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QUI PERD, GAGNE
Publié dans L'observateur du Maroc le 14 - 01 - 2010

En fin d’année, les journalistes infligent à leurs lecteurs une révision de cours. Ils passent en revue les évènements jugés les plus importants de l’année écoulée. Cela part d’un bon sentiment. Dans le brouhaha de l’info, retenir un instant le temps qui court, arrêter la pendule in extremis. En cessant de taper sur un clou qui chasse l’autre, la presse espère enfin distinguer l’important de l’accessoire. Le journaliste joue à l’historien, il se flatte. Et plus prosaïquement, il peut ainsi décrocher de l’actualité et son devoir de vacances accompli, partir pour les fêtes l’esprit à peu près tranquille. Au Proche-Orient, il est facile de faire un bilan. Et habituel de faire des prophéties. C’est sans risques : en 2010, le drame des Palestiniens sera autant un sujet d’actualité qu’en 2009. Il s’éternise depuis soixante ans. Il s’aggrave depuis dix ans.
L’année avait commencé sous les bombes. Elle se termine avec la relance de la colonisation. Le ministère israélien de l’Habitat vient de lancer des appels d’offres pour 700 logements à Jérusalem-Est. Quelques jours plus tôt, le procureur avait demandé à la Haute cour de justice d’autoriser l’acquisition de terres en bordure de la colonie d’Ofra, terres dont les Palestiniens ont été chassés et les habitations détruites par les colons au mépris de toutes les lois. En nationalisant ces terrains et en assumant a postériori l’extension de la colonie, les autorités israéliennes agissent en contradiction flagrante avec les principes qu’ils défendent publiquement. C’est encore et toujours la politique du fait accompli. Israël l’applique à la fin 2009 en Cisjordanie comme au début de l’année à Gaza. On rappelle les chiffres de l’opération «Plomb durci». Ils sont éloquents : 1.450 Palestiniens tués, dont près de la moitié de femmes et d’enfants. En face, la mort de 13 Israéliens, soit à peu près cent fois moins. L’état-major hébreu a appliqué la doctrine «zéro mort» importée des Etats-Unis. Il n’a pris aucun risque, si ce n’est d’être accusé de crimes de guerre. Il l’est, notamment par le rapport Goldstone. Cela ne semble pas gêner outre-mesure Ehud Barak qui a gardé son poste de ministre de la Défense. On sent qu’il est prêt à recommencer. On a sans doute raison puisque Benyamin Netanyahou prétend qu’une nouvelle guerre avec le Hamas est inéluctable. Il cherche à en convaincre le monde entier. Il persiste à expliquer que la levée du blocus de Gaza est impossible puisque «Israël ne négocie pas avec un groupe terroriste». Alors même qu’il s’est employé à priver Mahmoud Abbas de toute autorité et qu’il marchande avec la direction islamiste l’échange de Guilad Shalit contre un millier de prisonniers palestiniens… Un an après, les Gazaouites commémorent ces 22 jours d’Apocalypse. Le Hamas prétend célébrer une victoire. La seule qu’il ait remportée : rester en place. Contrairement à ce que racontaient les stratèges de Tel-Aviv, la population n’a pas cherché à faire payer à la direction du mouvement les souffrances endurées. Soumis à la punition collective que constitue le blocus, les Palestiniens ne se sont pas rebellés contre leurs dirigeants, pas plus que les Irakiens n’avaient renversé Saddam Hussein ou les Cubains viré les frères Castro. C’est plutôt le contraire : le Hamas a reconstitué son arsenal et renforcé son contrôle sur le territoire. Il a fait descendre dans les rues cent mille manifestants, il y a deux semaines. Il renforce aussi son influence, au point d’inquiéter en Egypte. Le retour des prisonniers devrait doper la propagande islamiste et marginaliser ceux qui accusaient le Hamas d’avoir pactisé avec Israël en respectant le cessez le feu. Pour le Hamas, tout va mieux. Pour les habitants de Gaza, tout empire. Le désastre humanitaire est total. L’impasse politique aussi.
Pour l’armée israélienne, tout va mieux aussi. En 2009, elle a reconstitué sa capacité de dissuasion. Mais les Israéliens risquent de le payer cher en 2010 : jamais l’Etat hébreu n’a été aussi isolé. Et son image de marque s’est considérablement dégradée. Jusqu’aux Etats-Unis, c’est tout dire.


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