L'Agence marocaine du médicament et des produits de santé revoit ses règles en matière de communication pharmaceutique. À travers une nouvelle ligne directrice, elle impose un cadre plus rigoureux, au nom de la transparence et de la sécurité sanitaire. Début mars, l' AMMPS a publié une note détaillée qui redéfinit en profondeur les conditions de la publicité des médicaments à usage humain. Une initiative qui s'inscrit dans le prolongement du cadre légal existant, notamment la loi n°17-04 relative au code du médicament et de la pharmacie et le décret n°2.24.346 encadrant le visa de publicité. Objectif ? Garantir une information rigoureuse, conforme aux exigences de santé publique, et mieux encadrer des pratiques promotionnelles aux effets potentiellement sensibles. Rigueur scientifique Au cœur du dispositif, un principe : toute communication doit reposer sur des données scientifiques validées. La publicité ne peut concerner que des médicaments disposant d'une autorisation de mise sur le marché et doit s'aligner strictement sur le Résumé des caractéristiques du produit. Aucune approximation n'est tolérée. Les messages doivent être «exacts, objectifs et non trompeurs », détaille la note de l'AMMPS en excluant toute exagération des bénéfices, toute minimisation des effets indésirables ou toute présentation pouvant induire en erreur. Cette exigence vise à promouvoir un usage rationnel du médicament, en préservant à la fois la sécurité des patients et la qualité de l'information diffusée, argumente la note. Communication différenciée selon les publics La ligne directrice opère une distinction nette entre les publics ciblés. Ainsi pour les professionnels de santé, la publicité reste autorisée mais soumise à une procédure déclarative stricte. Les campagnes doivent être notifiées à l'Agence au moins quinze jours avant leur diffusion, accompagnées d'un dossier détaillé. En revanche, la communication à destination du grand public fait l'objet d'un encadrement plus restrictif. Elle est limitée aux médicaments non soumis à prescription et non remboursés, et conditionnée à l'obtention préalable d'un visa délivré par l'AMMPS. Ce dernier, valable un an, peut être suspendu ou retiré en cas de non-respect des règles ou de risque pour la santé publique. Contenus étroitement contrôlés Le texte insiste sur la précision et la clarté des messages. Toute publicité doit mentionner de manière explicite l'indication thérapeutique, la posologie ainsi que les conditions d'utilisation du médicament. Les supports visuels, les données chiffrées ou les allégations doivent refléter fidèlement les informations validées. Les formulations approximatives, les promesses de résultats excessifs ou les messages trop génériques sont expressément proscrits. Consciente des mutations des modes de communication, l'Agence intègre pleinement la dimension numérique dans son dispositif. Réseaux sociaux, contenus audiovisuels, plateformes digitales : Tous ces canaux sont désormais concernés par ces exigences renforcées. L'enjeu est de mieux encadrer des espaces où la frontière entre information et promotion peut s'avérer poreuse, et d'assurer une cohérence globale des pratiques, quel que soit le support utilisé. Protection du patient, une priorité Au-delà de l'aspect réglementaire, cette nouvelle ligne directrice réaffirme une priorité : la protection du patient. La publicité des médicaments ne peut être envisagée indépendamment des enjeux de santé publique. Elle doit contribuer à une meilleure compréhension des traitements, sans encourager des usages inappropriés ni altérer le jugement des patients ou des professionnels. Avec ce texte, les autorités sanitaires visent à renforcer l'équilibre entre accès à l'information et impératif de sécurité.