Selon l'Institut national des TIC (INTIC), la loi sur la cybersécurité vise à doter l'Etat d'outils efficaces pour faire face aux défis croissants liés à la société de l'information. Elle prévoit notamment la protection des institutions publiques, des citoyens et des infrastructures critiques, tout en renforçant la prévention des risques et la gestion des incidents cybernétiques. Ce texte entend également améliorer la résilience des entités publiques et privées, de plus en plus dépendantes des systèmes numériques, en instaurant une meilleure coordination des réponses face aux menaces. Un arsenal pénal renforcé contre la cybercriminalité En parallèle, la loi sur la cybercriminalité établit un cadre juridique complet pour la répression des infractions numériques. Elle introduit des dispositions pénales et procédurales, tout en facilitant la coopération internationale dans les enquêtes. Le texte encadre également la collecte et l'exploitation des preuves électroniques, et s'applique à l'ensemble des acteurs — publics comme privés — utilisant des systèmes d'information et des réseaux de communication. Pour l'INTIC, l'adoption de ces deux lois constitue « une étape décisive » pour consolider la transformation numérique du pays et renforcer la confiance des citoyens et des entreprises dans l'usage des technologies. Une dynamique internationale en soutien Cette avancée législative intervient dans un contexte de coopération renforcée. Le Mozambique a récemment conclu un partenariat avec l'Union européenne pour développer ses capacités en cybersécurité, après des rapprochements similaires avec les Etats-Unis et le Togo. Le pays est par ailleurs signataire de plusieurs instruments internationaux, dont la Convention de Nations unies contre la cybercriminalité, la Convention de l'union africaine sur la cybersécurité (Malabo, 2014) et la Convention de Budapest (2001). Des progrès réels, mais des défis persistants Ces réformes s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire des technologies de l'information un levier de développement socio-économique. Une feuille de route nationale pour la transformation numérique est actuellement en préparation. Toutefois, selon l'Union internationale des télécommunications (UIT), des efforts supplémentaires restent nécessaires. Dans son dernier indice global de cybersécurité (2024), le Mozambique se classe au troisième niveau sur cinq, avec un score de 66,05 sur 100. Si des avancées sont notées en matière d'organisation et de coopération, des lacunes subsistent dans les domaines juridique, technique et du renforcement des capacités, autant de défis que ces nouvelles lois devront contribuer à relever.