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La montagne s'appauvrit faute de désenclavement
Publié dans Le Soir Echos le 16 - 01 - 2013

La montagne (Adrar en amazigh) est le «château d'eau» qui fournit tout le Maroc en eau, mais ce sont aussi des richesses minières, une grande diversité biologique et un savoir-faire millénaire transmis de génération en génération... Malheureusement, c'est souvent un milieu qui souffre d'enclavement et de marginalisation.
Imilchil est une bourgade située à 2 200 m d'altitude au cœur du Haut Atlas oriental relevant de la province de Midelt dans le territoire des Aït Hdiddou, l'une des tribus de la fameuse confédération des Aït Yafelman. Ce village est connu par son moussem des fiançailles, qui symbolise le Roméo et Juliette berbères. Le moussem, raconte la légende d'un homme et d'une femme qui s'aimèrent mais qui furent séparés par la guerre entre leurs tribus respectives. De tristesse, le couple ne cessa de pleurer des larmes si abondantes qu'ils donnèrent naissance aux lacs Tislit (la fiancée) et Isli (le fiancé).
Une vraie conscience des besoins de la région
Autour d'Imilchil, les infrastructures de base sont absentes ou mal entretenues, mal équipées ou manquant de personnel. Les routes sont souvent coupées surtout pendant la saison hivernale. Il existe encore des endroits où le seul moyen d'accès est le mulet. Faisant allusion à l'expédition solidaire contre le froid au Moyen-Atlas, baptisée « voyage de l'espoir », organisée dans le village d'Anfgou et les alentours les 12 et 13 janvier, Ali Ammari, bazariste à Imilchil, ironise : «C'est bien de distribuer des habits et des chaussures usagés, des couvertures et des matelas en mousse, et autres denrées alimentaires pour aider les petites gens à affronter les rigueurs de l'hiver. Mais, ce qui est d'abord nécessaire, c'est un réseau routier, un hôpital et une école dignes de ce nom. Nous aurons ensuite besoin d'aide pour planter des pommiers et mettre en place des systèmes d'irrigation au goutte à goutte pour soutenir notre développement.» S'il y a bien une volonté politique affichée, de désenclavement de la région, notamment depuis la visite royale de 2009, les villageois et les acteurs associatifs attendent beaucoup plus des autorités. Lahcen Ouabou, Président de l'association Taymat (fraternité), demande « la constitution d'une commission d'enquête pour déterminer quel usage a été fait des fonds débloqués, suite à la visite royale de 2009. »
L'engagement massif de l'Etat pour mettre en place des infrastructures de base est une exigence voulue par tous et une condition sine qua none pour attirer les investissements privés dans l'éco-tourisme et les autres domaines à fort potentiel de la région.
D'abord les moyens d'accès, l'éducation et la santé
«Notre région souffre de nombreuses difficultés, surtout en hiver, pour nous chauffer, car il n y a pas de forêts. Le bois coûte trop cher pour les gens d'ici : 120 DH le quintal soit 1,20 DH le kilo.» déclare Othmane Oumouzi, Président de l'association ASSIF melloul. Il ajoute : «Concernant le bois de chauffage, nous demandons au gouvernement de reprendre la pratique du Ministère de l'Intérieur, qui avait cours dans les années quatre-vingt. Du bois subventionné était distribué par l'association Adrar, gérée par une française dénommée Michèle. Depuis le départ de cette française, il n' y a plus de bois subventionné. L'école est construite en béton avec de larges fenêtres, ce qui défie toute logique dans une région aussi froide que la nôtre. La salle de classe est chauffée avec du charbon de mauvaise qualité, qui est de surcroît très nocif pour les enfants.» Il poursuit : « Concernant la santé, Nous avons un hôpital local à Imilchil qui n'a d'hôpital que le nom. C'est au plus un dispensaire rural dépourvu d'équipements. Il n'y a pas d'infirmiers et le médecin est partagé entre trois communes. Nous demandons au gouvernement et au ministre de la santé de revoir cette situation et de faire le nécessaire. Nous avons enregistré récemment, le décès d'une dame à cause du froid. » Oumouzi poursuit : « Il y a le problème de l'enclavement. Les routes sont très étroites et ne sont guère entretenues. La province de Beni Mellal fait des efforts en envoyant ses engins mais la province de Midelt, dont nous dépendons ne fait rien. S'il y a une volonté politique de désenclavement et de développement de la région, elle doit passer par l'ouverture du col de Bab Noyel. Les 600 mètres de ce col empêchent tout développement durable de la région. Nous pensons sérieusement qu'il y a des gens qui n'ont pas intérêt à ce que cette région se désenclave. Ce sont de hauts responsables dans le gouvernement et dans le parlement dont les projets sont basés sur la route concurrente, celle de Midelt et Zeida, et qui freinent le développement de notre route. Cette route est importante car elle relie Beni Mellal à Ouarzazate et Tinghir, et elle est plus courte que l'autre. Nous demandons aux autorités concernées de faire le nécessaire pour élargir et réparer cette route de manière à ce qu'on puisse accueillir nous aussi les autocars et les poids lourds.» Les jeunes sont l'avenir et l'espoir de nos montagnes. Or, d'après cet acteur associatif, le taux d'analphabétisme y dépasse les 60%. A Kerrouchen où la population revendique la création d'un «noyau» de lycée, les enfants ont fait grève pendant trois mois, en vain. « 15 familles ont déserté les sommets cette année pour suivre leurs enfants en ville. », soupire le cafetier du village.
Montagnes de l'Atlas : la lutte pour la survie
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