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Etats-Unis : Expulsions et menaces de guerre commerciale, comme mesures chocs de Trump
Publié dans L'opinion le 20 - 01 - 2025

Immigration, droits des personnes transgenres, environnement, commerce international, Ukraine... Donald Trump a promis, dès son retour à la Maison Blanche, une flopée de mesures, qui seront souvent prises par décrets.
Des décisions radicales qui mettront immédiatement à l'épreuve sa marge de manœuvre institutionnelle. Tour d'horizon de promesses parfois vagues mais toujours spectaculaires.
"Dès que j'aurai prêté serment, je lancerai le plus grand programme d'expulsions de l'histoire américaine", a assuré le républicain pendant sa campagne.
Le président élu veut aussi, dès le premier jour, mettre fin au droit du sol, qu'il juge "ridicule". Selon le Wall Street Journal, Donald Trump va notamment déclarer, dès lundi, l'état d'urgence à la frontière avec le Mexique.
Selon les estimations, environ 11 millions de personnes résident clandestinement aux Etats-Unis.
Le président des Etats-Unis peut prendre certaines décisions immédiatement par simple décret - les experts s'attendent à ce qu'il supprime une application utilisée par les demandeurs d'asile, ou un programme spécifiquement conçu pour les migrants en provenance d'Haïti, de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela.
Mais son pouvoir a des limites. Le droit du sol est par exemple garanti par la Constitution, et tout programme d'expulsions pourrait buter sur des recours en justice.
"Le 20 janvier, pour l'un de mes nombreux premiers décrets, je signerai tous les documents nécessaires pour imposer au Mexique et au Canada des droits de douane de 25% sur TOUS les produits entrant aux Etats-Unis", avait annoncé fin novembre Donald Trump.


Provocation ou coup de bluff ?

Cette menace de guerre commerciale avec les pays voisins, auxquels Washington est lié par un accord de libre-échange, est-elle réaliste ou s'agit-il d'un coup de bluff avant de négocier, tout comme les provocations à répétition sur une annexion du Canada ?
Donald Trump justifie ce projet comme une mesure de rétorsion à l'entrée aux Etats-Unis de drogues et de migrants clandestins.
Le président élu a aussi menacé le grand rival chinois d'une hausse des taxes douanières de 10%, venant s'ajouter à celles, sur certains produits, déjà imposées lors de son premier mandat.
Le 6 janvier 2021, une foule de partisans de Donald Trump a pris d'assaut le Capitole pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden, et près de 1.270 personnes ont été condamnées.
Il répète depuis longtemps qu'il pourrait décider d'en gracier et, dimanche en meeting, Donald Trump a assuré à ses partisans qu'ils seraient "très heureux" de la décision qu'il prendra en la matière lundi.
Avant l'accord entre Israël et le Hamas annoncé mercredi, le président élu avait dit que le mouvement islamiste palestinien vivrait un "enfer" s'il ne libérait pas les otages détenus à Gaza. Il a aussi promis un soutien sans faille à Israël dans un conflit qui dure depuis 15 mois.

Mettre fin aux idéologies de la gauche radicale


Mais il n'a pas précisé ce qu'il entendait exactement par là. Donald Trump veut aussi mettre fin à la guerre en Ukraine, déclenchée en février 2022 par l'invasion russe, selon un calendrier qui fluctue. Après avoir parlé de faire cesser les hostilités en 24 heures, il a évoqué plus récemment un horizon de six mois.
"Drill baby, drill": le slogan pro-forage pétrolier a été répété à l'envi par Donald Trump, un climatosceptique qui veut doper l'extraction d'énergies fossiles dès le 20 janvier.
Il a par exemple assuré qu'il annulerait "immédiatement" une récente décision de Joe Biden consistant à interdire très largement l'exploitation d'hydrocarbures en mer. Pas sûr qu'il puisse le faire sans passer par le Congrès.
Le républicain a également exprimé sa forte opposition aux véhicules électriques, malgré son alliance avec Elon Musk, patron de Tesla.
"D'un simple trait de plume, dès le premier jour, nous mettrons un terme au délire transgenre", a récemment assuré le président élu, qui a promis d'"exclure les transgenres" de l'armée et des écoles.
Il a répété dimanche vouloir mettre fin aux "idéologies +woke+ de la gauche radicale".


Téhéran espère une "approche réaliste" de la part du gouvernement Trump
L'Iran souhaite que le nouveau gouvernement américain adopte une "approche réaliste" envers Téhéran, a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à quelques heures de l'investiture de Donald Trump.
"Nous espérons que les approches et les politiques du [futur] gouvernement américain seront réalistes et fondées sur le respect des intérêts (...) des nations de la région, y compris la nation iranienne", a dit Esmaïl Baghaï, au cours de sa conférence de presse hebdomadaire.
Cette déclaration survient à quelques heures du retour au pouvoir à Washington de Donald Trump, artisan d'une politique dite de "pression maximale" envers l'Iran durant son premier mandat (2017-2021).
Sous la première présidence de Donald Trump, les Etats-Unis s'étaient retirés en 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien, conclu trois ans auparavant et qui offrait à Téhéran un allègement des sanctions en échange d'une limitation de ses ambitions nucléaires.
En représailles au retrait de Washington qui a réimposé de lourdes sanctions, Téhéran a considérablement augmenté ses réserves de matières enrichies et porté le seuil à 60%, s'approchant des 90% nécessaires pour fabriquer une arme atomique, selon la définition de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Téhéran, qui a exprimé son souhait de relancer des négociations pour ranimer l'accord, défend un droit au nucléaire à des fins civiles et nie vouloir se doter de l'arme atomique, ce dont les Occidentaux le soupçonne fortement.
La résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui endossait l'accord de 2015 conclu entre l'Iran et la France, l'Allemagne, et le Royaume-Uni ainsi que les Etats-Unis, la Russie et la Chine, expire en octobre 2025.
Les trois pays européens ont évoqué en décembre le possible recours au mécanisme réimposant des sanctions contre l'Iran "pour l'empêcher d'acquérir l'arme nucléaire".
"Si ce levier est utilisé de manière abusive pour faire pression sur l'Iran ou obtenir des concessions, notre réponse sera réciproque et proportionnée", a réagi lundi M. Baghaï.
"L'Iran a clairement indiqué que dans ce cas, il n'y aurait plus aucune raison de rester dans certains accords", a-t-il ajouté, allusion au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des questions juridiques, Kazem Gharibabadi, avait averti en novembre que son pays "se retirerait" de ce traité si les Occidentaux décidaient de rétablir des sanctions à l'encontre de l'Iran.


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