La célébration des 15 ans de présence du Bureau des Affaires Internationales de Lutte contre les Stupéfiants et d'Application de la loi (INL) au Maroc, mardi 15 avril à Tanger, a coïncidé avec la signature à Washington d'une feuille de route stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis, actant le renforcement des relations bilatérales en matière de Défense militaire pour la décennie à venir. Une convergence qui illustre la profondeur d'un partenariat global, où la sécurité intérieure et la coopération judiciaire occupent une place centrale. C'est dans le cadre emblématique de la Légation américaine de Tanger, plus ancien bâtiment diplomatique des Etats-Unis au monde, que s'est tenue la rencontre-anniversaire de la présence de l'INL au Maroc. Organisé en pleine commémoration des 250 ans d'existence des Etats-Unis et d'autant d'années d'amitié avec le Maroc, premier pays à avoir officiellement reconnu le pays de l'Oncle Sam, l'événement a réuni des représentants de la Direction générale de la sûreté nationale, de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion, du ministère de la Justice, ainsi que de la directrice du programme INL dans le cadre d'une discussion marquée à la fois par la densité des échanges et une atmosphère empreinte de cordialité. Modérée par Jennifer Rasamimanana, directrice exécutive de la Légation américaine de Tanger, cette discussion a été marquée par des témoignages édifiants. Kristi Roberts, directrice de l'INL à Rabat, Maria Lakhdar pour la DGSN, Abderahim Rahouti pour la de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) et la juge Mina Sougrati, présidente de l'Association internationale des femmes juges, ont mis en lumière les avancées concrètes d'un partenariat engagé depuis 2011, fondé sur la confiance et la montée en compétences des institutions. . Kristi Roberts a résumé la philosophie de la collaboration avec le Maroc de l'INL, qu'elle dirige au sein de l'ambassade à Rabat, en des termes clairs : « Ce partenariat de 15 ans reflète notre engagement commun en faveur de la justice, de la sécurité et de l'excellence professionnelle. » Et d'ajouter : « Depuis 2011, notre collaboration a permis des avancées concrètes, qu'il s'agisse de l'accréditation internationale de la police scientifique ou de la modernisation des infrastructures aéroportuaires et pénitentiaires. C'est la force de cette relation bilatérale qui nous permet aujourd'hui de regarder vers l'avenir avec ambition. » De son côté, Maria Lakhdar, en sa qualité de cheffe du pôle de la coopération internationale à la DGSN, a particulièrement insisté sur l'efficacité opérationnelle de cette coopération sécuritaire, illustrée par des réalisations structurantes. Pour elle, l'invitation de la DGSN à prendre part à la célébration des 15 ans de présence active de l'INL dans le Royaume «met en lumière le solide partenariat entre les Etats-Unis et le Maroc pour faire progresser la paix et la sécurité sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ». L'intervenante a souligné également le ferme engagement de la DGSN, sous la direction de son directeur général, Abdellatif Hammouchi, pour le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale dans divers domaines, notamment la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la traite des êtres humains, le trafic de drogue, la migration irrégulière, la fraude documentaire et d'identité, et bien d'autres formes de criminalités. « En tant que partenaire stratégique, le bureau de l'INL à Rabat a constamment travaillé à nos côtés pour créer des programmes bénéfiques non seulement pour nos forces de police et notre communauté, mais aussi pour nos partenaires aux niveaux régional et mondial », a ajouté Maria Lakhdar en rappelant « l'engagement constant du Royaume, grâce à la vision éclairée de Sa Majesté, dans la promotion de la coopération Sud-Sud dans tous les domaines, y compris la sécurité ». La cheffe du pôle de la coopération internationale à la DGSN a donné comme exemple concret dans ce domaine l'inauguration par Abdellatif Hammouchi, en décembre dernier, de l'Institut Supérieur des Sciences de Sécurité à Ifrane dont le directeur, Tariq El Bazi faisait partie l'auditoire. Cet institut est « conçu non seulement pour la formation spécialisée et continue ainsi que la recherche du personnel de la DGSN, mais aussi pour accueillir davantage d'activités avec et pour nos partenaires nationaux et internationaux », a-t-elle expliqué. Et Maria Lakhdar de conclure : Notre partenariat est un modèle de la relation exceptionnelle qui lie nos deux pays. » Autre exemple donné de la contribution positive de l'INL au Maroc : L'Institut national de formation de la DGAPR à Tiflet. « Grâce au soutien de l'INL, l'Institut national de formation de Tiflet est devenu un centre régional d'excellence. Nous avons déjà formé plus de 200 professionnels pénitentiaires venant de 11 pays d'Afrique et du Moyen-Orient », a témoigné Abderahim Rahouti en sa qualité de directeur de l'Institut national de formation des cades au sein de la DGAPR. « Suite à l'adoption de la loi sur les peines alternatives, l'INL nous accompagne dans la mise en œuvre de réformes visant à réduire la surpopulation carcérale et à prévenir la radicalisation. Nous avons également élaboré une charte d'architecture pénitentiaire pour concevoir des établissements qui ne soient plus seulement des lieux de détention, mais de véritables espaces de réinsertion », a-t-il détaillé. Mais au-delà des bilans institutionnels, c'est aussi l'ambiance des retrouvailles qui a marqué cette célébration. Dans son intervention, la juge Mina Sougrati, actuelle présidente de l'Association internationale des femmes juges s'est souvenue de ses passages à Dar America et à la Légation de Tanger alors qu'elle était jeune étudiante. Elle est revenue, avec émotion, sur son parcours et sur le rôle structurant des programmes INL dans l'émergence de réseaux professionnels internationaux, notamment en faveur du leadership féminin dans le domaine judiciaire. « Mon propre parcours témoigne de la longévité des liens maroco-américains... L'INL a toujours soutenu le leadership féminin dans la magistrature, favorisant une justice plus équitable et plus représentative. C'est un travail de longue haleine qui porte ses fruits aujourd'hui au plus haut niveau. », a-t-elle affirmé Entre échanges formels et informels, souvenirs partagés et perspectives d'avenir, les participants ont donné à voir une coopération vivante, nourrie par des relations humaines solides. Une dimension essentielle que souligne les témoignages recueillis à chaud auprès de J. Rasamimanana, K. Roberts et Tariq El Bazi au micro de L'Observateur du Maroc et d'Afrique, et qui sont immortalisés dans la vidéo ouvrant cet article ainsi que les propos contenus dans cette autre vidéo enregistrée en arabe pour Med Radio auprès (encore une fois) de J. Rasamimanana, Mostafa Haddaoui en sa qualité de chef de la Division de la police urbaine à DGSN, A. Rahouti et Mina Sougrati : Pour L'Observateur du Maroc et d'Afrique, la rencontre s'est prolongée par une immersion dans l'histoire même du partenariat Maroc/Etats-Unis, à travers une visite guidée exclusive du Musée de la Légation américaine de Tanger. Jennifer Rasamimanana a gentiment ouvert à notre média les portes de ce lieu emblématique, véritable écrin de mémoire, offrant un éclairage précieux sur la profondeur historique des relations maroco-américaines. Une manière de rappeler que si la coopération d'aujourd'hui est résolument tournée vers l'avenir, elle s'inscrit dans une continuité diplomatique et humaine vieille de plusieurs siècles.