DR ‹ › À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, qui commémore le massacre de Sharpeville en Afrique du Sud le 21 mars 1960, l'Alliance des ONG sahraouies lance un appel urgent pour reconnaître et combattre les discriminations persistantes dans les camps de Tindouf, en Algérie. Engagée auprès des mécanismes des Nations unies et des organisations régionales, l'Alliance dénonce des pratiques structurelles basées sur la race, l'origine et l'identité. Elle souligne que «ces discriminations ne se limitent pas à des cadres juridiques explicites, mais se manifestent également par des réalités concrètes telles que l'apatridie, l'absence de documents d'état civil, les restrictions de circulation et l'intimidation des voix dissidentes». «Les populations à peau noire, les migrants sahélo-sahariens et les personnes d'origine subsaharienne subissent des violations systématiques de leurs droits, notamment le refus d'accès à l'état civil, aux services de santé et à l'éducation, ainsi que l'absence de recensement dans les camps de Tindouf, ce qui empêche toute protection juridique conforme au droit international des réfugiés.» L'Alliance dénonce également «des cas documentés de détention arbitraire, de torture et d'esclavage, citant notamment des dizaines de situations recensées depuis 2016». Elle accuse l'absence de recours judiciaire effectif, liée à la délégation de facto de compétences au Polisario, de favoriser un climat d'impunité. L'Alliance appelle «l'Algérie à autoriser un contrôle international indépendant dans les camps de Tindouf et à assumer pleinement ses obligations en tant qu'Etat hôte». Elle insiste également sur la nécessité d'un cadre juridique garantissant le statut des réfugiés, l'accès à une identité civile et une protection effective contre toutes les formes de discrimination. Pour rappel, une association sahraouie a récemment protesté dans les camps de Tindouf contre une agression à caractère raciste visant un enfant noir, un acte que la direction du Polisario tente d'étouffer.