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L'Espagne, berceau des précieux faucons du Moyen-Orient
Publié dans Libération le 22 - 10 - 2019

La haute société du Golfe en raffole et leurs prix peuvent atteindre parfois des dizaines de milliers d'euros. Les faucons élevés en Espagne sont devenus les plus prisés et le pays le premier exportateur mondial de ces rapaces.
"Les plumes doivent être comme celles-là: toutes entières." Tout fier, Juan Antonio Sanchez inspecte un de ses faucons en partance pour le Qatar. Grand d'une quarantaine de cm, la tête est recouverte d'un chaperon de cuir, la queue de plumes marron toutes droites, le ventre d'une belle couleur beige.
Chaque année, environ 150 faucons quittent l'élevage qu'il gère avec sa compagne Beatriz Dominguez à Fuentespina, dans l'aride Castille. Avec, pour la plupart, le Moyen-Orient pour destination où ils sont achetés par de riches amateurs de courses de rapaces ou de chasse.
Eleveur depuis plus de 15 ans, il a hissé avec d'autres l'Espagne au rang de premier exportateur mondial de faucons en 2018, selon la Convention internationale sur le commerce d'espèces menacées (CITES).
Le pays a déclaré quelque 2.800 spécimens exportés l'an dernier - presque tous vers les Emirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït ou l'Arabie Saoudite -, dépassant ainsi le Royaume-Uni (environ 2.500).
A la veille d'exporter 52 rapaces, Juan Antonio et Beatriz les sortent des chambres où ils grandissent à l'abri des regards pendant trois à cinq mois.
Ils leur attachent les pattes avec des lanières de cuir et leur couvrent les yeux, puis les placent sur des perchoirs où ils vont rester une nuit pour se remettre de leur stress.
Les faucons prendront ensuite l'avion de l'aéroport de Madrid jusqu'au Qatar, après des contrôles vétérinaires et règlementaires.
"Moi, j'attends des nouvelles, j'appelle: ils sont arrivés? Ils vont bien? Donnez-leur à manger, à boire... c'est comme un enfant", raconte l'éleveur de 49 ans.
Sur les perchoirs, beaucoup d'hybrides de gerfaut, le plus grand et le plus élégant de tous les faucons, et de pèlerin, le plus rapide.
"Un pèlerin, pour moi, c'est la perfection", s'enthousiasme Beatriz Dominguez. "Chaque partie de son corps est faite pour qu'il vole comme un boulet de canon!", chuchote-t-elle dans les obscurs couloirs menant aux chambres d'élevage.
Chaque rapace est vendu pour un prix allant de 400 à "des milliers" d'euros, lâche Juan Antonio, sans vouloir en dire plus.
Selon Manuel Diego Pareja-Obregon, président de l'Association espagnole de fauconnerie (Aecca), un acheteur du Golfe paie en moyenne 2.000 euros pour ce signe extérieur de richesse.
Mais les rapaces d'une poignée d'élevages très réputés, qui fournissent les familles royales du Golfe, peuvent atteindre des dizaines de milliers d'euros, explique Javier Ceballos, spécialiste espagnol de la fauconnerie.
Au Moyen-Orient, les authentiques parties de chasse, pratiquées pendant des siècles par les tribus nomades, sont devenues de plus en plus rares, les proies à l'état sauvage étant pratiquement éteintes à force d'avoir été chassées.
Contre l'avis des puristes, les rapaces sont donc utilisés en particulier pour des courses organisées dans le désert où ils sont lancés, en ligne droite ou à la poursuite d'un engin téléguidé, et chronométrés.
Ces faucons garnissent de pléthoriques élevages climatisés où des dresseurs sélectionnent les meilleurs spécimens.
Julio César Pérez Guerra, qui s'est occupé pendant trois ans des oiseaux d'un frère du président des Emirats Arabes Unis, Khalifa ben Zayed Al-Nahyane, raconte: "Ils n'admettent pas qu'un faucon revienne avec une seule plume brisée. Cela peut valoir un bon sermon au fauconnier qui s'en occupe."
Au total en Espagne, environ 400 personnes élèvent des faucons et beaucoup sont entrées sur le marché pendant la crise, en apprenant l'élevage sur Internet pour tenter de vivre de leur passion, explique Manuel Diego Pareja-Obregon.
S'occupant à l'origine d'éloigner les nuisibles des Paéroports ou des bâtiments publics avec des faucons, Juan Antonio Sanchez a fini par élever ses propres rapaces et cette activité représente aujourd'hui 60% de ses revenus.


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