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Economie : Une croissance vigoureuse mais sous contrainte de financement
Publié dans L'opinion le 30 - 09 - 2025

Avec une progression de 5,5 % au deuxième trimestre 2025, l'économie marocaine signe l'une de ses meilleures performances récentes, portée par la consommation, l'investissement et le rebond agricole. Mais derrière cette dynamique encourageante, le Haut- Commissariat au Plan (HCP) alerte : la machine tourne à crédit. Les importations, en hausse de près de 16 %, creusent le déficit extérieur et fragilisent la soutenabilité de la reprise. L'épargne nationale ne suit pas le rythme de l'investissement, aggravant le besoin de financement à 3,2 % du PIB. Autrement dit, si le Maroc confirme sa résilience, il demeure exposé aux chocs des marchés internationaux. La question n'est plus seulement de croître, mais de croître durablement, en transformant cette vitalité en un modèle plus équilibré et moins dépendant.
Au deuxième trimestre 2025, le PIB en volume corrigé des variations saisonnières progresse de 5,5 %, un rythme bien supérieur à celui enregistré au printemps 2024 (+3 %). Ce rebond s'explique par la vigueur de la demande intérieure, qui enregistre une hausse de 9,2 % contre 6,6 % un an plus tôt, contribuant à hauteur de 9,9 points à la croissance nationale.
Dans ce mouvement, l'investissement brut se distingue avec une progression importante de 18,9 %, contre 14,3 % un an auparavant, apportant à lui seul 5,6 points de croissance. De leur côté, les dépenses de consommation finale des ménages progressent de 5,1 %, contre 3,3 % l'année précédente, contribuant à hauteur de 3 points. Quant à la consommation des administrations publiques, elle s'établit à +6,5 % contre 5,1 % un an plus tôt, soit une contribution de 1,2 point à la croissance.
Ces chiffres traduisent une dynamique où la consommation et l'investissement domestiques demeurent les moteurs essentiels de l'activité, dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée, limitée à 2,3 % contre 3,9 % au deuxième trimestre 2024.

Le retour de l'agriculture et la vitalité des services

Le secteur primaire contribue positivement après une année difficile. Sa valeur ajoutée croît de 4,2 %, alors qu'elle avait reculé de 4,8 % au deuxième trimestre 2024. L'agriculture enregistre une hausse notable de 4,7 %, alors que la pêche reste en recul, à –7,7 %, confirmant une tendance structurelle de fragilité dans ce sous-secteur.
Les activités secondaires affichent une croissance particulièrement marquée de 7,4 % en volume, bien au-delà des 3,1 % enregistrés un an plus tôt. Les performances sont visibles dans le bâtiment et travaux publics (+6,7 %), l'électricité et eau (+8,9 % après une baisse de 5,2 % en 2024) et les industries de transformation (+6,9 %). Seul bémol : le ralentissement des industries extractives, dont la croissance chute à 10,9 % après un pic de 20 % un an plus tôt.
Le secteur tertiaire, quant à lui, maintient une dynamique solide avec une croissance de 4,8 %, contre 4,2 % au deuxième trimestre 2024. Cette progression s'appuie sur la bonne tenue de l'hébergement et restauration (+10,5 %), des services publics (+4,8 %), du commerce et réparation automobile (+4,4 %) et de la recherche et développement (+4,2 %). En revanche, le transport et entreposage (+4,3 % après +7,9 %) ainsi que l'éducation et la santé (+5,7 % après +6,4 %) connaissent un ralentissement relatif.

Echanges extérieurs : Une contribution négative persistante

Si la demande intérieure tire fortement la croissance, le commerce extérieur agit comme un frein. Les importations de biens et services progressent de 15,7 %, contre 13,6 % en 2024, pesant pour –7,9 points sur la croissance. En parallèle, les exportations augmentent de 8,5 %, après +6,3 % un an plus tôt, contribuant pour +3,6 points.
Au final, les échanges extérieurs dégagent une contribution négative nette de –4,4 points, confirmant la dépendance structurelle du Maroc à ses importations, malgré la progression notable des ventes à l'étranger. Cette situation met en lumière un déséquilibre commercial persistant, qui fragilise la soutenabilité de la croissance.

Un besoin de financement qui s'aggrave

L'autre signal préoccupant du rapport concerne le financement de l'économie nationale. Le revenu national brut disponible croît de 7,2 % contre 6,8 % en 2024, mais la hausse de l'investissement (32,5 % du PIB contre 30 % un an plus tôt) dépasse l'évolution de l'épargne nationale (29,3 % du PIB contre 28,4 %).
Résultat : le besoin de financement de l'économie se creuse à 3,2 % du PIB, contre 1,6 % au deuxième trimestre 2024. Autrement dit, la vigueur de la croissance repose sur une mobilisation accrue de ressources extérieures, ce qui alourdit la dépendance financière et la vulnérabilité vis-à-vis des marchés internationaux.

Un contexte favorable, mais fragile

Cette croissance soutenue intervient dans un environnement où l'inflation reste contenue, ce qui offre un répit aux ménages et un climat favorable à l'investissement. Toutefois, la dépendance aux importations, l'endettement croissant et la fragilité de certains secteurs, comme la pêche ou le transport, révèlent les limites structurelles du modèle actuel.
Le contraste est frappant : d'un côté, une économie nationale qui s'appuie sur la consommation et l'investissement domestiques, renforcés par la reprise agricole et le dynamisme industriel ; de l'autre, un commerce extérieur structurellement déficitaire et un financement de plus en plus coûteux.

Le défi de la soutenabilité

L'amélioration de la croissance au deuxième trimestre 2025 constitue indéniablement une bonne nouvelle pour le Maroc, confirmant la résilience de son tissu productif. Mais cette embellie reste fragile tant qu'elle ne s'accompagne pas d'un rééquilibrage externe. La montée des importations traduit un besoin d'équipements et de biens intermédiaires pour soutenir l'investissement, mais elle creuse aussi les déséquilibres extérieurs.
À moyen terme, le défi central réside donc dans la capacité à transformer la croissance quantitative en croissance qualitative : améliorer la productivité, diversifier davantage les exportations, développer des filières à forte valeur ajoutée, et renforcer l'épargne nationale pour réduire la dépendance aux financements extérieurs.

Un élan à consolider

Avec un taux de croissance de 5,5 % au deuxième trimestre 2025, le Maroc enregistre l'une de ses meilleures performances récentes, soutenue par la demande intérieure, la reprise agricole et le dynamisme des industries de transformation et des services. Mais cette vitalité s'accompagne d'un besoin de financement aggravé et d'un commerce extérieur déficitaire, qui posent la question de la soutenabilité à moyen et long terme.
La réussite des prochaines années dépendra de la capacité des pouvoirs publics à transformer cette phase de reprise en un cycle durable, en consolidant la compétitivité, en diversifiant les sources de croissance et en renforçant la résilience financière du pays.


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