Au Forum MEDays, Yves Leterme, ancien Premier ministre de Belgique, a livré une analyse lucide du nouvel ordre économique mondial. À ses yeux, la rivalité stratégique entre Washington et Pékin « exerce une pression énorme sur le commerce international » et fragilise les économies ouvertes, déjà confrontées à un retour du protectionnisme. « Le développement économique a besoin d'ouverture comme le corps humain a besoin d'oxygène », a-t-il insisté, appelant les continents africain et européen à tenir la ligne du libre-échange. Le Maroc, un "acteur appelé à jouer un rôle croissant" Interrogé sur la place du Maroc dans ce paysage global, Yves Leterme a été catégorique : le Royaume dispose de leviers rares en Afrique. « Le Maroc possède des atouts considérables : une position géographique unique, un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables, et une volonté claire de réformer et d'améliorer la gouvernance. » Selon lui, ces éléments placent le Royaume dans le cercle restreint des pays capables de devenir des pôles régionaux d'influence — voire de rivaliser avec les économies intermédiaires les plus dynamiques. Le Maroc, dit-il, « se situe idéalement pour s'intégrer davantage dans le commerce mondial », porté par une main-d'œuvre de plus en plus qualifiée et par des infrastructures qui comptent déjà parmi les meilleures du continent. Yves Leterme établit un parallèle éclairant : la montée en puissance de la Chine dans les années 2000 et 2010, largement accélérée par des événements d'envergure mondiale comme les Jeux olympiques de Pékin ou l'Exposition universelle de Shanghai. « Le Maroc suit une trajectoire similaire », estime-t-il. La Coupe du monde 2030, les grands forums internationaux et l'essor de Tanger Med contribuent déjà à repositionner le pays comme plateforme incontournable entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique. L'émergence d'une nouvelle catégorie de puissances Pour l'ancien Premier ministre, le monde n'est plus structuré en trois blocs (Etats-Unis, Chine, Union européenne). Désormais, « une nouvelle génération de pays stables et bien gouvernés peut jouer un rôle majeur ». Le Maroc, dit-il, en fait partie. « Le Maroc est sur la bonne voie, affirme Yves Leterme. Avec ses atouts humains, géographiques et institutionnels, il peut devenir un moteur du développement africain et un acteur important dans l'économie mondiale. »