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AlGERIE – l'après Bouteflika reste l'enjeu du scrutin présidentiel du 17 avril
Publié dans L'observateur du Maroc le 18 - 04 - 2014

Un fantôme intérimaire pour un pouvoir à bout de souffle
L'élection présidentielle qui vient d'avoir lieu en Algérie restera dans les annales politiques. Jamais jusqu'ici, on avait vu un mort vivant ambitionner, à 77 ans, de se succéder pour la quatrième fois à lui-même après avoir été victime d'un accident vasculaire cérébral. Jamais non plus, on n'avait imaginé que Abdelaziz Bouteflika pourrait être un candidat fantôme déléguant à d'autres le soin de faire campagne à sa place. C'est pourtant ce qu'il vient de se passer dans un grand pays du Maghreb de près de 39 millions d'habitants. « Une mascarade qui discrédite notre pays », répètent en boucle nombre d'Algériens partagés entre indifférence et indignation sur les réseaux sociaux comme sur les médias nationaux ou étrangers.
Absence physique, omniprésence médiatique
Difficile de les contredire au vu d'une campagne électorale surréaliste qui se sera achevée comme elle avait commencée : en l'absence physique du principal acteur qui, sauf bouleversement majeur, devrait être néanmoins le futur président. Cette absence a toutefois été compensée par une omni présence médiatique : comptes Twitter et Facebook, diffusion en boucle des vidéos de la campagne Bouteflika et transmission par une web-radio de chansons, témoignages et slogans à sa gloire 24 heures sur 24… Au final, rien de nouveau puisque Bouteflika ne s'adresse plus aux Algériens depuis près de deux ans et n'apparaît à la télévision, livide et figé, que de manière fugace. Cela aura donné lieu à un épisode pathétique le 25 mars. Presse et internautes se sont alors perdus en conjecture pour savoir qui Bouteflika avait désigné pour « assurer la sécurité » en recevant le chef d'état major Gaïd Salah, le mot bredouillé étant parfaitement inaudible ! En réalité, il n'apparaît à la télévision qu'en recevant de hauts responsables étrangers, récemment John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, puis son homologue espagnol. Il aura profité de cette entrevue avec Jose Manuel Garcia-Margallo pour accuser sans le nommer Ali Benflis, un ancien premier ministre, déjà humilié à la présidentielle de 2004 avec un score de 6,4% mais qui rejoue le match aujourd'hui – de «terrorisme à travers la télévision».
« Nous ou le chaos ! »
Cette accusation ne relève pas du hasard. Elle résume tout l'argumentaire du clan Bouteflika qui se présente – vieille chanson – comme le seul garant de la « stabilité et de la souveraineté » alors que le maintien du statu quo est sans doute le pire facteur d'instabilité. C'est «nous ou le chaos ! », a suggéré sans cesse l'équipe de Bouteflika dans un pays encore traumatisé par la terrible guerre civile des années 90 et en faisant diffuser des clips montrant des affrontements sanglants ...en Syrie et en Libye. Tout cela – ajouté à l'utilisation des moyens de l'Etat – l'équipe Bouteflika aurait dépensé à elle seule 75 millions d'euros, et rendu la campagne d'autant plus insipide que cinq autres candidats de peu d'envergure ont joué les lièvres en se gardant d'évoquer les grands problèmes du pays : la manière de lutter contre la corruption débridée qui s'est aggravée sous la présidence Bouteflika où un nombre impressionnant de milliardaires a surgi du néant; le rôle de l'armée et du DRS, les services de renseignements ou l'après pétrole dans un pays où les recettes en hydrocarbures menacent de chuter alors qu'elles permettent au régime de se surarmer et d'acheter la paix sociale en dilapidant la rente par une distribution à la fois généralisée et « ciblée » (patronat, partis et ... international par le biais des commissions).
Préserver le vrai malade : le système
L'apparition soudaine de Barakat, un mouvement très actif sur les réseaux sociaux prônant le boycott et opposé au « quatrième mandat », n'aura pas crédibilisé davantage la campagne. Ultra médiatisé, il n'a pourtant ni mobilisé la rue ni rempli les salles mises à sa disposition. Cela témoigne de la suspicion des Algériens à l'égard des mouvements surgis de nulle part et qui bénéficient d'une grosse couverture médiatique, peut-être parce qu'ils servent aussi à canaliser le rasle- bol généralisé et la contestation sur une seule personne – Bouteflika – pour mieux préserver le vrai malade du pays : un système qui ne pense qu'à perdurer et n'est à l'écoute que de lui même. « Résultat de l'étouffement de la vie politique et des manipulations permanentes, les Algériens ne se reconnaissent plus en qui que ce soit et ne reprennent aucun mot d'ordre, quel que soit son origine. La perte de confiance est totale et irrémédiable », résume Omar Benderra qui dirigea la Banque Nationale d'Algérie sous le gouvernement réformateur de Mouloud Hamrouche (1981-1991).
Le corollaire du désespoir et de la colère que cette situation engendre, c'est que le scrutin risque de connaître une abstention record. Si fraude il y a eu, c'est sur la participation (en dépit des chiffres officiels, celle-ci n'a pas dépassé 20 à 25% ces dernières années). Car, sauf surprise, ceux qui ont voté se sont prononcés pour le statu quo et le système, donc pour Bouteflika.
Autre conséquence de cette parodie de campagne : elle s'est déroulée dans un climat terriblement tendu. De Ghardaïa, au sud du pays où s'affrontent depuis plusieurs mois communautés mozabite et arabe sans que les forces de l'ordre ne fassent quoi que ce soit pour les empêcher, à la Kabylie en passant par les Aurès, les meetings de l'équipe de Bouteflika ont été très chahutés, parfois empêchés à coups de jets de pierre.
Transférer les responsabilités militaires à une jeune génération
Tout cela est d'autant plus dérisoire que l'élection a tout d'un non événement. Car le vrai problème, c'est l'après 17 avril. Certes, l'affrontement qui a récemment opposé, par médias interposés, d'un côté l'état major de l'armée et le clan Bouteflika et de l'autre les services de sécurité, a été mis entre parenthèses. Mais tout indique que le problème du partage de la rente est d'autant moins réglé que le régime a perdu sa capacité de générer des consensus entre les différents pôles de pouvoir. Et que l'éventuelle désignation d'un viceprésident ne sera pas de tout repos. « Le système qui a atteint ses limites, qui ne peut plus se renouveler, ne peut plus gouverner dans la cohérence et la cohésion », note l'ancien premier ministre réformateur Mouloud Hamrouche, seul sans doute à constituer une alternative susceptible de mener à une transition. A ses yeux, l'Etat et le système politique ont atteint un tel degré « d'obsolescence » et de déliquescence qu'ils rendent la crise « insoluble par des moyens pacifiques », aucun des acteurs de la classe politique « n'ayant les capacités de résoudre notre crise».
Toute la difficulté réside dans la quasi impossibilité d'organiser le départ des dirigeants actuels et le transfert des responsabilités militaires et sécuritaires à une nouvelle génération de jeunes officiers décrits comme plus éduqués, mieux formés que leurs prédécesseurs et plus aptes à professionnaliser l'armée et surtout à redéfinir ses rapports avec l'Etat et la Nation. C'est cette transition – rendue plus ardue encore par le vide politique prévalant dans le pays – qui reste le seul enjeu de l'après 17 avril. Et il est vital pour l'Algérie.


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