Investissement : Les opportunités d'affaires au Maroc présentées à Manchester    Élections 2026, l'heure de vérité pour la classe politique    Aéroport Marrakech-Menara: Hausse de plus de 11% du trafic des passagers à fin mars    Remplissage des barrages du Maroc à 76 % : vers un été sans coupures d'eau    Kuwait Airways reprend ses vols vers Casablanca    Des professionnels réclament un bouclier militaire pour sauver des chauffeurs du Maroc bloqués au Mali    Botola : Lourdes sanctions contre l'AS FAR et le Raja après des graves incidents    Football: La LNFP annonce une série de mesures après des incidents dans des stades    Lourdes sanctions à l'encontre de l'AS FAR après les incidents du match contre le Raja    Casablanca : 22 arrestations après le match Wydad - Yacoub El Mansour    Hamza Igamane reprend à Lille : le Lion de l'Atlas retrouve l'espoir    Kuwait Airways reanuda sus vuelos hacia Casablanca    Hooliganismo: el AS FAR y el Raja Casablanca severamente sancionados    Hooliganism: AS FAR and Raja Casablanca heavily sanctioned    Diaspo #439 : Sofia Mestari réunit les voix d'Afrique autour de la solidarité    Journées portes ouvertes de la DGSN : la Sûreté nationale donne rendez-vous aux citoyens à Rabat    Al Mada : Mohamed Amine Myel nommé PDG de Teralys    Pékin lance un centre spatial interactif pour enfants.    La Chine déploie des policiers de circulation robotisés : l'intelligence artificielle au cœur de la gestion urbaine    Le Sahel africain à l'épreuve du "modèle afghan"... l'Algérie joue-t-elle avec le feu ?    Enseignement supérieur : La restructuration de la Faculté polydisciplinaire d'Errachidia actée    Rajoub et Israël... de la poignée de main d'hier à la rupture d'aujourd'hui dans les coulisses de la FIFA    Fête du travail : Les syndicats réaffirment leurs revendications    La SRM-CS inaugure un nouveau siège pour sa direction provinciale de Berrechid    Ligue 1: Bilal Nadir de retour à la compétition avant la fin de la saison    L'Inspecteur Général des FAR s'entretient avec le Secrétaire à l'armée de terre des Etats-Unis    Maroc – Etats-Unis : Christopher Landau en visite à la base militaire des FAR de Benguerir    Conflit au Moyen-Orient : Les Etats-Unis annoncent de nouvelles sanctions contre l'Iran    100 Marocains qui ont fait l'Histoire : Mouna Hachim revisite la mémoire plurielle du Maroc    Aide à la production cinématographique : La liste des projets retenus dévoilée    Rabat. L'Inspecteur Général des FAR s'entretient avec le Secrétaire à l'armée de terre des Etats-Unis    Salé. 22.695 interpellations suite à 75 jours d'opérations sécuritaires ciblées    Agadir accueillera en octobre la Francophonie scientifique mondiale    Livres au Maroc : l'écart de 3 000 titres qui interroge les statistiques    Les ambassadeurs du Maroc et de la France ont adressé une invitation à la Mauritanie pour la conférence internationale sur la paix    Corazón de Marruecos : Une telenovela entre le Mexique et le Maroc    Le directeur de la NASA félicite le Maroc : Ensemble, nous construisons l'avenir de l'exploration spatiale    Bourse : le MASI gagne 8,29% en avril    Boulemane: Près de 22 MDH mobilisés en 2025 pour améliorer les conditions des personnes en situation de handicap    Les températures attendues ce vendredi 1er mai 2026    Le Maroc soutient la candidature d'Infantino à la présidence de la FIFA    Emploi : Younes Sekkouri défend une vision intégrée    Parlement panafricain: la délégation du Maroc boycotte une élection jugée "illégale"    L'Allemagne reconnaît la souveraineté économique du Maroc sur le Sahara    Casablanca : le nouveau Consulat général des Etats-Unis inauguré    Rabat : Moulay El Hassan préside l'ouverture du SIEL 2026    Le Prince Moulay El Hassan préside l'ouverture de le 32e édition du SIEL    Jazzablanca 2026 : Lauryn Hill, Jessie J, Scorpions... Voici la programmation complète    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Daech et les Talibans : un casse-tête ou une menace ?
Publié dans L'opinion le 18 - 10 - 2021

Certains éléments talibans ont été visés à plusieurs reprises par des attentats-suicides de Daech ces derniers temps, tandis que d'autres ont ciblé des mosquées appartenant à la minorité chiite hazara d'Afghanistan.
Selon la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA), Daech Khorasan a mené 77 attaques au cours des quatre premiers mois de cette année. Zabiullah Mujahid, porte-parole des talibans et ministre de la Culture, a déclaré que le groupe serait « bientôt éliminé. »
« Nous ne classons pas Daech comme une menace, mais comme un casse-tête. Ils ont été expulsés et leurs abris ont été trouvés, » a déclaré Mujahid, soulevant d'importantes questions sur la nature et l'étendue du danger que représente le déploiement de Daech dans certaines régions d'Afghanistan.
S'agit-il vraiment d'un simple « mal de tête » pour les talibans, ou d'une menace existentielle pour le mouvement, qui lutte pour la domination et le contrôle du territoire afghan ?
Dans l'absolu, les capacités de Daech au Khorasan semblent nettement inférieures à celles des talibans, tant en termes de nombre et d'équipement qu'en termes d'expérience du combat et de connaissance de la nature du territoire afghan, dont les talibans ont une expérience considérable.
Rien de tout cela ne diminue cependant l'ampleur de la menace que représente Daech, notamment en ce qui concerne des questions spécifiques.
Premièrement, il existe la possibilité de déployer des éléments d'al-Qaïda dans des zones reculées et de les préparer comme centres d'attraction, d'entraînement et de planification d'opérations terroristes en dehors de l'Afghanistan, comme ce fut le cas pour Al Qaïda jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001. Deuxièmement, nous ne pouvons pas vraiment comparer les capacités de Daech au Khorasan avec celles des Talibans.
Deach s'appuie sur une grande expérience, qui dépasse en fait les capacités du mouvement afghan, grâce au transfert d'expérience de l'organisation mère après que son soi-disant état en Irak et en Syrie se soit effondré sous le poids des coups de la coalition internationale antiterroriste dirigée par les Etats-Unis.
En effet, Daech en Afghanistan ne peut que constituer un sérieux problème pour tout le monde, tant pour les talibans que pour les pays visés par Daech en général, principalement les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, la Russie et l'Iran.
Les experts sont toutefois presque unanimes à penser que le chaos persistant en Afghanistan sert les intérêts des organisations terroristes en général et de la branche régionale de Daech en particulier.
Cela pose un plus grand risque pour la sécurité que la montée des talibans eux-mêmes pour plusieurs raisons et considérations, dont la principale est la tendance du mouvement à éviter les erreurs du passé et à rechercher une reconnaissance internationale. Les deux parties ont également des priorités très différentes. Les talibans cherchent avant tout à gouverner l'Afghanistan.
Dans cette phase, le Daech cherche à renforcer ses positions et à restaurer la confiance de ses partisans en élargissant la cible des talibans et des intérêts occidentaux en Afghanistan. Selon les évaluations stratégiques occidentales, l'Etat islamique du Khorasan compte environ 800 éléments terroristes. Toutefois, ces estimations datent de 2018.
Il est donc difficile de se faire une idée analytique précise des capacités opérationnelles de l'organisation spécifique de Da'ichi. Depuis 2014, le groupe a appris à étendre sa sphère d'influence d'une petite zone à une zone équivalente à la taille du Royaume-Uni (Daech contrôle environ 88 000 kilomètres carrés en Irak et en Syrie), et a commencé avec environ 1 000 terroristes.
Quatre ans plus tard, cependant, l'organisation a pu recruter environ 40 000 combattants. À un moment donné, environ 1 500 terroristes rejoignaient le groupe chaque mois.
Bien que la menace de « l'Etat islamique en Irak et en Syrie » soit minime depuis la disparition de son soi-disant Etat, son aventure reste une « source d'inspiration » pour d'autres chefs terroristes dans d'autres régions, dont, bien sûr, l'Afghanistan. Cela ne signifie certainement pas que l'expérience serait reproduite.
Mais cela n'empêche pas non plus d'autres personnes de vouloir la reproduire. Il est évident que Daech a gagné en puissance depuis que les talibans ont pris le contrôle de la capitale Kaboul, que l'ancien président Ashraf Ghani a fui et que l'armée afghane s'est effondrée.
La raison en est que le groupe a commencé à attirer les dissidents talibans parce qu'ils croient qu'ils travaillent secrètement avec les Etats-Unis. Ceux-ci pensent que les talibans n'adhèrent plus au cadre idéologique sur lequel ils ont été fondés.
Des rapports non confirmés font état de divisions au sein du mouvement, notamment entre les factions fidèles au mollah Abdul Ghani Baradar, le vice-premier ministre qui a dirigé les pourparlers de Doha avec les Etats-Unis, et les partisans de Sirajuddin Haqqani, le ministre de l'Intérieur par intérim, connu pour sa position extrêmement dure.
Ces divisions sont fondées sur un changement de comportement du mouvement en réponse aux demandes de reconnaissance internationale. En conséquence, certains s'attendent à ce que les talibans perdent une grande partie de leurs éléments extrémistes.
La branche afghane des Deach continue de mettre en œuvre sa stratégie d'enracinement dans les zones de conflit comme le début d'une nouvelle expansion à l'avenir. Compte tenu de l'expansion récente de ses opérations terroristes en Afghanistan, Daech Khorasan est sans doute un véritable problème pour les talibans et une menace pour la sécurité et la stabilité internationales.

Par Salem AlKetbi
Politologue émirati et ancien candidat au Conseil national fédéral


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.