Dans un environnement international marqué par le ralentissement du commerce mondial, la persistance des tensions géopolitiques et la fin progressive des cycles de baisse des taux d'intérêt, Standard Chartered Global Research livre ses perspectives économiques pour 2026. Publié le 6 janvier 2026, le rapport Global Focus 2026 dresse un état des lieux des tendances susceptibles d'influencer les marchés mondiaux et les économies émergentes, dont le Maroc. Selon les projections de la banque, l'économie mondiale devrait enregistrer une croissance de 3,4 % en 2026, portée par la reprise de l'investissement et la résilience de la demande intérieure dans plusieurs régions. Un contexte international contrasté, mais déterminant pour le Maroc, dont la trajectoire économique demeure étroitement liée à la demande extérieure, aux conditions financières globales et aux flux d'investissements vers les marchés émergents. Dans ce cadre, Standard Chartered estime que le Maroc aborde l'année 2026 dans une position relativement favorable. La croissance nationale est attendue à 4,5 %, après une performance de 4,8 % en 2025, la plus élevée enregistrée depuis la pandémie. Cette dynamique est principalement soutenue par la vigueur des secteurs non agricoles, en particulier les services et l'industrie, ainsi que par l'accélération des investissements publics et privés. Les grands projets d'infrastructures, notamment ceux liés aux préparatifs de la Coupe du monde 2030, continuent de stimuler la demande intérieure. Parallèlement, la poursuite du processus de désinflation contribue à soutenir la consommation des ménages, tandis que les recettes touristiques et les transferts des Marocains résidant à l'étranger demeurent à des niveaux solides, participant à la stabilité de l'activité économique. Le rapport n'ignore toutefois pas les défis structurels qui subsistent. Le déficit pluviométrique observé en début de saison agricole limite la reprise du secteur, tandis que le déficit courant devrait s'élargir à 2,5 % du PIB, sous l'effet de la hausse des importations de biens d'équipement. À cela s'ajoutent des tensions sociales potentielles susceptibles de peser sur le rythme des réformes. Malgré ces contraintes, les fondamentaux macroéconomiques restent jugés solides. Le gouvernement maintient son objectif de consolidation budgétaire, avec un déficit public ciblé à 3,0 % du PIB en 2026. De son côté, Bank Al-Maghrib devrait conserver son taux directeur à 2,0 %, tout en préparant une transition progressive vers un régime de ciblage de l'inflation à l'horizon 2027, une évolution appelée à offrir davantage de flexibilité au dirham et à renforcer la crédibilité du cadre macroéconomique. Commentant ces perspectives, Cynthia El Asmar, Directrice pays et responsable de la zone Maroc chez Standard Chartered note que le Royaume continue de démontrer une capacité de résilience notable face à la volatilité mondiale. Elle met en avant la solidité de la dynamique non agricole, l'ampleur des investissements en cours et l'amélioration de l'environnement inflationniste, tout en réaffirmant l'engagement de la banque à accompagner les ambitions de croissance durable du Maroc.