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Interview avec M'jid El Guerrab : Bientôt la fin du contentieux sur les visas
Publié dans L'opinion le 17 - 02 - 2022

Des mois après la crise qui a entravé la délivrance des visas par les consulats français, la coopération entre la France et le Maroc a repris, rassure M'jid El Guerrab. Une bonne nouvelle pour les MRE et les Français résidant au Maroc.
- Fin septembre dernier, le gouvernement français a décidé de sabrer de 50% le nombre de visas destinés aux Marocains, tout comme aux Algériens (-50%) et aux Tunisiens (-30%), pour amener les gouvernements de ces pays à accepter le retour de leurs immigrés clandestins soumis à une mesure d'expulsion de France. Est-ce que cette mesure a eu un effet quelconque sur le terrain ?
- J'ai, après cette décision, été confronté à une augmentation du nombre de sollicitations pour des questions en lien avec l'attribution des visas. De nombreuses personnes m'ont envoyé des mails ou m'ont contacté par téléphone pour m'expliquer qu'elles avaient reçu des refus de visa alors même que leur dossier était solide. C'est exactement ce sur quoi j'avais alerté le gouvernement lors de l'annonce de cette décision.
Effectivement, le risque était que cette décision pouvait empêcher des étudiants, chercheurs, entrepreneurs, artistes et toutes autres personnes qui sont une richesse pour notre nation de venir en France. J'aimerais également attirer l'attention sur le fait que, contrairement à ce que l'on peut penser, de nombreux Français sont directement concernés par cette réduction du nombre de visas.
En effet, il n'y a pas qu'une manière de devenir Français et beaucoup de nos compatriotes, nés sur le territoire national de parents étrangers ou devenus Français par naturalisation, comptent dans leur famille des personnes de nationalité algérienne, marocaine et tunisienne. Avec cette réduction du nombre de visas, nous empêchons directement certains de nos compatriotes de retrouver leur famille et leurs proches.
- En tant que député du parti Agir, proche de La République en Marche (LREM), parti de l'actuel président de la République française, Emmanuel Macron, vous affirmez avoir interpellé à plusieurs reprises le gouvernement français sur la question des quotas de visas pour le Maroc. Quelles réponses avez-vous eues ?
- Le 5 octobre 2021, lors d'une séance de Questions au Gouvernement, j'ai alerté le ministre de l'Intérieur, Monsieur Gérald Darmanin, sur les effets de la restriction du nombre de visas. Ma question était de savoir comment trouver l'équilibre entre la volonté légitime du gouvernement de faire appliquer les OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et le fait de permettre les mobilités qui font le rayonnement de la France qui sont une richesse pour notre pays.
Le ministre m'a répondu que cette décision était temporaire mais qu'elle était nécessaire afin de parvenir à une coopération avec les pays de départs des immigrés clandestins. Il a précisé que c'était une question essentielle de souveraineté pour la France, que celle-ci devait être maîtresse sur son propre territoire et pouvoir décider qui elle acceptait sur son sol et qui elle n'acceptait pas.
Néanmoins, les autorités françaises avaient à l'esprit d'impacter le moins possible les demandeurs légitimes de visa, notamment les étudiants et les entrepreneurs. C'est ce qui reste le coeur de la politique d'attribution. Chaque pays a une politique et une attitude différente vis-à-vis de la question des visas et des laissez-passer consulaires pour l'application des OQTF, je sais que la coopération entre la France et le Maroc a repris et que les autorités des deux pays travaillent ensemble.
- Cette réduction drastique a été très mal accueillie par les ressortissants marocains, dont un grand nombre s'est vu refuser sans explications le visa alors que d'autres ont décidé de se tourner vers d'autres pays européens. Une crise que seuls les ressortissants paient cher, en fin de compte. Comment remédier à cette situation ?
- Cette décision a été mal accueillie du fait de l'importance des mobilités entre la France et les pays du Maghreb. Pour nombre de Marocains, d'Algériens, et de Tunisiens, le voyage en France pour des études, pour affaires ou tout simplement pour du tourisme est un passage obligé. Par ailleurs, beaucoup d'Africains aspirent à vivre leur vie sur leur propre continent, en y investissant les bénéfices d'une expérience en France.
Fin 2020, avec ma collègue Sira Sylla, nous avions conduit une mission d'information à l'Assemblée nationale sur la politique d'attribution des visas en France. Nous y présentions un certain nombre de recommandations parmi lesquelles des ajustements techniques et réglementaires qui permettraient de réduire le délai de délivrance d'un visa ou un rééquilibrage des compétences entre le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères en matière d'attribution des visas.
Nous avions également plaidé pour l'amélioration du dispositif "passeport talent" qui permettrait l'accès à des séjours prolongés en France pour des salariés qualifiés, des chercheurs, des artistes ou des entrepreneurs.

Les autorités françaises avaient à l'esprit d'impacter le moins possible les demandeurs légitimes de visa, notamment les étudiants et les entrepreneurs.
- La crise des visas pour les professionnels marocains du Transport International Routier (TIR) sera-t-elle également réglée ?
- Depuis la fin 2021, le secteur économique marocain et le gouvernement français sont en discussion pour trouver une solution à cette crise. Le 2 décembre, le ministre français chargé du Commerce Extérieur et de l'Attractivité, Monsieur Franck RIESTER a rencontré la Fédération du Transport et de la Logistique (FTL), l'Ambassadrice de France au Maroc, Madame Hélène LE GAL, les Consuls généraux de France à Rabat, Madame Sandrine LELONG-MOTTA, et à Casablanca, Monsieur Serge MUCETTI, la conseillère économique de l'Ambassade, Madame Cécile HUMBERT-BOUVIER, ainsi qu'une délégation de la Confédération générale des entreprises du Maroc, dirigé par mon ami Chakib Alj.
Cette réunion de travail a permis d'évoquer la crise des visas pour les professionnels marocains du Transport International Routier. Les parties française et marocaine ont convenu de mettre en place une procédure claire et spécifique pour faciliter le dépôt des demandes de visas et leur obtention.
- Faciliter les démarches de demande des visas est-elle dans le programme électoral d'Emmanuel Macron, qui n'a pas encore annoncé sa candidature à sa réélection ?
- Comme vous le soulignez, le Président Emmanuel Macron n'est pas candidat à sa réélection pour le moment. Je ne peux donc pas présumer de son programme électoral. La majorité présidentielle a cependant oeuvré durant ces quatre années à la facilitation des démarches administratives, comme en témoigne l'adoption au mois de novembre 2021 de la proposition de résolution visant à reconnaître, prévenir et lutter contre le risque d'épuisement administratif des Français, proposition formulée par mon groupe parlementaire Agir Ensemble.
Je voudrais également rappeler que le Président de la République, dans son discours de Ouagadougou, a fait de la mobilité entre l'Afrique et l'Europe l'un des axes majeurs de la relation renouvelée que la France souhaite avoir avec le continent africain.
- Par ailleurs, depuis l'investiture de l'actuel président de la République, il y a eu la première prise de position officielle de la France au sujet de l'éventualité d'ouvrir un consulat au Sahara. La France ignore-t-elle ainsi les Français résidant au Sud du Maroc ?
- Non, bien évidemment la France n'ignore pas ses ressortissants qui résident au Sud du Maroc, même si l'ouverture d'un Consulat Général de France est soumise à des contraintes à la fois budgétaires et démographiques, la population française n'y étant pas encore suffisamment nombreuse. Mais je crois que nous devons renforcer la visibilité de la France dans les Provinces du Sud et y affirmer notre représentation.
C'est déjà le cas d'ailleurs et personne ne le souligne mais dans le Sud, nous avons déjà la présence de deux Ecoles françaises OSUI, homologuée par l'Education nationale française, Odette du Puigaudeau à Dakhla ainsi que l'Etablissement scolaire OSUI Paul Pascon à Laâyoune.
Nous pourrions ainsi y disposer d'un Consulat honoraire ou encore d'une Alliance ou d'un Institut français là où la demande de Francophonie est importante et où les attentes envers la France sont grandes. J'ai d'ailleurs interpellé le gouvernement français et le Quai d'Orsay en ce sens par une question écrite au gouvernement inscrite au Journal officiel de la République française.
Recueillis par Safaa KSAANI


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