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La Méditerranée en otage
Publié dans Le temps le 27 - 10 - 2010

Ce qui compte, c'est que par l'économie les peuples de la Méditerranée lieraient un peu plus leurs destins.
La mer Méditerranée- on devrait dire plutôt les mers tant il existe des appellations pour désigner Mare Nostrum- a longtemps été l'élément essentiel à la vie et aux échanges des hommes. Certes, elle n'est plus le centre du monde depuis longtemps. Mais elle se refuse à devenir la périphérie de l'Atlantique ou du Pacifique. Elle s'acharne à vouloir sortir de son retard bien qu'elle demeure entravée par ses pesanteurs historiques et ses conflits locaux. Plusieurs tentatives ont été faites pour lui permettre d'émerger et de retrouver une certaine existence dans la prospérité. L'Union Pour la Méditerranée est la dernière en date. Issue d'une volonté politique commune, l'UPM ne veut pas «être prise en otage par les calculs politiques» selon la formule d'un responsable politique. Dans son dernier Forum ? tenu à Marseille ? la semaine dernière, on a bien mis les points sur les i. Désormais, les choses sont plus précises. L'UPM s'inscrit dans une nouvelle conception des rapports Nord-Sud. Une conception débarrassée des idéologies d'antan et que le ministre du Commerce et de l'Industrie égyptien (lors du dernier forum à Marseille) a formulée en ces termes : «Les relations Nord-Sud doivent être redessinées en s'appuyant sur une nouvelle philosophie et en saisissant toutes les opportunités d'investissement régional». Ce que la ministre française de l'Economie et des Finances a bien compris : «Nous sommes, dit-elle, dépendants les uns des autres et les degrés de dépendance sont en train de s'inverser». Finalement, ce qui compte, c'est que par le canal économique, les peuples de la Méditerranée lieraient un peu plus leurs destins. Pourquoi ne pas remettre les choses à l'endroit et tenter de définir le projet économique qui pourrait redonner à l'espace méditerranéen la place qu'il mérite parmi les régions dynamiques et prospères ? Pourquoi attendre plusieurs décennies pour que tous les conflits soient résolus et les difficultés aplanies pour procéder à la construction méditerranéenne ? Il faut agir et ne pas trop s'appesantir sur les contingences du moment. Les responsables politiques ont bien des excuses pour ne pas trop se lier les mains et agir avec souplesse et pragmatisme dans cette direction. Nous vivons dans un monde dur et inquiétant, devenu encore plus imprévisible après la chute du mur de Berlin. Pour naviguer parmi les récifs, mieux vaut que le pilote garde sa liberté de manœuvre.
Pour un rapport Nord-Sud sain
Reconnaissons, toutefois, que l'expérience passée a de quoi rendre les Méditerranéens circonspects : déjà en son temps, le partenariat euro-méditerranéen (PEM) issu de la Conférence de Barcelone (1995), soulevait les mêmes espérances. Mais il a laissé un arrière goût amer chez les hommes du Sud. Le PEM a manqué au début d'institutions politiques et économiques permanentes, et il n'a surtout pas réussi à se doter d'une stratégie adéquate. Croire que la création d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne en 2010 est possible sans se donner les moyens ou en se donnant des moyens limités pour concrétiser un projet aussi grandiose, est assez utopique. Les programmes MEDA1 (28,6% des fonds engagés ont été réellement dépensés) et MEDA2 (de même réalisé à 100%) demeurent très en deçà de ce qu'exige la situation. Bien que la réorganisation de ces leviers financiers ait permis d'améliorer leur efficacité, la somme consacrée à financer les projets est très en deçà de ce qu'exige la situation. En fait, pour construire un rapport Nord-Sud sain et débarrassé d'arrière-pensées, la Méditerranée doit abandonner une conception héritée d'un passé que tout le monde souhaite révolu. En ce qui concerne les pays du Sud, ils doivent renoncer à l'idéologie tiers-mondiste qui consiste à jeter la pierre aux pays du Nord sans se soucier des réformes à mettre en œuvre chez soi. En ce qui concerne l'Europe «cesser d'apparaître aux yeux de ses interlocuteurs comme une forteresse économique et politique uniquement préoccupée de garantir sa sécurité vis-à-vis d'un Sud travaillé par l'intégrisme islamique ou de connivence avec certains Etats voyous» dixit F. Vuillemin. Cependant, il n'y a pas que le dialogue à deux voies qui gêne la construction méditerranéenne, il y a aussi le conflit du Moyen-Orient qui dure et qui a toutes les chances de s'éterniser. L'opération qu'Israël a menée contre la caravane humanitaire dans les eaux internationales montre bien que la paix dans la région Est de la Méditerranée est loin. Bref, si on doit regretter que le grand projet méditerranéen soit renvoyé aux calendes greques, on peut néanmoins se consoler de l'intendance qui progresse. D'ailleurs Christine Lagarde l'a bien souligné pendant le forum de Marseille : «Nous sommes fiers de voir se concrétiser le volet le plus crucial dans le projet UPM à savoir le financement».
Driss Benali Economiste Consultant


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