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Enfants des rues : Le plan de Hayar pour cautériser une plaie sociale
Publié dans L'opinion le 19 - 10 - 2022

Sept ans après leur mise en place, les Dispositifs Territoriaux Intégrés de Protection de l'Enfance (DTIPE) se sont montrés inefficaces pour mettre fin au calvaire des enfants sans abri. Face aux députés, Aawatif Hayar a dévoilé les orientations de son département pour redresser la barre.
En 2014, le Maroc comptait plus de 7000 sans abri, dont plus de 12% étaient des mineurs. Des chiffres alarmants qui, vu la succession des crises économiques, n'auraient pas diminué depuis le temps.
A l'approche de chaque hiver, la question de l'accompagnement de cette catégorie précaire de la population refait surface à l'Hémicycle, question d'évaluer des initiatives gouvernementales pour mettre fin au calvaire des enfants, qui arrivent à survivre dans les conditions cauchemardesques des rues, principalement grâce aux aides des associations qui se mobilisent sur tous les fronts pour distribuer des repas, des médicaments, des vêtements ou encore des couvertures à ces sans domicile, voire leur trouver un hébergement.
Interpellée sur le sujet, la ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille, Aawatif Hayar, n'y est pas allée de main morte : «La Politique Publique Intégrée de la Protection de l'Enfance, dont une partie est réservée à l'accompagnement des enfants sans abri, accusait plusieurs lacunes». Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, la tutelle s'est attaquée à la problématique en prêtant une attention particulière aux institutions de protection sociale et en mettant à niveau différents centres d'assistance sociale, dont ceux spécialisés dans l'hébergement des enfants sans abri. «Une enveloppe de 200 millions de dirhams a été déployée pour la mise à niveau de 250 centres», a souligné la ministre, qui affirme que son département prépare un programme 2022-2026 qui vise, entre autres, l'accompagnement des enfants des rues et leur insertion dans la société, surtout après qu'ils aient atteint l'âge adulte.
Dans ce sillage, Hayar a souligné que les assistants sociaux mis en place dans les différents centres d'assistance sociale assurent cet accompagnement, notamment en orientant les enfants. «Qu'il ait poursuivi ou abandonné ses études, chaque enfant bénéficie de l'orientation qui lui convient», a-t-elle assuré.
Généralisation des SAMU
Par ailleurs, la tutelle a généralisé les unités mobiles (SAMU), qui fournissent des services d'aide sociale, de jour comme de nuit, selon les besoins de chaque cas. L'aide sociale comprend les services dans la rue, y compris les services de soins primaires, l'alimentation et la fourniture de vêtements et de couvertures, et sur les lieux de fréquentation des enfants sans abri, la médiation sociale pour la réinsertion familiale ou l'orientation vers un centre d'hébergement temporaire.
La généralisation des SAMUs sera finalisée en 2023, selon la ministre, pour que l'assistance des enfants soit disponible dans toutes les régions du Royaume. Le dernier bilan de ce dispositif d'aide sociale date de 2020. A l'époque, quelque 632 enfants, dont 166 filles, avaient bénéficié des services d'aide sociale mobile au niveau de Casablanca, Meknès et Tanger, et un total de 20.564 services ont été fournis, répartis entre les services précités.
Le manque de chiffres interpelle sur la nécessité d'actualiser les statistiques en la matière pour mener des actions ciblées. Un constat partagé même par la ministre, qui a souligné que les Dispositifs Territoriaux Intégrés de Protection de l'Enfance (DTIPE) «connaissaient de grands retards, particulièrement au niveau des bases de données qui n'ont pas été créées». Ceci empêche d'avoir une vision macro sur la situation des sans abri (depuis l'accueil de l'enfant jusqu'à sa réinsertion), a-t-elle déploré, notant que son département s'est penché sur cette question pour avoir un suivi efficace de cette catégorie vulnérable de la population.
D'ailleurs, l'absence d'une plateforme digitale actualisée, traçant la situation des sans abri crée un manque de coordination entre les associations, le ministère, les autorités locales et les centres de protection de l'enfance, selon Hind Laidi, présidente fondatrice de l'association « Jood ». Cela dit, Aawatif Hayar promet une solution imminente à ce problème, ajoutant que c'est une petite pièce d'un grand chantier, qui prévoit également le renforcement du dispositif des familles d'accueil pour ces enfants.
Souhail AMRABI
Repère
Convergence entre les programmes et les services publics sectoriels
Le ministère de la Solidarité, du Développement social, de l'Egalité et de la Famille, en concertation avec les acteurs aux niveaux central et territorial, et avec l'appui de l'Union Européenne et de l'UNICEF, a développé un ensemble d'outils permettant la convergence et la complémentarité des interventions des services publics décentralisés concernés par la protection de l'enfance. Dans ce cadre, les outils suivants ont été développés :
- Outil d'autodiagnostic des structures et services de protection de l'enfance au niveau des Provinces ;
- Guide d'élaboration des plans d'action provinciaux ;
- Document sur le circuit intégré pour la protection de l'enfance ;
- Protocole-cadre pour la protection de l'enfance ;
- Référentiel national unifié pour l'évaluation des situations de danger en protection de l'enfance.

L'info...Graphie
DTIPE
Kezako ?
Le programme de mise en place des Dispositifs Territoriaux Intégrés de Protection de l'Enfance (DTIPE) consiste en un ensemble de mesures visant à renforcer le système de la protection de l'enfance au niveau provincial contre les différentes formes de négligence, de violence et d'exploitation, dont les plus importantes sont : la création des comités provinciaux de la protection de l'enfance ; la mise en place des centres d'accompagnement pour la protection de l'enfance (CAPE); le développement d'un programme de formation et de renforcement des capacités dans le domaine de l'enfance; la mise en place d'un système d'information intégré provincial pour le suivi de l'enfant dans le circuit de protection, ainsi que le développement des outils pratiques qui permettent la réalisation de la convergence des programmes et services sectoriels liés à la protection de l'enfance.
Ce programme s'inscrit dans le cadre de l'opérationnalisation du deuxième objectif stratégique de la Politique Publique Intégrée de Protection de l'Enfance au Maroc (PPIPEM) 2015-2025, dont les objectifs fixés n'ont pas été atteints lors du mandat du précédent gouvernement.

Politique intégrée de protection de l'enfance
Bilan mitigé en matière d'interaction avec les associations

Cela fait plus de sept ans que le Programme National de Mise en OEuvre de la Politique Publique Intégrée de Protection de l'Enfance est en cours. En vigueur jusqu'à 2025, ce programme vise à améliorer les conditions de l'enfance au Maroc avec une approche globale. Jusqu'à présent, le bilan des actions réalisées reste mitigé en ce qui concerne les enfants sans abri. Le dernier bilan provisoire qui a été présenté date de 2019.
En gros, des actions ont été entreprises avec des objectifs très généraux. Il en ressort que 30 établissements de protection sociale pour enfants ont été mis en place en 2018, avec un budget de 9 millions de dirhams, au profit de 2776 enfants. Ce à quoi s'ajoute l'ouverture de 63 établissements sociaux pour enfants selon un cahier des charges qui englobe principalement Dar Talib (a), des centres pour enfants négligés ou abandonnés, et des enfants en situation difficile.
Au-delà du renforcement de l'infrastructure d'accueil, l'Etat ne peut à lui seul régler cette problématique sociale, d'où l'importance du rôle des associations et de leur capacité à travailler main dans la main avec les autorités compétentes. Sur ce point, le ministère de tutelle a multiplié les rencontres de concertation avec les associations oeuvrant dans le domaine de l'enfance dans le cadre du programme « Irtiqaa » de qualification des associations oeuvrant dans le domaine social.
A cet égard, 14.838 journées de formation ont été organisées et 48 formations ont été dispensées à 1230 bénéficiaires. En dépit des efforts consentis, la coordination entre le ministère de tutelle et les associations est appelée à s'améliorer pour une meilleure coopération. Plusieurs associations se plaignent toujours du manque de dialogue et de liens avec les centres de protection de l'enfance et les autorités compétentes.

Trois questions à Hind Laidi
« Nous manquons d'informations sur les centres d'accueil des enfants »

Hind Laidi, présidente de l'Association « Jood », a répondu à nos questions sur les défis rencontrés par les associations de protection des enfants sans abri.
- Concernant les sans abri, selon votre expérience, le nombre des enfants a-t-il augmenté par rapport aux autres catégories d'âge ?
- Le recensement et l'identification des personnes sans abri demeurent très difficiles. En ce qui nous concerne, nous avons mis en place un camion équipé d'une machine à reconnaissance digitale.
À mon avis, c'est le seul moyen pour recenser des gens en mouvement permanent et sans pièces d'identité. Au début, nous avons déployé ce dispositif de reconnaissance au niveau des régions de Casablanca et d'El Jadida où nous avons trouvé que les enfants de moins de quinze ans représentaient 17% de la population des sans abri que nous avons échantillonnée. Cette proportion est plus élevée dans des villes comme Tanger où nous avons également déployé le camion de reconnaissance. A Tanger, je le rappelle, la proportion des enfants sans abri s'élève à 48%, la plupart d'entre eux sont des mineurs candidats à l'immigration clandestine venus de toutes les régions du Maroc. Quoiqu'il en soit, les chiffres sont alarmants.
- Quels sont les défis et les problèmes que vous rencontrez dans la prise en charge des enfants ?
- Ils sont nombreux. D'abord, quand on trouve un enfant et qu'on veut le réinsérer, nous n'avons pas le droit de le déplacer sans l'autorisation de la Justice. Ceci est d'autant plus difficile qu'on peine souvent à contacter les autorités judiciaires de nuit, sachant que les enfants SDF sont difficilement repérables de jour.
En outre, il n'existe pas assez d'informations concernant les centres où on peut placer les enfants repérés. Il n'y a pas de plateforme par laquelle on peut savoir où trouver les lits disponibles. Sur ce, nous avons proposé de mettre en place une plateforme qui englobe tous les centres avec toutes les données relatives à leur capacité d'accueil et l'identité des personnes prises en charge. Un tel dispositif est indispensable.
- La ministre de tutelle a parlé d'un futur programme de recensement et de traçabilité des enfants SDF, qu'en pensez- vous ?
- L'idée est excellente. Encore faut-il savoir la mettre en oeuvre d'autant qu'on sait très bien combien il est difficile de repérer des personnes en constante mobilité et sans pièces d'identité. Il est également important d'avoir des financements pour les associations afin qu'elles puissent faire leur travail en partenariat avec les autorités compétentes.
Recueillis par A. MACHLOUKH


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