Registre social unifié : Nouveau calendrier    Babioles à 5 milliards DH    Casablanca : Lydec reprend la distribution des factures d'eau et d'électricité    France: la composition du nouveau gouvernement attendue ce lundi    Vers un retour d'Ounajem au Wydad ?    Voici le temps qu'il fera ce lundi    Pour les joueurs, un été intense avant une année dense    Idiotorial : L'ovalie a son virus    "Jemâa El Fna en live" Quand les artistes de la place subjuguent le public par des spectacles virtuels à distance    L'Oriental fashion show, une édition digitale inédite    Les Instituts Cervantès au Maroc lancent la seconde partie du cycle du cinéma en ligne "Clásicos contigo"    Les marchands non financiers anticipent une diminution de leur activité    Le Maroc accueillera le premier Canopy by Hilton en Afrique du Nord    Le WAC et le Raja pas du tout tentés pas des matches au stade Père Jégo    Le Parlement et le HCP renforcent leur coopération    Rapatriement de 290 Marocains bloqués au Canada    La responsabilité de l'Algérie dans les violations des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf établie à l'ONU    L'Algérie veut que se tienne des élections en Libye    L'ambassadeur de Chine à Rabat salue l'initiative Royale en faveur des pays africains    Safi en quarantaine : Le spectre du reconfinement plane sur d'autres cités    Coronavirus dans le monde : zones reconfinées en Espagne, le Maroc enregistre son bilan le plus lourd depuis mars    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil dans le meilleur des PJD    Fraude aux cotisations sociales : la scandaleuse vidéo d'Amekraz qui aggrave son cas    Macron s'exprimera à l'occasion du 14 juillet, une première    Chelsea, Manchester United et Arsenal victorieux    Rapatriement des Marocains bloqués en Turquie : 2 nouveaux vols et 230 citoyens transportés samedi    Hong Kong: c entre Londres et Pékin    Castex et Macron mettent les «bouchées doubles»    NordinAmrabat testé positif au Coronavirus !    Raja Jeddaoui, la star du 7e art arabe n'est plus    Phraséologie humaniste, Horreur impérialiste    Grosse chaleur du dimanche à mardi dans plusieurs provinces du Royaume    Coronavirus : la région de Marrakech-Safi est la plus touchée ce dimanche    Serie A: large succès de la Juventus et de l'AC Milan    Casablanca: placé en garde à vue, il meurt après un malaise    Des ministres gaffeurs!    Nabil Benabdallah: «Se départir des velléités colonialistes»    La Fédération appelle à des assises nationales sur la presse et les médias    Covid-19 : l'actrice égyptienne Raja Al Jadawi n'est plus    Message du roi Mohammed VI au président de l'Algérie    Un organisme de l'ONU établit la responsabilité de l'Etat algérien dans les camps de Tindouf    Comment Royal Air Maroc se prépare à l'austérité    Ragaa El-Guiddawi emportée par le Coronavirus    Un organisme de l'ONU pointe la responsabilité du régime algérien dans les violations des droits de l'homme aux camps de Tindouf    PJD: le communiqué de la honte    Le trauma colonial algérien encore vivace, le président Tebboune réclame des excuses françaises    Patriotisme fiscal : l'urgence d'un élan patriotique dans le domaine de l'impôt    «L'art pour l'espoir»: 27 regards à l'ère de la pandémie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'indicible quotidien des migrants en région du Nord
Publié dans Libération le 26 - 03 - 2019

Le Maroc est-il en train de renoncer à ses engagements internationaux en matière de respect des droits des migrants ? C'est ce que laisse penser le rapport de l'AMDH section-Nador sur la situation des migrants dans cette ville en 2018 présenté dernièrement à Rabat.
Ainsi concernant le droit à la vie et à l'intégrité physique, le rapport indique que ladite année a enregistré l'augmentation du nombre de morts sur la route migratoire comme en atteste le nombre de cadavres déposés à la morgue de la ville qui est estimé à 244. Il y a également le cas de cinq décès dans les campements à cause des conditions de vie très difficiles, deux décès survenus sur les barrières grillagées qui séparent les présides occupés du reste du Maroc et deux morts durant les refoulements en bus. Les dépouilles ne sont souvent pas identifiées et sont inhumées dans des conditions inhumaines au cimetière de Nador.
Le rapport fait également état d'attaques violentes contre les migrants menées par des brigades spécialisées des Forces auxiliaires, de la police et des agents d'autorité. A ce propos, l'AMDH a recensé des cas de violences corporelles, de destruction des biens et d'incendie des abris ainsi que de deux tentatives de viol qui sont restées sans suite et du dépouillement des migrants de leurs téléphones et de leur argent sans que des PV de saisie aient été établis.
Concernant le droit de circulation, le rapport indique que les arrestations sont devenues monnaie courante, qu'elles sont effectuées partout (campements et maisons, moyens de transport, agences de transfert d'argent, rues, hôpitaux…) et qu'elles englobent également les femmes, les enfants, les blessés et même les migrants qui disposent de cartes de séjour ou de visas en bonne et due forme. Le document recense ainsi près de 9.100 arrestations à Nador et plus de 15.000 à Tanger.
L'AMDH note également que ces migrants font l'objet de refoulements à chaud qui sont devenus une pratique courante opérée par mer au niveau des ports de Béni Ensar et de Cap de l'eau et que ces refoulements touchent aussi des mineurs.
Les rédacteurs du rapport estiment que l'ensemble de ces restrictions a impacté négativement le droit à la libre-circulation qui est devenue très onéreuse. En fait, les migrants subsahariens paient entre 2.000 et 5.000 euros à des réseaux structurés de trafiquants qui n'hésitent pas à exploiter leur situation de vulnérabilité.
Le rapport fait aussi cas d'exploitation sexuelle des femmes, de menaces et de violences, de renvois de migrants dans des conditions dangereuses, de refus de donner des informations concernant les morts et les disparus, etc. Il précise en outre que l'AMDH a contacté, à ce propos, le ministère de l'Intérieur qui, semble-t-il, n'a pas donné une suite favorable à sa demande concernant l'arrestation de ces trafiquants. «Au lieu d'arrêter ces grands trafiquants installés dans les grandes villes, les autorités marocaines traquent et arrêtent leurs victimes alors même que ces arrestations servent plutôt les intérêts des trafiquants et des autorités», indique le rapport. Et de préciser : «En 2018, les autorités marocaines ont déclaré avoir démantelé 12 réseaux de trafiquants à Nador où des agents des Forces auxiliaires étaient impliqués (le plus haut gradé d'entre eux avait le grade de commandant)».
Quant au droit des personnes en quête de protection internationale, le rapport indique qu'il n'y a pas de reconnaissance officielle de ces personnes en tant que réfugiés et qu'il y a des consignes leur interdisant de se rapprocher du premier poste de contrôle marocain et d'accéder au bureau d'asile ouvert à Mellilia. Pis, ces personnes font l'objet d'actes de torture dans les locaux du commissariat de Béni Ensar et de violences au niveau des postes frontaliers.
Cette interdiction a donné lieu à la floraison d'un trafic humain juteux qui cause des drames puisqu'il y a aujourd'hui beaucoup de familles qui vivent séparées entre Nador et Mellilia.
S'agissant des mineurs non accompagnés, le rapport indique qu'ils sont victimes d'arrestations abusives et de refoulements et que l'année 2018 a enregistré, selon l'AMDH, 20 campagnes d'arrestation à Nador et Béni Ensar, au cours desquelles près de 650 mineurs ont été appréhendés et refoulés vers l'intérieur du Maroc.
Le rapport souligne, en outre, que ces mineurs vivent dans la rue et que les autorités marocaines n'interviennent quasiment pas pour faire respecter les dispositions de la Convention internationale des droits de l'enfant pourtant ratifiée par le Maroc. Pis, conclut ledit document, leur dossier est exploité à des fins politiciennes par les autorités de Mellilia qui évoquent une augmentation importante des arrivées de mineurs à ce préside occupé.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.