La CAN-2025 aura été un test grandeur nature pour le système sécuritaire et judiciaire marocain. Au total, 529 interventions sécuritaires ont été enregistrées dans les enceintes sportives ayant accueilli la compétition, selon le bilan dressé par le ministère de la Justice, la Présidence du ministère public et la DGSN. Selon la même source, 307 procédures de vérification d'identité ont été menées en coordination immédiate avec les autorités judiciaires compétentes, permettant un traitement rapide des situations dès leur survenance. Les contrôles aux accès des stades ont permis de détecter 68 tentatives d'entrée sans billet et 17 cas d'utilisation de billets falsifiés. Les services de sécurité ont également enregistré 16 affaires liées à la détention et à la consommation de stupéfiants et 20 affaires de détention de fumigènes. Les opérations de fouille ont abouti à la saisie de 5 armes blanches et de 2 bombes lacrymogènes, illustrant la vigilance maintenue aux points d'accès. En parallèle, la lutte contre la spéculation sur les billets s'est traduite par l'interpellation de 396 personnes soupçonnées d'implication dans la revente illégale de tickets, après détection d'annonces sur les réseaux sociaux grâce au système de veille sécuritaire informatisé. Ces personnes ont fait l'objet d'enquêtes judiciaires supervisées par le ministère public compétent. Un dispositif judiciaire inédit au cœur des stades Au cœur du dispositif sécuritaire, neuf bureaux judiciaires ont été implantés dans les stades de six villes hôtes : Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir, Fès et Tanger. Durant la compétition, 202 personnes ont été présentées devant ces instances dans le cadre de 152 procédures portant sur des faits prévus et sanctionnés par le Code pénal et des lois spécifiques. Les représentants du ministère public ont décidé de poursuivre et renvoyer devant le tribunal 82 cas, d'appliquer l'amende transactionnelle dans 56 cas, de classer 2 affaires sans suite et de confier 12 dossiers à la police judiciaire pour complément d'enquête. Les Marocains ont représenté 79,2 % des personnes déférées, contre 20,8 % de ressortissants étrangers, issus de diverses nationalités africaines et européennes. S'agissant des infractions les plus fréquentes, le délit d'accès ou de tentative d'accès frauduleux au stade arrive en tête avec 25,48 %, suivi de la spéculation ou cession illégale de billets (10,96 %) et de l'intrusion sur l'aire de jeu (7,46 %). Ces indicateurs montrent que la majorité des faits relevait principalement d'irrégularités liées à l'accès et à l'organisation, traduisant globalement une discipline générale du public. L'expérience de la CAN-2025 a coïncidé avec l'entrée en vigueur, le 8 décembre 2025, du Code de procédure pénale modifié, notamment l'extension du champ d'application de l'article 41-1 relatif à la transaction pénale. Ce mécanisme, privilégiant la justice réparatrice, a permis de traiter rapidement les infractions mineures tout en évitant l'engorgement des tribunaux. Le succès de la coordination intégrée entre le ministère de la Justice, le parquet et la DGSN constitue un jalon important dans la préparation des grands événements sportifs à venir, en particulier la Coupe du monde 2030, que le Royaume coorganisera avec l'Espagne et le Portugal.