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BNP Paribas : L'économie marocaine sous d'heureux auspices
Publié dans L'opinion le 04 - 12 - 2024

Consolidation de la demande intérieure, bonne tenue des principales sources de devises (exportations de marchandises, transferts privés, recettes touristiques)... Autant de signaux positifs qui caractérisent l'économie marocaine, malgré les défis.
L'économie marocaine continue de résister, à en croire BNP Paribas. « Après un rebond à 3,4% en 2023, la croissance va décélérer et passer sous les 3% en 2024. Elle n'a ainsi atteint que 2,5% en glissement annuel en moyenne sur les six premiers mois de l'année », souligne la Banque française dans une nouvelle note de recherche sur les pays émergents.

La contraction de 5% de la valeur ajoutée agricole, en raison d'une nouvelle sécheresse, explique l'essentiel du ralentissement, ajoute la même source.
Hors agriculture, l'activité reste, en revanche, soutenue à 3,3% en glissement annuel au premier semestre 2024, soit un rythme similaire à sa dynamique pré-pandémique. « Surtout, les moteurs de la croissance se rééquilibrent à mesure que les chocs se dissipent », indique BNP Paribas.

Et de poursuivre qu'en 2022 et au premier semestre 2023, l'activité a été principalement tirée par les échanges extérieurs de biens et services. Néanmoins, leur contribution à la croissance est redevenue négative depuis le second semestre 2023. Cette situation n'inquiète pas dans la mesure où la plupart des secteurs tournés vers l'extérieur enregistrent toujours des performances solides, affirme la Banque.

Demande intérieure, recettes touristiques

Elle note, par ailleurs, que les exportations de marchandises et les recettes touristiques affichaient, à fin août 2024, des hausses respectives de 5,5% et 7,1%. En parallèle, la demande intérieure a continué de montrer des signaux encourageants de consolidation, en particulier l'investissement qui se redresse fortement depuis le quatrième trimestre 2023 après deux années difficiles.

BNP Paribas constate également que la bonne résistance de la consommation privée se confirme. « Malgré une confiance des ménages en berne en raison notamment d'un marché du travail dégradé, elle progresse désormais à un rythme annuel légèrement supérieur à 3% », est-il souligné. Cette performance trouve son explication dans deux facteurs de soutien qui vont perdurer : les transferts financiers significatifs de la diaspora marocaine et la baisse de l'inflation.

A ce sujet, la Banque française fait savoir que le risque inflationniste au Maroc s'est nettement réduit. « L'inflation des prix à la consommation a rapidement baissé depuis le pic de 10% en glissement annuel atteint au début 2023. Elle oscille désormais autour de 1% grâce au reflux de l'inflation des prix alimentaires, dont l'envolée à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine avait contribué aux 3⁄4 de la hausse de l'indice des prix à la consommation (IPC) », constate la même source.

Hors alimentation, l'inflation est restée beaucoup plus contenue, passant d'un point haut à 5% à la mi-2022 à 1% en septembre 2024, notamment grâce à la baisse des cours mondiaux de l'énergie.

Dans ce contexte, l'institution financière française rappelle que les autorités monétaires ont procédé à une première baisse de taux de 25 points de base (pb) à 2,75% en juin 2024, puis maintenu le statu quo en septembre.


Comptes extérieurs et budgétaires

« Malgré des cours du pétrole élevés (15-20% des importations totales du Maroc) et une conjoncture dégradée en Europe, le principal partenaire commercial du Maroc, le déficit courant s'est fortement réduit en 2023, pour atteindre 0,6% du PIB. Il va se creuser cette année sous l'effet d'une hausse des importations due à la fois par les nouveaux projets d'investissement et la hausse des besoins de biens alimentaires (liée à la mauvaise campagne agricole) », ressort-il de cette note de recherche.

Une telle donne ne devrait, cependant, pas inciter au pessimisme. « La bonne tenue des principales sources de devises (exportations de marchandises, transferts privés, recettes touristiques) devrait permettre de maintenir le déficit courant entre 1 et 2% du PIB », explique-t-on.

« Ce niveau modéré de déficit n'est pas une source d'instabilité pour une économie qui bénéficie par ailleurs d'entrées de capitaux robustes », ajoute la Banque.
De plus, poursuit-elle, les réserves de change avoisinent les six mois d'importations.
Elle estime aussi qu'avec une dette extérieure inférieure à 50% du PIB et des primes de risque revenues à leur niveau pré-pandémie, le Maroc dispose aussi de leviers pour emprunter sur les marchés financiers internationaux si nécessaire.

Finances publiques

En outre, BNP Paribas indique que les finances publiques au Maroc sont solides. « Depuis le choc de la pandémie, le déficit budgétaire s'est contracté de presque 3 points de PIB (à 4,4% du PIB en 2023) en dépit d'une conjoncture parfois défavorable, de l'effort soutenu du gouvernement en termesd'investissement (+1,7 points de PIB entre 2019 et 2023) et de la mise en place de réformes coûteuses (refonte du système de protection sociale : 1,5-2% du PIB par an) », écrit la note.

Et d'ajouter que le déficit devrait se stabiliser à 4,3% du PIB en 2024 puis se réduire à nouveau en 2025, grâce notamment à la poursuite de la réforme du système de subventions. « Selon la nouvelle loi de finances, le déficit budgétaire serait ainsi ramené à 3,5% du PIB en 2025, un objectif ambitieux mais crédible au regard de la bonne tenue du programme de consolidation des finances publiques jusqu'à présent. Ce faisant, la dette du gouvernement poursuivrait sa lente décrue. À 69,5% du PIB, elle reste élevée mais son profil est favorable. À peine un quart du stock de dette est libellé en devises », rappelle la Banque.

De plus, poursuit-elle, l'assouplissement de la politique monétaire ne peut qu'améliorer des conditions de financement déjà avantageuses pour le Trésor public.

Investissements étrangers

Autre point soulevé dans cette analyse : les annonces de nouveaux projets d'investissements directs étrangers (IDE) ont été multipliées par cinq au cours des deux dernières années.

Le Maroc est le pays où la part de nouveaux projets ramené en points de PIB est la plus élevée comparée à d'autres pays « connecteurs » : 14% en 2023 contre moins de 2% pour le Mexique et la Turquie.

En outre, cette envolée s'accompagne de l'émergence d'un nouvel investisseur : la Chine. Cette dernière représente historiquement moins de 2% des flux d'IDE, mais compte pour presque 30% des annonces de projets d'IDE en 2022-2023.
Le poids grandissant dans la composition des IDE du secteur manufacturier, désormais principal récipiendaire, traduit aussi une intégration accrue dans les chaînes de valeur mondiales, ajoute la même source.

L'impact pourrait être considérable, affirme BNP Paribas, pensant qu'il pourrait endiguer un chômage qui ne cesse d'augmenter.
Le Maroc vient de connaitre de profondes mutations avec le développement de la filière automobile, ajoute la Banque, soulignant que les exportations de ce secteur ont plus que triplé en une décennie. Ce qui a considérablement amélioré la capacité de résistance de l'économie à des chocs extérieurs sans pour autant relever son potentiel de croissance.

Côté perspectives, BNP Paribas prévoit, sous l'hypothèse d'une une meilleure campagne agricole et une bonne tenue de l'investissement, une croissance économique à 4% en 2025. « Malgré la persistance de risques qui pèsent, en particulier, sur les cours mondiaux du pétrole, la dynamique des finances publiques et extérieures devrait rester sous contrôle sans entraver la capacité des autorités à soutenir l'économie et à mener à bien plusieurs chantiers structurants, dont l'extension de la couverture sociale est sans doute le projet le plus ambitieux », fait valoir la Banque.

BAM poursuivra-t-il le mouvement de baisse du TD ?
A en croire BNP Paribas, de nombreux voyants sont au vert au Maroc : ré-ancrage des anticipations d'inflation proches des 2% contre presque 5% au T2 2023, environnement extérieur plutôt favorable grâce notamment à l'assouplissement de la politique monétaire de la BCE et de la Fed (le MAD est arrimé à 60% à l'euro et 40% au dollar).
D'un autre côté, la vigueur de la demande domestique, ou encore les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient pourraient inciter la Banque centrale à temporiser de nouveau. De plus, les conditions monétaires sont toujours accommodantes. Le taux directeur (TD) réel est redevenu positif mais il demeure en dessous du taux neutre, estimé par le FMI à 1-1,5%.

Quoi qu'il en soit, BNP Paribas pense que Bank Al-Maghrib (BAM) dispose de marges de manœuvre plus confortables pour piloter sa politique monétaire, d'autant que les risques macro-financiers sont également contenus.

Dégradation continue du marché du travail
La dégradation continue du marché du travail soulève des questions de fond, souligne BNP Paribas, indiquant que le taux de chômage culmine désormais à 13,6%, soit 3 points de plus que son niveau pré-pandémique, tandis que le taux d'activité ne cesse de reculer. De fait, le Maroc perd en moyenne plus de 90.000 emplois chaque année depuis 2020, ce qui peut s'expliquer en grande partie par la multiplication des épisodes de sécheresse (le secteur agricole contribue pour 30% de l'emploi) mais pas seulement.

La Banque française estime aussi que les limites du modèle économique du Maroc étaient déjà visibles avant 2020. La croissance économique moyenne a ralenti de 5% par an sur la première partie des années 2000 et à 3-3,5% sur la période 2015-2019. De plus, son contenu en emplois s'est détérioré. Chaque point de PIB supplémentaire ne générait déjà plus que 12.400 emplois entre 2010 et 2019 contre 31.300 entre 2001 et 2009. En cas de choc dans l'agriculture, l'économie n'est donc plus en mesure d'absorber les destructions d'emplois de ce secteur.

La Banque française pense enfin que la situation ne devrait pas s'améliorer dans les années à venir au regard de la vulnérabilité du Maroc au changement climatique et l'absence d'accélération attendue de la croissance économique.



Pronostics de croissance du FMI
Selon les prévisions du FMI, la croissance économique au Maroc devrait atteindre 3,4% par an en moyenne sur la période 2026-2029. Elle resterait parmi les plus élevées des pays importateurs de pétrole de la région, mais insuffisante pour satisfaire les besoins de développement économique et social du Maroc, souligne BNP Paribas.


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