Cette initiative vise à stimuler la transformation digitale de ces pays à travers trois axes principaux : la modernisation des infrastructures numériques, l'amélioration du climat des affaires et le soutien aux entreprises technologiques. Selon Michel Rogy, directeur régional pour le numérique et l'intelligence artificielle à la Banque mondiale, ce programme devrait contribuer à accélérer la transformation économique de l'Afrique de l'Ouest en favorisant la création d'emplois, la résilience économique et l'émergence d'un marché numérique régional plus intégré. Il souligne également que l'un des défis majeurs de la région demeure le coût élevé et la faible fiabilité de la connectivité, qui limitent l'accès des populations et des entreprises aux opportunités numériques. Développer le haut débit et les compétences Une partie importante du financement sera consacrée au renforcement des infrastructures numériques. L'objectif est de déployer des réseaux haut débit plus performants, d'améliorer la connectivité internationale et d'accroître la capacité des centres de données. D'après la Banque mondiale, environ 5,2 millions de personnes devraient bénéficier d'un accès à l'Internet haut débit grâce à ce programme dans les trois pays. Par ailleurs, près de 5,4 millions de nouveaux utilisateurs devraient accéder à des services numériques. L'initiative met également l'accent sur le développement des compétences. Environ 9.000 personnes devraient bénéficier de formations dans des domaines liés au numérique, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Les formations porteront notamment sur l'intelligence artificielle, la cybersécurité et l'entrepreneuriat numérique, reflétant l'importance du capital humain dans la réussite de la transformation digitale. Favoriser un marché numérique régional Le projet vise aussi à renforcer l'intégration numérique en Afrique de l'Ouest en encourageant l'harmonisation des réglementations et l'amélioration de la gouvernance numérique. Dans ce cadre, la Union économique et monétaire ouest-africaine devrait jouer un rôle central dans l'appui aux réformes et dans la réduction des coûts liés au déploiement des infrastructures. L'objectif est de rendre les marchés plus attractifs pour les investisseurs et de favoriser l'émergence d'un espace numérique régional plus compétitif, explique Marina Wes, directrice par intérim de l'intégration régionale pour l'Afrique à la Banque mondiale. Soutien aux start-up et à l'emploi Une partie du financement sera également consacrée au renforcement des écosystèmes entrepreneuriaux et au développement des services financiers numériques. Plus de 140 start-up technologiques devraient bénéficier de soutiens, notamment sous forme de financements de démarrage, d'un meilleur accès aux marchés et d'opportunités de commerce numérique à l'échelle régionale. Des entreprises dirigées par des femmes devraient également être soutenues. Dans des pays où l'emploi des jeunes constitue un enjeu majeur, l'ambition est de faire du numérique un levier immédiat de création d'emplois et de croissance économique. Dans la continuité du programme WARDIP Cette nouvelle enveloppe s'inscrit dans le cadre du Projet d'intégration numérique régionale en Afrique de l'Ouest (WARDIP), lancé en novembre 2023. La première phase du programme, dotée de 266,5 millions de dollars, a concerné la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Mauritanie, en partenariat avec l'Union africaine, Smart Africa et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Avec cette nouvelle phase, le programme s'étend désormais à sept pays et intègre également l'UEMOA dans sa mise en œuvre. Pour le Bénin, le Libéria et la Sierra Leone, l'enjeu dépasse la simple modernisation technologique : il s'agit de faire du numérique un moteur de croissance, d'intégration régionale et de création d'emplois dans une région en pleine transformation économique.