Un rapport initial du Comité des pétitions du Parlement européen a observé une pression croissante sur le système de protection des mineurs aux îles Canaries, tandis que le taux d'acceptation par le Maroc des demandes de rapatriement de ses citoyens en situation irrégulière ne dépasse pas 8 %. Cela signifie que «92 % des décisions de rapatriement ne sont pas effectivement mises en œuvre.» DR ‹ › Un rapport préliminaire du Comité des pétitions du Parlement européen, rédigé après une mission aux Îles Canaries en septembre 2025, met en lumière la pression croissante sur le système de protection des mineurs. Cette situation survient alors que le Maroc n'accepterait que 8% des demandes de réadmission formulées par l'Espagne. Le document révèle qu'environ la moitié des jeunes initialement identifiés comme mineurs étrangers non accompagnés, soumis à des tests de détermination de l'âge, se sont avérés être des adultes. Les autorités des Îles Canaries ont informé la délégation européenne qu'environ 1 500 jeunes ont subi ces tests après que des doutes ont été émis sur leur âge, et près de 50% d'entre eux étaient en réalité majeurs. Ce constat représente un défi majeur pour un système conçu principalement pour protéger les mineurs sans soutien familial, pointe le rapport. Lors de la visite, les autorités de l'archipel géraient environ 5 000 mineurs non accompagnés, soit environ 65% du total en Espagne, selon les données du gouvernement régional. Celui-ci a également précisé avoir consacré 192 millions d'euros de son propre budget à la gestion de la migration, affirmant n'avoir reçu aucune part directe des 560 millions d'euros alloués par l'Union européenne à l'Espagne pour renforcer le système d'accueil et d'asile. 92% des retours vers le Maroc non exécutés Le rapport souligne les difficultés liées aux opérations de rapatriement, notant que seulement 8% des citoyens marocains en situation irrégulière sont réadmis par leur pays. Ainsi, 92% des décisions de retour restent inappliquées. Les législateurs européens rappellent que la législation européenne exige une mise en œuvre effective des ordres d'expulsion, mais admettent que «le manque de coopération du pays d'origine rend l'application complexe ou impossible dans de nombreux cas». Le rapport inclut également des témoignages sur des situations où des bateaux secourus dans la zone maritime marocaine n'ont pas été autorisés à accoster dans leurs ports. Selon les données fournies à la mission, au 31 août 2025, 201 bateaux transportant 12 249 personnes avaient atteint les Îles Canaries. Les autorités espagnoles affirment que le nombre d'arrivées a diminué d'environ 50% par rapport aux années précédentes, grâce à une coopération renforcée avec les pays d'origine et de transit. Le rapport mentionne aussi les préoccupations des habitants proches des centres d'accueil, notamment à Las Palmas de Gran Canaria, où ils signalent une dégradation environnementale et une hausse de certains incidents. Sur le plan judiciaire, la Haute Cour de justice des Îles Canaries a rapporté l'ouverture de 282 enquêtes en 2024 concernant des arrivées irrégulières, et 100 enquêtes en 2025 jusqu'à la date de la visite, avec 97,12% des cas temporairement clos. Ce rapport doit être discuté au Parlement européen dans le cadre d'une évaluation globale de la gestion de la route atlantique et de la capacité des systèmes d'accueil à faire face aux pressions continues des flux migratoires irréguliers.