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Education : 66 % des enfants marocains sont incapables de lire un texte simple selon la Banque mondiale
Publié dans L'opinion le 30 - 10 - 2020

La débâcle du système éducatif marocain se fait de plus en plus palpable, en témoigne le récent rapport de la Banque mondiale qui a dressé un bilan inquiétant de la qualité de l'enseignement au Maroc. 66 % des enfants marocains âgés de dix ans seraient incapables de lire et comprendre un texte simple. Détails
Dans un rapport intitulé « Maroc : pour un système éducatif performant au sortir de la Covid-19′′, la Banque mondiale a souligné les multiples défaillances qui torpillent notre système éducatif et notamment sur les plans de la qualité de la transmission du savoir, de l'équité et de la gestion globale du secteur.
Le rapport fait ressortir une réalité qui doit interpeller tous les responsables éducatifs, 66 % des enfants marocains âgés de 10 ans sont dans l'incapacité de lire et comprendre un texte simple, soit une proportion inférieure de 2,5 points à la moyenne régionale du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord et de 10,7 points à la moyenne des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.
Un apprentissage dérisoire
Le rapport fait savoir que les élèves marocains ne bénéficient pas d'une transmission de connaissances de façon continue et durable. La durée effective de la scolarité au Maroc a été en moyenne inférieure de 4,4 ans au nombre d'années réelles, en 2019.
À la lumière de ces chiffres, la Banque mondiale fait clairement état d'une crise d'apprentissage que traverse le Maroc depuis des décennies et qui s'aggrave de plus en plus, tout comme plusieurs autres pays dans le monde. Toutefois, le rapport indique que le gouvernement a fait des efforts pour remédier à la crise actuelle à travers la réforme du système éducatif par la loi-cadre 51.17. Il a également rappelé que le prêt de 500 millions de dollars accordé par la Banque mondiale dans le cadre du programme d'appui au secteur de l'éducation au Maroc, vise principalement à améliorer les acquis scolaires et la gouvernance du secteur.

La Covid-19 exacerbe la crise de l'éducation
La Banque mondiale n'a pas manqué de souligner les effets de la crise liée à la pandémie de la Covid-19 sur l'accès à l'éducation. « La crise du coronavirus menace aujourd'hui de fragiliser les avancées du Maroc en matière d'éducation », indique le rapport, qui précise que le confinement a été préjudiciable à la scolarisation des enfants marocains. La fermeture des écoles a privé environ 900 000 enfants d'âge préscolaire, huit millions d'élèves du primaire et du secondaire, et un million d'étudiants du supérieur, d'au moins trois mois d'apprentissage.
Le rapport a souligné également les inégalités qui ravagent l'éducation au Maroc. Pendant le confinement, la fermeture des écoles a impacté de manière disproportionnée les élèves les plus vulnérables, en particulier ceux dépourvus du matériel numérique ou de la connexion internet nécessaire pour bénéficier d'un enseignement à distance. Ceci est d'autant plus évident que le département de Said Amzazi avait refusé d'allouer une enveloppe financière pour pourvoir les enfants du monde rural des tablettes et des autres outils technologiques pour qu'ils puissent suivre les cours à distance.
En attente d'une recette miracle qui puisse sortir le pays de ce marasme éducatif, le Maroc continue de récolter les fruits des politiques éducatives ambivalentes qui manquent de clairvoyance. L'abondance des plan d'urgence pour sauver l'éducation n'a en effet servi qu'à entraîner l'école marocaine dans une agonie interminable.


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