La Chambre criminelle de première instance près la Cour d'appel d'El Jadida a rendu un jugement lourd de sens dans l'affaire d'atteinte à la pudeur sur mineur avec violence, survenue lors du moussem de Moulay Abdellah Amghar. La Cour a condamné les six accusés à 90 ans de prison ferme et a accordé à la victime une indemnisation civile de 10 millions de centimes. Le verdict est tombé tard mardi soir, dans l'affaire survenue lors du « Moussem Moulay Abdellah Amghar ». Les six violeurs ont ainsi écopé de 15 ans chacun. L'affaire, qui avait profondément choqué l'opinion publique l'été dernier, concerne un adolescent qui a été victime d'agressions sexuelles pendant le moussem très populaire. L'affaire a éclaté lorsque l'enfant a raconté son calvaire, à sa mère, après son retour du moussem. La police judiciaire, sous la supervision du parquet, avait mené alors des investigations approfondies, incluant des expertises médicales et l'audition détaillée de la victime et des témoins avant d'interpeller les six suspects, tous présentés en état de détention. Au cours de l'audience, la Cour a examiné minutieusement procès-verbaux, rapports et plaidoiries, avant de rendre ses décisions. Dans son jugement, elle a souligné que de telles agressions représentent une menace grave pour les mineurs et nécessitent une réponse pénale ferme, en particulier lorsqu'elles se produisent dans des lieux de grands rassemblements. L'association Matqich Waldi, qui suit de près ce dossier, a salué ce verdict comme une étape importante pour la protection de l'enfance et la dissuasion des agresseurs. Toutefois, l'association a annoncé, dans un communiqué rendu public ce mercredi, qu'elle accompagnera la victime lors de la phase d'appel. « Afin de demander l'application des peines maximales contre les accusés pour qu'ils servent d'exemple à quiconque serait tenté de porter atteinte à l'innocence des enfants », explique Najat Anouar, présidente de Matqich Waldi. L'organisation confirme par ailleurs qu'elle continuera de suivre l'affaire jusqu'à l'épuisement de toutes les voies de recours, pour défendre les droits de la victime et de tous les enfants victimes de violence et d'exploitation.