À Fès, la joie a submergé cafés et boulevards. Chants, danses et cortèges improvisés ont célébré les Lionceaux, avec les noms de Zabiri, Maamma et Baouf scandés à l'unisson. Les supporters, perchés aux balcons ou rassemblés en terrasse, ont prolongé la fête tard dans la nuit, transformant la cité idrisside en scène ouverte à la fierté nationale. Rabat a connu, dès l'aube, des marées humaines sur l'avenue Mohammed V. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, ont salué un parcours majuscule face à l'Espagne, le Brésil, la France puis l'Argentine. Les Lionceaux ont ainsi démontré au monde entier leurs talents et leur capacité à réaliser des exploits, a dit Othman (21 ans). Hanane (19 ans) remercie l'équipe d'avoir « apporté de la joie à nos cœurs », quand Soufiane (16 ans) confie sa fierté et la petite Aya (8 ans) s'est dite heureuse et fière de la place qu'occupe désormais le Royaume dans la cour des grandes nations footballistiques. De Casablanca à Settat, la région a vibré en rouge et vert. À Casablanca, de Zerktouni à la corniche, de Derb Sultan à Hay Hassani, la ville a vécu une nuit blanche, car le temps est à la célébration de la jeunesse marocaine et de l'essor du football national. « Ce titre est plus qu'un trophée, c'est une fierté nationale fruit d'une stratégie clairvoyante », résume un supporter. Même ambiance à El Jadida qui a vécu une soirée d'euphorie sans précédent, une marée de drapeaux a accompagné les chants ; à Settat, l'avenue Hassan II est devenue théâtre d'allégresse, symbole d'une jeunesse sûre de son avenir. À Guelmim, place Bir Anzaran et avenue Mohammed VI ont vibré pour Yassir Zabiri, double buteur de la finale, acclamé aux côtés d'Othmane Maamma et Ismael Baouf. Tanger, elle, a vécu une nuit blanche sur l'avenue Mohammed VI et la corniche, au rythme des vuvuzelas et d'un ciel embrasé de feux d'artifice. Marocains et visiteurs étrangers ont partagé la fête, un admirateur venu d'Europe saluant la "vista" des Lionceaux et la patte de l'entraîneur Mohamed Ouahbi. Par ailleurs, Meknès a connu des foules compactes, smartphones levés pour immortaliser l'instant. Dans la région Béni Mellal‐Khénifra (Khouribga, Tadla, Fqih Ben Salah, Khénifra), cortèges, youyous et feux d'artifice ont salué un « moment gravé à jamais ». À Errachidia, « Dima Maghrib ! » a retenti jusqu'aux premières lueurs ; à Marrakech (Guéliz, Hassan II, Abdelkrim El Khattabi), la « Dakka Marrakchia » a mené la danse. Partout, un même récit : l'aboutissement d'années d'investissement, avec l'Académie Mohammed VI en pilier, et l'évidence d'un Maroc uni par la réussite de sa jeunesse.