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Les dindes de Tnine Chtouka !
Publié dans Libération le 21 - 09 - 2019

Il était une fois, à Tnine Chtouka, sur la route reliant El Jadida à Casablanca, un vendeur de dindes bien dodues qui attendent des clients intéressés et en devenir élues! De la fraîcheur du matin au soleil couchant, le chapelet des volatiles s'égrène doucement, pour laisser partir quelques-uns des leurs, aller plus loin voir ailleurs! Elles partent heureuses de quitter le bord de l'asphalte grise, embarquées dans des coffres, bien aquiesçantes, bien soumises.
Mais ce désir de partir n'a jamais traversé l'esprit d'un vieux dindon que le paysan présente à la vente depuis fort longtemps! Sa crête mal formée et sa queue de plumes dépourvue ont fait que personne n'en a franchement voulu. Il en parle pour narrer ses exploits de basse-cour, truffés de coups de bec et d'histoires d'amour. Ainsi, son physique pourtant ingrat n'a pu le priver d'une réelle aura
Par la force du temps qui file et du ballet des véhicules qui défilent, il devint l'incontestable vieux sage, le chef qu'on écoute et admire sans ambages. Chaque jour en glougloutant, pour réveiller la foule et attirer le chaland, il réunit ses fans gallinacés pour leur raconter des histoires insensées. Ce matin, il s'écria : oyez oyez chère populace, si je mens je trépasse! Vos semblables que vous voyez chaque jour partir, ils vont loin sous d'autres cieux se réjouir, picorer sans faim et se prélasser, dans des prairies vertes spécial gallinacés.
Un discours que les volatiles gobent sans difficulté, si impatientes de fuir les éprouvantes chaleurs d'été. Puis le grand jour vint où tout s'effondre pour un rien, où la vérité jaillit à travers voiles et écrins.
Tout a commencé avec la halte d'un riche casablancais, qui en acheta deux pour concocter un délicieux mets : une rfissa bien généreuse pour satisfaire sa tendre râleuse. Après deux heures de route le voici dans son quartier chic, une zone villas où pullulent les servants et le fric. Il demanda à son boy de s'occuper de la pauvre volaille puis entra dans sa demeure saluer épouse et marmaille. Inquiet par l'état comateux d'une des bécasses, le servant les mit au frais avant qu'elles trépassent et en informa son maître avec des mots alambiqués, pour éviter l'ire de la râleuse aimant critiquer.
Après palabres et vive réflexion, ils décidèrent de sacrifier le sain dindon. Une rfissa à moitié généreuse peut toujours adoucir la bougonneuse. Une décision judicieuse vite concrétisée, en bain de sang devant le souffrant tétanisé.
Néanmoins, le Casablancais fut furieux d'être berné par un Doukkali malicieux. Aussi, en allant le lendemain travailler à Mazagan, il ramena le comateux retrouver son clan. Il le jeta en exigeant son magot et en traitant le vendeur de tous les noms d'oiseaux.
Retourné par ce voyage tumultueux, le dindon malade fit un réveil miraculeux. Un retour à la vie bien nécessaire pour mettre fin aux racontars imaginaires. Il en voulut à mort au vieux délirant qui, jour après jour, leur bourrait le fion. Les yeux en larmes et les ailes bien agitées, le survivant effrayé leur dévoile la vérité :
Chers frères n'écoutez plus ce barbon! Il dit n'importe quoi, il délire, il ment. Les dindes qui partent y vont pour mourir, finir en plats divers ou se faire rôtir. Il n'y a ni réjouissance, ni paradis ailleurs qui méritent de tels sacrifices, de telles frayeurs.
Moralité de cette fable pas trop sérieuse : montrer qu'ailleurs, la vie est rarement plus joyeuse. Le bonheur peut se cultiver juste à côté, si on s'y met tous avec envie et sincérité. Finir en repas pour les poissons n'est guère glorieux, ni même faire un travail ingrat sous d'autre cieux.
Arrêtons, donc, de raconter des chimères à nos enfants, et donnons leur les moyens de devenir grands. C'est par l'école que tout doit commencer et qu'une politique équitable peut bien agencer.


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