Au temps de la popularité d'un outil comme l'IA qui «colonise nos esprits», selon les termes de la cinéaste canadienne Céline Song, de jeunes talents repoussent les limites de la création et proposent des visions novatrices. Par leurs films, ils traduisent les nouvelles expressions du cinéma mondial, estiment les membres du jury du Festival international du film de Marrakech (FIFM 2025). Au lendemain de l'ouverture du Festival international du film de Marrakech (FIFM 2025), les membres du jury de cette 22e édition (du 28 novembre au 6 décembre) ont tenu une conférence de presse. Le réalisateur sud-coréen et président du jury, Bong Joon Ho, ainsi que les membres Hakim Belabbes, Karim Aïnouz, Payman Maadi, Julia Ducournau, Anya Taylor-Joy, Céline Song et Jenna Ortega, ont eu l'occasion de s'exprimer sur les progrès du cinéma, au temps de la création foisonnante des nouveaux talents dans le monde. Les membres ont aussi mis en avant le revers de la médaille de l'intelligence artificielle, dans une industrie qui met le progrès technique au service de l'intelligence humaine et du dialogue interculturel. Dans ce sens, la cinéaste canadienne Céline Song va jusqu'à considérer que l'IA «colonise notre planète et nos esprits». Face à la facilité qui réduit l'acte de création à superviser des exécutions automatisées, elle défend un processus créatif qui devrait être une combinaison de savoir-faire, de compétences, d'inventivité et d'expériences vécues. Le FIFM 2025 célèbre le cinéma mondial et rend hommage à Hussein Fahmy Pour sa part, le réalisateur, scénariste et cinéaste marocain Hakim Belabbès considère que l'IA ne saurait remplacer tout ce qui donne au processus créatif et artistique son essence et le différencie. Dans ce sens, il souligne le postulat du cinéma en tant que cheminement complexe, un langage fait de singularités qui expriment des regards uniques sur le monde, sur les cultures et sur les vécus et les imaginaires. Repousser les limites du cinéma À cette occasion, le président du jury Bong Joon Ho a mis en avant le FIFM comme «un lieu de rencontre où les cinéastes du monde entier se réunissent pour échanger des idées et célébrer la créativité». Cet univers rassemble également des étoiles montantes qui, selon lui, «redéfinissent la narration et prennent des risques, remettant en question la forme et le contenu». Dans le même sens, Hakim Belabbes a souligné le rôle du FIFM dans le rayonnement international des créations régionales, une idée qui rejoint la capacité des nouveaux talents à repousser les limites du cinéma, ce à quoi des outils automatisés ne sauraient apporter une réponse artistique entière. Mélita Toscan du Plantier : Le FIFM soutient «l'émergence de nouvelles écritures autour du cinéma» [Interview À ce titre, l'ensemble des membres du jury s'accordent sur leur présence dans le cadre du FIFM 2025, en phase avec une dynamique qui fédère des visions cinématographiques diversifiées. Leur mission est de départager les 14 longs-métrages en compétition à partir de ces originalités, qui combinent audace et engouement, tout en traduisant les préoccupations artistiques, sociales et politiques de générations montantes qui signent leur premier ou second film.