L'autorité marocaine du marché des capitaux publie ses priorités d'actions pour l'année 2026, dans un contexte jugé favorable après les avancées enregistrées par le marché des capitaux marocain en 2025. Adoptée depuis 2021, cette démarche vise à offrir davantage de lisibilité à l'action du régulateur, en articulant les réalisations passées avec les chantiers à venir. Déclinées selon les cinq axes du plan stratégique 2024-2028, les priorités 2026 constituent la feuille de route opérationnelle de l'AMMC. Elles traduisent une ambition centrale : faire du marché des capitaux marocain un levier stratégique de financement de l'économie réelle, de protection de l'épargne et de renforcement de la compétitivité nationale. Développer un marché plus efficient et plus accessible Premier pilier de cette feuille de route, le développement d'un marché des capitaux efficient et accessible repose sur deux priorités majeures : le renforcement du financement par le marché et le soutien à la dynamique boursière. L'AMMC entend ainsi consolider le rôle du marché dans l'accompagnement des entreprises, tout en favorisant la liquidité, la transparence et l'élargissement de la base d'investisseurs. Le deuxième axe met l'accent sur l'accompagnement des nouveaux enjeux liés à l'innovation financière et à la durabilité. L'AMMC poursuivra sa contribution à la mise en œuvre du cadre stratégique de la finance durable et de la gouvernance, tout en soutenant l'émergence de nouvelles solutions de financement portées notamment par les fintechs. L'inclusion financière, l'efficience du marché et le renforcement de la coopération régionale figurent également parmi les priorités, traduisant la volonté du régulateur de positionner le marché marocain dans une dynamique régionale et internationale. Education financière et protection des investisseurs Troisième axe structurant : l'éducation financière. L'AMMC prévoit d'élargir la portée de ses actions en la matière afin de renforcer la mobilisation de l'épargne et améliorer la protection des investisseurs. Parallèlement, l'Autorité poursuivra ses efforts pour consolider et élargir le dispositif d'habilitation des professionnels du marché. Face à l'évolution constante des marchés, l'AMMC entend adapter son dispositif de supervision. L'approche par les risques sera consolidée, avec un recours accru aux contrôles thématiques. La préservation de l'intégrité du marché, la lutte contre les abus, le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC&FT), ainsi que l'élargissement du périmètre de supervision figurent parmi les priorités clés pour 2026. Digitalisation, intelligence artificielle et montée en compétences Enfin, un axe transverse est consacré au renforcement de la performance interne de l'Autorité. La poursuite de la digitalisation, l'intégration progressive de l'intelligence artificielle, le développement des compétences internes et l'ancrage de la démarche RSE constituent des leviers essentiels de cette transformation. Selon l'AMMC, l'année 2025 s'est distinguée par une forte dynamique du marché des capitaux. Les émissions obligataires ont plus que doublé, tandis que le marché actions a progressé de près de 70 %, porté par trois introductions en bourse totalisant 6 milliards de dirhams. La gestion collective a également enregistré une nette progression, avec 84,8 milliards de dirhams de souscriptions nettes en OPCVM, soit près du double de 2024. Le marché de la titrisation a connu une accélération remarquable, avec 15,5 milliards de dirhams levés contre 2,4 milliards un an auparavant. Sur le plan institutionnel, l'AMMC a notamment fait évoluer le cadre réglementaire de la gestion d'actifs, encadré le marché à terme, accompagné les fintechs, renforcé la coopération internationale, intensifié la digitalisation des contrôles, consolidé la surveillance des abus de marché et renforcé la cybersécurité.