.
C'est votre première participation au Concert de la Tolérance…quelles sont vos impressions ?
Il y a déjà un bon bout de temps que l'on a sorti un album intitulé « Tassamoh », tolérance en français. C'était en 2005. Mais cette invitation est venue au bon moment, notamment avec ma nomination aux MTV Europeen Music Awards 2012 à Francfort. Les votes sont ouverts jusqu'au 9 novembre, la cérémonie, elle, est prévue deux jours après, soit le 11. J'ai donc besoin de tous les votes pour la victoire de la musique marocaine et que tout le monde soit mobilisé pour nous.
Qu'est ce que ça fait d'être nominé aux MTV Europeen Music Awards ?
Pour moi c'est la nomination de tous ceux qui ont travaillé et qui travaillent pour faire du bruit dans la musique au Maroc et pour qu'on dise : « tiens ! Il se passe quelque chose dans ce pays, il faut qu'on aille voir ». Venant de MTV ça rend doublement fier. J'espère que cette distinction va interpeler les personnes œuvrant pour la culture au Maroc.
Ahmed Soltan et la « Tolérance », c'est quoi l'histoire ?
Mon premier Album ne s'appelle pas
« Tolérance » pour rien. On y trouve du berbère, de l'arabe, du français et de l'anglais. C'est un espace tolérant à part entière parce qu'à l'intérieur, on respecte toutes ces langues dans une même chanson. Elles sont traitées avec la même rigueur et le même respect. Avant les gens étaient un peu réticents par rapport à l'usage de la darija dans une chanson. Pour beaucoup, le dialecte avait une connotation un peu vulgaire. Mais la sortie de l'album s'est plutôt bien passé. Nous avons ensuite essayé de faire des clips de qualité, pour habiller le texte en images. Des images du Maroc et des Marocains très représentatives et tout à fait acceptables pour le public. Cela nous permettra de les exporter et de montrer ce que nous valons réellement. Le Marocain est à la fois attaché à sa culture et ouvert sur le monde. Rien n'empêche de faire partie de la génération 3.0 et de porter une djelaba. Avec le deuxième album « Code », le focus a été mis sur le « tachelhit » pour « Dehargaouiser » (Déringardiser ) cette langue. Et puis le berbère dans du R&B, c'était chaud ! Mais il fallait le faire! L'image de la musique berbère était à dépoussiérer. Le défi était de lui donner un coup de jeune, sans perdre son âme. J'ai donc pris les codes de la musique berbère (Nakouss, Ribaba, Rach et Tara), j'ai ajouté des mots en « chelha » et j'ai combiné le tout aux codes standards du R&B et du Hip Hop. Le message est très bien passé grâce à Dieu. Tout cela s'incrivait parfaitement dans la thématique de ce concert. Les organisateurs m'ont par ailleurs demandé de leur envoyer les paroles et le clip du titre « Tous les mêmes ». Un morceau qui commence en darija, qui se poursuit en français dans un clip tourné au Japon, en Gambie, au Sénegal et au Maroc. L'objectif était de montrer que quoi qu'il arrive et peu importe qui on est, quand on se transperce la peau, c'est toujours du rouge qui en sort. C'est pour ça que je trouve que ma participation au concert de la Tolérance est une évidence.
Quel message pour le public marocain ?
L'autre raison de ma participation à cet évènement, c'est que j'ai vu qu'en Afrique anglophone, les gens étaient plus à même d'accepter les différences que dans certains pays francophones, pour l'instant. Je parle de différences musicales bien sûr.Pour l'album Tolérance en 2005, j'ai choisi de voyager Dakar. A l'époque c'était la première place urbaine d'Afrique francophone. Et c'est un Dj de la BBC qui, par pur hasard, a écouté ma musique et m'a dit : « je ne savais pas que le Maroc se considerait comme un pays Africain ». Maintenant ça fait 7 ans qu'il passe mes titres. Il suffit de vivre son identité au lieu de la délimiter. En voyageant dans des pays africains, j'ai trouvé qu'on avait plus de valeurs communes avec eux qu'avec le moyen orient. Avec ces derniers on partage l'arabité, l'Islam et les mélodies orientales. En Afrique, on partage le même sol et on y attaché. Les nombreuses « Dekka » qu'on à au Maroc en témoignent. On est plus dans le rythme que dans le mélo ! Et ce rythme il nous vient de notre Africanité. Je me considère marocain, arabe, africain, musulman et ouvert sur le monde. C'est tout ! La question de tolérance ne se pose même pas…
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