En direct sur Med Radio, l'émission CAN ECO a réuni, jeudi 8 janvier 2026, S.E. M. Abdelaziz Branly Oupolo, ambassadeur du Gabon au Maroc, et Brahim Benjelloun-Touimi, PCA de la Bourse de Casablanca et Administrateur Directeur Général Délégué de Bank of Africa. Au-delà des résultats sportifs, la soirée a exploré non seulement l'impact économique, financier et africain d'une CAN consacrant la fierté africaine, mais aussi les perspectives prometteuses qu'elle ouvre. La CAN au Maroc n'a pas seulement rempli les stades : elle a, selon Brahim Benjelloun-Touimi, déclenché un puissant "effet psychologique", décisif dans les choix d'investissement. À ses yeux, l'annonce même de l'organisation d'événements majeurs agit comme un accélérateur de confiance, un climat que la Bourse de Casablanca ressent puisqu'il est reflété par des progressions régulières. Mais l'essentiel est ailleurs : la dynamique des infrastructures. Stades, aéroports, routes, ports... l'effort engagé, dit-il, produit un effet d'entraînement qui ne se limite pas à un moment de compétition : il s'inscrit dans la durée, "jusqu'en 2030 et au-delà", comme une vague induite qui irrigue l'économie réelle, le tourisme, les services et l'attractivité globale. Le sens donné par Brahim Benjelloun-Touimi à chacune des lettres du terme «football» résume bien l'esprit du riche échange ayant eu lieu durant cette nouvelle soirée CAN sur les aspects extra-footballistique de la CAN : F comme Fierté, O comme Optimisme et Osmose, T comme Transe , B comme Bonheur et L comme Lâcher prise. Ce "football" version Benjelloun-Touimi raconte une société en mouvement : la fierté d'une exécution rapide, la montée d'un optimisme collectif, l'osmose intergénérationnelle dans les tribunes, la transe des grands soirs, le bonheur des victoires et des rues en fête, puis ce "lâcher-prise" émotionnel que le stade autorise. Il y associe, aussi, une africanité assumée : pour lui, la CAN "Maroc 2025" est une appropriation continentale, un savoir-faire marocain devenu "savoir-faire africain", dans la continuité d'une impulsion africaniste portée au plus haut niveau, sous la conduite de S.M. le Roi Mohammed VI. Et quand le Maroc réalise, il ne "reste pas au niveau des slogans" : il montre, insiste-t-il, une capacité d'exécution exemplaire, notamment sur la technicité des stades. Les systèmes de drainage conçus par des équipes marocaines selon les meilleurs standards internationaux ont suscité l'admiration à travers le monde. De son côté, l'ambassadeur du Gabon a livré un témoignage de terrain, à la fois diplomatique et humain. Saluant la Vision royale, il a fait part d'un sentiment rare : ici, dit-il, chaque Africain se sent "chez lui", qu'il soit Gabonais, Camerounais ou Ivoirien. Pour le diplomate, cette "belle CAN" a placé la barre "au haut niveau" sur la qualité des stades, l'organisation, la sécurité, les transports et l'accueil. Au fil des rencontres en marge des matchs, il décrit une CAN utile : une occasion de rapprochement entre représentants, de découverte mutuelle, d'échanges sur les réalités politiques et économiques. L'ambassadeur illustre cette transformation par un exemple concret : Agadir, où la sélection gabonaise a été basée, qu'il dit avoir retrouvée "métamorphosée". Ce changement, visible dans les édifices, les services et même les comportements, lui apparaît comme l'un des marqueurs de la CAN : un événement qui accélère les améliorations, augmente la capacité d'accueil et renforce la perception internationale. Il y voit aussi une vitrine pour l'Afrique entière, capable d'attirer non seulement des supporters, mais des investisseurs potentiels, une diaspora mobilisée et des visiteurs qui, au-delà de Marrakech, découvrent Tanger, Fès, Rabat ou Casablanca. La CAN, résume-t-il, est "multiforme" : elle dépasse largement la sphère sportive. Sur le front financier, Benjelloun-Touimi détaille l'autre "match" : celui des paiements, de la monétique, des TPE, du sans-contact, des QR codes, et de la vigilance contre la fraude. L'enjeu, selon lui, est de transformer les pics d'activité de la CAN en tendances durables. Il évoque aussi la liquidité : l'arrivée de devises, dopée par l'afflux touristique, peut améliorer des équilibres déjà jugés "robustes". À l'horizon, une décennie d'événements se dessine : CAN, Coupe du monde des clubs, puis Coupe du monde 2030. Autant de tests grandeur nature, mais aussi de leviers pour accélérer l'inclusion financière, réduire la dépendance au cash et renforcer les standards de conformité. Enfin, l'échange a ouvert une perspective panafricaine : la connexion des places boursières, la mobilisation des régulateurs et des acteurs, et la patience requise pour construire des dispositifs communs. Benjelloun-Touimi insiste : ces projets exigent "le souffle long". La Bourse de Casablanca, dans cette vision, peut devenir un outil alternatif de financement, porté par une dynamique d'introductions et par le retour des particuliers, signe, là encore, d'un optimisme retrouvé. Et l'ambassadeur du Gabon conclut sur une note d'énergie : celle d'une jeunesse africaine débordante, à canaliser positivement, pour que la fête reste une fête et que l'héritage de la CAN, lui, reste durable. Pour lui, l'événement a permis au Royaume de "représenter l'Afrique dignement".