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Leçons par anticipation
Point de vue : Elections du 25 novembre 2011
Publié dans L'opinion le 26 - 11 - 2011

Voici des élections que tous considèrent avec une particulière attention. Il nous semble possible, et même salutaire, dès maintenant, de proposer, sans présomption, mais avec assurance, quelques enseignements. En effet, après presque une année de tension, d'activité frôlant la fébrilité, il y a lieu de tirer quelques conclusions.
Le point central est, évidemment : quelles spécificités présentent ces élections? Peut-être pourra-t-on approcher la situation en disant que cette campagne paraît comme une campagne ordinaire dans une circonstance extraordinaire. Voyons.
I- Première observation : l'attente. Il faudrait se convaincre que, d'une manière ou d'une autre, il est attendu, beaucoup, (tout et tous vivent problème : les uns urgents, les autres liés à la condition historique et politique de plus large dimension) et fort (que la perception de cette attente soit objective ou subjective, elle est importante et mobilisatrice d'attitudes ou de jugements). Cela étant, il faut bien reconnaître que c'est un défi considérable et que cela exige des capacités et des conceptions d'une qualité et d'un niveau de haute valeur. Croyons y. Pour ce faire, il faudrait que les comportements et les profils opérationnels laissent persuader des réponses à la mesure du défi.
Voyons.
1- Commençons par les techniques de mobilisation et de propagande électorales.
A première vue, il n y a pas de nouveau style. Du déjà su, mais ce qui est problème, c'est que c'est du déjà su dans des « temps électoraux» passés qui n'étaient pas enthousiasmants: les mêmes techniques ramènent les mêmes souvenirs.
2- Avançons : cette campagne n'est pas le psychodrame ordinaire dans un climat habituel, où un groupe qui a été au gouvernement, présenterait, simplement et benoîtement, un bilan offert au jugement attendu des électeurs citoyens. C'est une campagne où l'enjeu n'est pas de remplacer une équipe, ou de la maintenir en l'état, mais de sortir d'une atmosphère politique, d'une façon de faire, d'être, de se poser les questions, d'élaborer une stratégie, bref de se préparer à un dépassement, au sens hégélien, c'est-à-dire à faire et à concevoir plus, mieux, plus élevé. La compétition n'est pas, tellement, en réalité, entre un pouvoir et sa population, verticalement. Elle n'est pas non plus (malgré l'acharnement de la lutte contre candidatures), horizontalement, entre les organisations et entreprises de pouvoir (partis, groupes, catégories, etc.), le tout dans un système englobant, vécu sans interrogation fondamentale, mais c'est une compétition entre un mode de gestion de la chose publique, entre une représentation de l'univers politique, qui se font, sans existentielle reconnaissance des gens, en tant que gens, et entre une voie attendue comme plus crédible, dans sa conception, son organisation, ses procédures, son esprit.
A-t-on le sentiment que ceux qui ont voulu entrer en lice sont animés de cette « inquiétude» (au sens, non pas, inopérant, de peur, mais de celui plus entreprenant du terme).
3- Il restera que des stigmates apparaissent qui doivent faire, et sérieusement, réfléchir. II faut ici rappeler que, ne serait-ce qu'à tels moments qui, devant l'Histoire, deviennent stratégiques, il faut arrêter de croire qu'on peut continuer à tout maîtriser, voire à manipuler ou à instrumentaliser, ou à ne considérer que tel(s) intérêt(s) à courte vue. Ne sommes-nous pas en un moment de cette force ?
Si cela est, il y a lieu de décider à y répondre avec, justement, un esprit de vérité. En politique politicienne, on peut sourire de cette considération. En politique historique, il est, même selon le machiavélisme le plus orthodoxe, urgent de la prendre, par sagesse et par efficacité, au sérieux.
Le fait -on? Espérons !
Cependant, constatons :
II- A- Les partis, grandes institutions spécialisées dans l'opération politique, et, (disons une bonne fois, consubstantiels à la vie politique ouverte à la légitime reconnaissance du démos), apparaissent (impression? réalité? consciemment ? inconsciemment ? c'est à voir !) comme s'estimant avoir :
1- Une légitimité, non pas, cela est sans conteste, d'existence mais une légitimité « intrinsèque», qui les placerait comme précédant la légitimité par l'élection. Or, ce qui est légitime, c'est l'adhésion, par choix et désignation des élus, plus que le fait que le parti serait, par lui-même, « appelé» à dominer le corps politique.
2- Cette tendance, cette tentation, humaines et compréhensibles, portent en elles-mêmes le risque de croire que les partis-légitimes en tant que structurant et agrégeant l'expression des états d'opinion des différentes composantes de l'opinion-doivent avoir le monopole de l'action politique. Le droit à la participation, le droit à la politique est le fait -en tout état de cause, du citoyen, parce que citoyen. Sinon c'est la partitocratie, c'est-à-dire le pouvoir exclusif d'un ou de plusieurs, ou de tous, en un système, de partis et l'exclusion, des citoyens, « peuple» ou « illustrations ». Et cela mène au desséchement, à la rupture, à la délégitimation, et au bout du compte, à la faiblesse de l'Etat, à son impuissance, ou à son autoritarisme même rompant - à l'injustice, à l'atteinte du « vouloir vivre commun ».
3- La marginalisation, dans les esprits, et dans les faits, même si, juridiquement il y a encore issue, de la liberté, réelle, des candidatures non partisanes, mais non impliquées, politiquement, mène à l'instauration, de fait, des candidatures officielles. Comment? Est-ce difficile de comprendre que a) lorsque les candidats doivent, dans un pourcentage hégémonique, avoir l'autorisation, ou plus noblement, l'investiture, c'est-à-dire la satisfaction des états majors, que b) la dérive de l'idée (généreuse au départ, comme volonté de donner une chance, à condition que ce soit provisoire et pour une fois, à cette catégorie considérée comme digne d'être aidée (femmes ou jeunes) des quotas, dérivant vers le népotisme, la manipulation, le sophisme, ne constituent pas, avec abus et morgue, candidatures officielles. Et si candidature de ce genre il y a, il y a donc réduction du rôle, du pouvoir, du droit, des citoyens, réduits à simplement confirmer le choix fait dans d'autres sites (laboratoire des initiés politiciens) c'est-à-dire, finalement, d'acclamer. La souveraineté serait donc captée et déplacée vers les instances des partis, au lieu que ces instances ne soient les instruments de cette souveraineté.
B- a) Cela s'est continué par la sociologie des candidatures. On ne parle pas ici de ce qui ne nous paraît pas comme la vraie exigence, à savoir que la commune opinion parle de la nécessité de « nouveaux visages» parce qu'il peut y avoir des nouveaux visages, plus jeunes, plus féminins, mais qui ne remplissent pas ce qu'on attend d'eux.
On veut parler ici de cette quasi-systématique propension à présenter des candidats qui, manifestement, donnent l'inconfortable impression qu'ils veulent être, dans une position de domination, sans mesurer ce qu'on attend d'eux, et qu'il y a comme une grave méconnaissance, voire un autisme, par rapport à l'exigence de la situation. Espérons pécher par scrupule excessif de citoyens conscients, même s'il n'est pas «organisé».
b) L'innovation démocratique ne doit pas être interprétée comme un moyen tactique, éthiquement et anthropologiquement « relatif», de simplement faire passer la pilule. Elle doit être approchée comme signification d'une volonté d'approcher, un idéal réalisable de justice, d'élévation, de liberté, de civisme, d'action vers un Etat plus fort et plus légitime.
c) Il n'y a, certes, pas de mode de scrutin absolu, et certainement le mode de scrutin, comme le fait électoral lui-même, n'est pas la seule dimension à offrir au citoyen, en tant, fondamentalement, qu'être d'humanité, et en tant qu'être de cité. Cependant, le mode de scrutin doit être choisi pour être un cadre approprié pour l'expression d'un suffrage et pour la nécessaire opération de désignation, non pas de maîtres, mais de serviteurs de l'Etat. Le mode choisi, outre sa complication, a, d'abord, et selon sa loi sociologique, l'effet, et de pousser à la « mosaïfication» de la société politique, et surtout à figer cette disfraction, et, conséquemment, d'exclure le citoyen, à part le dépôt d'un bulletin, du jeu réellement politique.
Nous pourrions proposer quelques éléments pour sortir de cette combinaison.
Tout cela n'est pas une critique au sens d'attaque d'agressivité-quel intérêt? – contre ce qui ne se fait, mais une critique au sens d'analyse réaliste, ce qui est salutaire. En cela et bien que l'éthique doit dominer, c'est en « machiavélien» que nous avons raisonné. En cela, veut dire qu'en politique, la manière la moins inopportune est celle du « pessimisme actif», c'est-à-dire du diagnostic sans concession, mais suivi d'une action courageuse et ordonnée, celle du fameux « considère avant d'entrer en lice, une fois entré, fais toi considérer» qui caractérise le vrai homme d'action, et distingue le vrai homme d'Etat.
Il faut que ces élections, et de toute façon, se dépassent elles-mêmes. Il n'est pas impossible, il n'est pas difficile - si l'on veut qu'elles soient la matrice d'une gouvernance, sans prétention, mais non sans résultats, réalistes et positifs, qui, alors, seraient non pas la dernière chance de nos chargés d'affaires, mais la plate-forme d'un élan d'ambition et d'excellence.
Il y faut certes de l'intelligence, de l'art politique, de l'inventivité, de la « sagesse », mais pourquoi ne pas croire que cela peut exister.


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