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Santé : Renaissance Royale pour le CHU de Rabat [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 04 - 11 - 2025

Le Complexe Hospitalo-Universitaire de Rabat, alliant innovation médicale et formation, incarne une nouvelle ère pour la santé au Maroc. Mais encore ?
SM le Roi Mohammed VI a procédé, lundi, à l'inauguration du Complexe Hospitalo-Universitaire International Mohammed VI de Rabat, une structure de référence internationale qui offre une prise en charge médicale de pointe au niveau national et une formation de haut niveau dans les métiers de la santé. Véritable emblème d'une nouvelle ère d'infrastructures sanitaires modernes et intelligentes, le Complexe Hospitalo-Universitaire International Mohammed VI de Rabat vise à garantir à l'ensemble des citoyens un accès équitable à des services de santé de dernière génération. Il s'appuie sur un établissement hospitalier intégrant les innovations médicales les plus avancées et adossé à une structure universitaire de référence et de recherche.
Centré sur le patient, ce complexe propose des parcours de soins intégrés et personnalisés, garantissant confort, sécurité et qualité. L'établissement constitue aussi un terrain d'apprentissage privilégié pour les étudiants de l'Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé, leur permettant une immersion dans des environnements cliniques et technologiques de pointe. Selon Dr Tayeb Hamdi, médecin généraliste, chercheur en politique et en science de la santé, «au niveau de la qualité des soins de ce complexe, la plus-value est très claire: avec des équipements de pointe, une innovation de qualité, un hôpital de nouvelle génération, tous les moyens sont mis à l'œuvre au service de l'humain, en l'occurrence le patient. C'est, en d'autres termes, un hôpital qui prend en compte la dimension humaine du patient bien avant sa maladie».
Aussi, ajoute-t-il que «l'architecture de l'hôpital est mise au service du bien-être du patient, de sa famille et/ou de ses accompagnateurs. La «human touch» de cet établissement est, donc, aussi importante que ses équipements technologiques de la dernière heure. Il s'agit ici de la définition même du concept d'un hôpital de nouvelle génération qui englobe l'innovation, l'accompagnement et l'empathie humaine».
Construit sur une superficie de 280.000 m2, ce complexe regroupe deux entités complémentaires : l'Hôpital Universitaire International Mohammed VI de Rabat (190.000 m2) et l'Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé de Rabat (90.000 m2).
Avec une capacité initiale de 600 lits, extensible à 1000 lits, l'hôpital compte plus de 30 pôles d'excellence médico-chirurgicaux et médico-techniques, couvrant des spécialités telles que la chirurgie robotique, la neurochirurgie, la cardiologie interventionnelle, l'oncologie, la radiothérapie et l'imagerie médicale de pointe.
L'établissement dispose de 24 salles opératoires ultramodernes, dont 19 concentrées dans un bloc opératoire intégré de 3.400 m2, incluant des salles hybrides et robotisées. Il compte également 143 lits dédiés aux soins critiques, dont 30 couveuses de réanimation néonatale. L'hôpital se distingue par la première plateforme de laboratoire entièrement automatisée en Afrique, couvrant toutes les étapes des analyses de chimie, d'immunologie et d'hématologie. Il abrite également le seul laboratoire digitalisé d'anatomopathologie au Maroc, offrant traçabilité et haute précision dans les diagnostics.
Somme toute, «la formation n'est pas en reste», laisse entendre le docteur Tayeb Hamdi. «Certes, un médecin n'a pas vocation à être formé exclusivement dans des CHU de pointe. L'apprentissage de la profession débute naturellement au chevet des patients, dans les dispensaires et les cabinets médicaux. Cependant, au sein de ce CHU, les professionnels de la santé auront l'opportunité d'intégrer le maillon fort d'une formation pluridisciplinaire, moderne et d'excellence», renchérit-il.
Dans cette perspective, le Complexe Hospitalo-Universitaire International Mohammed VI de la Capitale du Royaume se positionne également comme un véritable catalyseur de progrès pour l'ensemble du système de santé marocain, anticipant les besoins futurs en matière de soins, de recherche et de formation. Il ouvre la voie à une médecine plus innovante, plus humaine et plus accessible, tout en consolidant la capacité du Royaume à devenir un hub régional de référence dans le domaine médical et scientifique pour les décennies à venir.

Houda BELABD
Trois questions à Moulay Mustapha Ennaji : «Le nouveau CHU est conçu pour répondre aux besoins de tous les patients, quelle que soit leur maladie»
* Comment percevez-vous le renouveau du Centre Hospitalo-Universitaire de Rabat et les changements qu'il apporte pour les habitants et les patients ?
Ce renouveau représente, à mes yeux, un tournant décisif pour la population de Rabat, mais aussi pour toute la région. Nous assistons à une véritable amélioration de l'offre de soins, aussi bien sur le plan de la qualité que de l'accessibilité. Le nouveau CHU est conçu pour répondre aux besoins de tous les patients, quelle que soit la nature de leur maladie. C'est une avancée majeure qui s'inscrit dans une vision de santé publique moderne, centrée sur le patient et ouverte à l'innovation.

* Si l'on compare le CHU Avicenne de ses débuts, à l'aube de l'Indépendance, à ce qu'il est aujourd'hui, quelles sont, selon vous, les grandes évolutions ?
À ses débuts, le CHU Avicenne avait une vocation essentiellement nationale : il représentait un pôle central du système de santé marocain. Aujourd'hui, les choses ont beaucoup évolué. Le CHU de Rabat s'inscrit désormais dans un réseau plus large d'établissements hospitalo-universitaires implantés dans plusieurs villes du Royaume – Casablanca, Kénitra, Fès et d'autres encore. Cette évolution traduit une volonté claire de rapprocher les soins des citoyens et de renforcer les capacités locales. On est passé d'un modèle centralisé à une approche plus territoriale et plus équitable.

* Le nouveau Complexe Hospitalo-Universitaire International Mohammed VI de Rabat a été inauguré par Sa Majesté le Roi. Que représente pour vous ce geste royal, et comment percevez-vous le rôle de la tutelle dans ce projet ?
C'est avant tout un geste fort, porteur de sens et d'engagement. L'inauguration de ce complexe par Sa Majesté le Roi témoigne de l'importance accordée à la santé et à la recherche médicale dans notre pays. C'est un message de confiance adressé à tous les professionnels du secteur. Ce projet illustre une vision royale tournée vers l'excellence, la modernité et la solidarité. Quant au rôle de la tutelle, il est fondamental : elle assure le pilotage, la coordination et le suivi nécessaires pour que cette vision se concrétise dans la durée et dans les meilleures conditions possibles.
Trois questions à Mohamed Es-Semmar : « Le personnel médical était limité face à une demande nationale croissante »
* Pouvez-vous nous parler de l'Histoire de l'hôpital Avicenne de Rabat ?
Dans les années 1950, il y avait très peu de grands hôpitaux à l'échelle nationale. L'hôpital Avicenne a été conçu pour devenir un centre de référence capable de recevoir des malades venus des quatre coins du Maroc. À l'époque, les hôpitaux privés étaient réservés à une minorité privilégiée, et la majorité de la population devait se contenter de dispensaires souvent rudimentaires dans les villages et les zones rurales. Face à ce manque de structures médicales modernes, la médecine traditionnelle restait très répandue et constituait le principal recours pour beaucoup de familles.

* Quels étaient les principaux défis de l'époque ?
Le défi majeur était l'accessibilité. Même si Avicenne offrait des soins avancés pour l'époque, certains habitants du Nord, de l'Oriental ou du Sud mettaient 24 heures, parfois plusieurs jours, pour atteindre l'hôpital, les routes et le chemin de fer étant encore en construction. Par ailleurs, le personnel médical était limité et les infrastructures hospitalières restaient insuffisantes face à la demande nationale, surtout pour les maladies infectieuses et les pathologies courantes.

* La population du Maroc à l'époque était beaucoup moins nombreuse qu'aujourd'hui. Quel impact cela avait-il sur la santé publique nationale, si l'on devait en dresser un comparatif avec l'état des lieux actuel ?
Avant le Protectorat, la population était encore plus réduite qu'au début des années 1950, mais cela n'empêchait pas les maladies primaires (tuberculose, paludisme, fièvres infectieuses,...) de faire des ravages. L'hôpital Avicenne devait, donc, pallier l'absence de structures capables de prendre en charge des pathologies souvent mortelles. La conclusion historique est claire : ce n'était pas la taille de la population qui définissait la gravité des enjeux sanitaires, mais bien la rareté des infrastructures médicales et l'absence quasi totale de prévention organisée. En ce sens, la création d'Avicenne marqua une réponse structurée à un problème national déjà ancien.
Système de santé : Des défis structurels
Le système de santé marocain, bien qu'ayant enregistré des avancées significatives ces dernières décennies, reste confronté à des défis structurels qui pèsent sur son efficacité et son équité. Ces difficultés, bien identifiées, exigent des réponses adaptées pour garantir à tous les citoyens un accès à des soins de qualité. L'une des principales problématiques réside dans les disparités entre zones urbaines et rurales. Les régions éloignées souffrent d'un manque d'infrastructures sanitaires et d'une pénurie de professionnels de santé, limitant l'accès aux soins pour une partie importante de la population. Par ailleurs, le pays connaît un déficit notable en ressources humaines. Avec environ 1,7 professionnel de santé pour 1000 habitants, le Maroc se situe en deçà des recommandations internationales. Cette insuffisance en médecins, infirmiers et techniciens impacte directement la qualité et la disponibilité des soins, entraînant des délais prolongés de prise en charge et une surcharge des établissements de santé. À cela s'ajoute une gouvernance qui peine parfois à coordonner efficacement les différents acteurs publics et privés. Le cloisonnement des structures et l'absence d'une politique intégrée peuvent réduire l'efficacité des services et freiner la mise en œuvre cohérente des politiques sanitaires.


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