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Interview avec Ali Seddiki : « La Charte d'investissement inversera la répartition entre le public et le privé »
Publié dans L'opinion le 30 - 10 - 2022

L'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) prépare le manuel des procédures de la Charte d'investissement. Avec ce manuel, l'acte d'investir sera considérablement facilité, promet le patron de l'Agence d'exécution de la nouvelle charte.
- A l'occasion de la rentrée parlementaire, SM le Roi a donné la priorité à l'investissement. L'objectif stratégique recherché du Pacte national pour l'investissement est d'encourager davantage le secteur privé à investir. Concrètement, quelles sont les mesures mises en place pour booster sa contribution ?
- En effet, SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a de nouveau insisté sur l'investissement comme moteur du développement économique et social, dans son discours prononcé le 14 octobre à l'occasion de l'ouverture de la session parlementaire, fixant l'objectif de 550 milliards de MAD d'investissement et de 500.000 nouveaux emplois sur la période 2022-2026.
Le projet de loi-cadre 03-22 formant charte de l'investissement, tel que proposé par le gouvernement et approuvé par la Chambre des Représentants le 18 octobre, est un élément clef pour atteindre ces objectifs. La charte d'investissement a pour ambition d'inverser la répartition actuelle entre l'investissement public et l'investissement privé afin de porter ce dernier aux deux tiers de l'investissement total à l'horizon 2035, conformément à l'esprit du Nouveau Modèle de Développement.
Les orientations de la charte d'investissement sont claires. Elle s'adresse à tous ceux qui souhaitent participer à cette nouvelle phase de développement du Royaume, à tous ceux qui se projettent dans un avenir prometteur. Elle offre à la fois un cadre lisible et transparent, incitatif et attractif. La charte s'adresse à tous les investisseurs, de la TPME au grand groupe, aux investisseurs nationaux ou étrangers ainsi qu'aux entreprises marocaines souhaitant se développer à l'international.
En plus de soutenir directement les investissements, la charte prévoit de poursuivre l'amélioration de l'environnement des affaires consolidant le climat de confiance qui fait du Maroc une terre propice à l'investissement et à l'entrepreneuriat. Nous voulons instiger une nouvelle façon d'entreprendre et de prendre des risques. C'est pourquoi la simplification des procédures, la simplification de l'acte d'investir sont au coeur de la charte pour insuffler l'impulsion nécessaire à notre économie.
- Le rôle des banques et des organismes de financement est également fondamental pour la réussite de ce chantier. Comment le secteur bancaire et financier a-t-il été associé à l'élaboration du projet de Charte d'investissement ?
- En effet, le discours royal du 14 octobre a souligné le rôle du secteur bancaire dans la promotion de l'investissement et le soutien de «la nouvelle génération d'entrepreneurs et d'investisseurs, notamment les jeunes, ainsi que les petites et moyennes entreprises » et SM le Roi Mohammed VI a «exhorté le gouvernement, en partenariat avec les secteurs privé et bancaire, à traduire leurs engagements respectifs dans un Pacte National pour l'Investissement». Intégrant ces enjeux, le travail d'élaboration de la nouvelle charte de l'investissement a été le fruit d'un travail de longue haleine, concerté et inclusif.
Ainsi, le secteur bancaire, à travers ses représentants, a été consulté et impliqué dès le départ au même titre que le secteur privé pour arriver à un modèle équilibré, à même de satisfaire à la fois les objectifs stratégiques de l'Etat et le besoin de soutien des opérateurs économiques. Nous continuons de travailler de manière étroite et concertée avec la CGEM et le GPBM afin de définir les engagements de chaque partie, notamment en termes d'objectifs mesurables, en termes d'investissement et de création d'emplois, et ce, pour atteindre les objectifs communs définis par la nouvelle charte de l'investissement.
- Quelle est la pierre que pourrait apporter l'AMDIE à cet édifice ?
- Rattachée au ministère de l'Investissement, de la Convergence et de l'Evaluation des politiques publiques, l'AMDIE est le bras exécutif de la stratégie nationale d'investissement et de la nouvelle charte de l'investissement. Un des rôles clefs de l'AMDIE réside donc dans l'opérationnalisation de la nouvelle charte d'Investissement, avec une première étape consistant à la décliner dans des dispositifs simples et des procédures claires et efficaces. C'est la raison pour laquelle nous avons lancé une consultation pour préparer un manuel de procédures qui permettra le déploiement de cette charte.
En organisant cette étape en amont, nous nous sommes donné les moyens pour que la mise en oeuvre par l'AMDIE et l'ensemble des parties prenantes puisse être immédiate dès la promulgation de la charte. Avec ce manuel, tout investisseur saura de manière très lisible de quel dispositif il peut bénéficier et comment y accéder. L'objectif est de rendre les dispositifs de soutien de l'Etat les plus accessibles possibles en vue de faciliter l'acte d'investir. Par ailleurs, l'AMDIE continuera à accompagner les projets d'investissement en mettant à la disposition des porteurs de projets toute l'expertise des professionnels de l'Agence.
- Dans ce contexte de crise, quels sont les secteurs qui attirent le plus d'investisseurs ?
- L'un des secteurs les plus prometteurs est celui de l'automobile où le Maroc a la capacité à se positionner en futur hub régional de la mobilité verte, comme en atteste la production de la Citroën AMI, et de l'Opel ROCKS-E de Stellantis à Casablanca, ou encore l'annonce récente de Renault de démarrer la production de la Duo Mobilize dans son usine de Tanger à partir de janvier 2023.
Le Royaume est également très attractif pour le secteur aéronautique: Premier acteur africain de l'industrie, avec une base de plus de 140 fournisseurs autour de grands donneurs d'ordres internationaux comme Boeing, Airbus, Safran ou encore Spirit Aerospace, le positionnement réussi du Maroc dans cette industrie de pointe souligne les performances des compétences marocaines.
Le lancement récent de l'assemblage des fuselages des A220 d'Airbus au sein du site de Spirit à Casablanca illustre une étape supplémentaire de l'intégration du Royaume dans cette chaîne de production mondiale. L'engineering n'est pas en reste, avec l'inauguration par Oracle de son nouveau centre de recherche en intelligence artificielle et en machine learning à Casablanca. Sans oublier le secteur des énergies renouvelables, soutenu par la vision royale, et qui aujourd'hui, particulièrement dans le contexte énergétique international, peut pleinement profiter des ressources compétitives en vent et en ensoleillement dont dispose le Maroc mais aussi de ses avantages sur l'hydrogène.
- Ceci nous amène vers la compétitivité du label Made in Morocco, quelles actions faudrait-il privilégier pour promouvoir une offre locale et à l'export, qui soit compétitive et de qualité ?
- Le Maroc dispose d'une très forte compétitivité. Nos entreprises produisent selon les standards mondiaux de leur industrie et avec un rapport qualité-prix parmi les plus attractifs dans la région. Les exemples sont multiples, les témoignages des groupes internationaux installés au Maroc vont systématiquement dans ce sens. Il est important de valoriser ces réalisations et de faire évoluer la perception du Maroc sur le plan économique, y compris à l'intérieur du pays. C'est ce à quoi oeuvre l'AMDIE à travers la communication et les rencontres d'affaires.
En parallèle, nous devons continuer à supporter la compétitivité de nos entreprises, notamment à travers les coûts de l'énergie et de la logistique ou à travers la formation. Cela fait partie des chantiers de réforme structurants qui accompagneront la mise en place de la nouvelle charte d'investissement. Les stratégies de neutralité carbone des grands pays industrialisés constituent, par ailleurs, une opportunité pour notre industrie nationale grâce à nos ressources naturelles éoliennes et solaires et aux investissements réalisés depuis 2009. En systématisant les productions à partir d'énergies renouvelables, nous améliorons la valeur du produit, tout en réduisant son coût de fabrication.
La majorité de nos concurrents sur les marchés internationaux ne disposent pas de ce même avantage qui devient un facteur déterminant pour nos clients. A ce titre, la récente signature d'un Partenariat vert avec l'UE, faisant du Royaume le premier pays à conclure un accord de ce type avec Bruxelles, formalise davantage ce levier de compétitivité.

Nous devons continuer à supporter la compétitivité de nos entreprises
- L'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) a pris part, en tant que partenaire officiel, au congrès international de l'automobile «Automobilwoche» qui s'est déroulé à Berlin les 25 & 26 Octobre derniers, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
- Il s'agit de l'un des plus prestigieux rassemblements des décideurs de l'industrie automobile mondiale qui se déplacent pour échanger sur le futur du secteur. Carlos Tavares, CEO de Stellantis, Matt Harrison, Président & CEO de Toyota Motor Europe, Clotilde Delbos, Deputy CEO du Groupe Renault, et Murat Aksel, Directeur des achats du Groupe Volkswagen, étaient présents. Ces rencontres et échanges se font dans un cadre particulier, qu'offre Automobilwoche, puisqu'il s'agit d'un événement très qualitatif, dont les participants sont triés sur le volet. Un événement, en résumé, en ligne avec le nouveau positionnement de la marque Maroc.
Une importante délégation marocaine, présidée par M. Mohcine Jazouli, ministre Délégué auprès du Chef du Gouvernement chargé de l'Investissement, de la Convergence et de l'Evaluation des Politiques publiques, accompagné des équipes de l'AMDIE, s'est rendue à ce congrès d'envergure, pour conforter la position du Maroc dans la chaîne de valeur des véhicules électriques et de la neutralité carbone.
Recueillis par Safaa KSAANI


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