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Etat des lieux de la recherche clinique au Maroc
Evolution remarquable mais absence de compétences, de formations et de cadrage
Publié dans L'opinion le 30 - 03 - 2012

Les indicateurs bibliométriques internationaux enregistrés depuis 2004 montrent que le Maroc, qui dispose d'assez bons moyens structurels et humains, peut devenir un pôle d'excellence dans le domaine de la recherche clinique. Créneau qui, toutefois, est moins développé qu'en Tunisie, en Egypte et en Afrique du Sud, et rarement médiatisé.
Si le fondement de toute recherche médicale est la mise en application et le développement de produits, en marge d'une meilleure prise en charge thérapeutique ainsi que le traitement expérimental des médicaments, le test clinique fait directement sur l'homme est nécessaire et garantit l'efficacité du traitement. En plus, il donne plus de poids et de crédibilité.
La recherche clinique dans un centre hospitalier, fait suite à la recherche fondamentale et à l'expérimentation animale. Si la première permet de comprendre les mécanismes de la maladie et d'innover dans le domaine de sa prise en charge, à travers les médicaments, l'étape d'après consiste à les tester sur les animaux et à écarter les produits à effets secondaires et peu efficaces. La phase finale ou essais cliniques, est le moyen de contrôle et de prévention de ces produits pharmaceutiques sur plusieurs groupes de sujets. Toxicité, efficacité, dosage sont ainsi déterminés en 4 phases I, II, III, IV, qui permettent aux compagnies pharmaceutiques et technologiques d'inculquer et de suivre le développement d'une nouvelle molécule.
D'où la nécessité de la mise à niveau de ce secteur à travers une infrastructure au niveau des laboratoires, des hôpitaux et des industries pharmaceutiques, d'y allouer les ressources humaines formées dans ce domaine, de mettre en place une réglementation en adéquation avec les standards internationaux et d'y attribuer un budget colossal.
Certes, le coût de la recherche clinique est exorbitant (aux Etats Unis, il est de l'ordre de 20 millions de dollars pour un essai de phase I, jusqu'à 100 millions de dollars pour une étude de phase III), c'est pour cela que différents secteurs clés devront s'y atteler, hôpitaux, laboratoires, promoteurs, pharmaciens, personnels de la santé, soit au sein des hôpitaux ou assurées par des sociétés privées, prestataires des industries pharmaceutiques.
Dans cette optique, le Laboratoire d'Epidémiologie et de Recherche Clinique de Fès a organisé à Casablanca une rencontre de réflexion sous le thème : «Recherche clinique. Etat des lieux et perspectives au Maroc». L'occasion, selon le Pr Chakib NEJJARI, responsable dudit laboratoire, de débattre des apports des essais cliniques au Maroc, notamment dans l'évaluation précise des nouvelles procédures diagnostiques ou thérapeutiques utilisées chez l'homme. Un intérêt particulier est également accordé aux aspects éthiques, législatifs et économiques de ce secteur. Il trouve nécessaire d'impliquer les usagers, les professionnels de la santé, les pouvoirs publics qui sont vivement appelés à l'inscrire parmi leurs orientations majeures en politique de santé, compte tenu de l'impact positif de la recherche clinique sur le développement de la recherche scientifique dans notre pays, avec tout ce que cela implique comme conséquences sur la formation initiale et continue des professionnels de la santé.
Une telle volonté politique a également des répercussions économiques importantes surtout si l'on sait que ce domaine est pourvoyeur d'emplois et d'investissements.
La recherche clinique intervient après une batterie d'essais, d'études et de recherches obligatoires, réalisés principalement sur des cultures cellulaires et également sur des animaux. Ces études, appelées études de pharmacologie expérimentale, se déroulent en laboratoire et permettent d'établir des pistes scientifiques et de déterminer les premières doses à administrer à l'homme, ce qu'on appelle la phase préclinique.
L'essai clinique chez l'homme, étape obligatoire et systématique du développement d'un médicament, permet d'étudier et de s'assurer des propriétés de molécules, afin de pouvoir en faire par la suite un usage sécurisé et responsable.
Les études précliniques et cliniques obéissent à une méthodologie extrêmement rigoureuse, à des législations nationales et des recommandations internationales (International conference of Harmonisation, Bonnes pratiques cliniques) très strictes. Ces recherches sur l'homme sont organisées par un promoteur législativement responsable : les laboratoires pharmaceutiques, un médecin ou un groupe de médecin.
Les tests de la phase I, réalisés chez le volontaire non malade dans des centres spécialisés autorisés, évaluent la toxicité ainsi que le devenir du médicament au sein de l'organisme en fonction de son mode d'administration (absorption, diffusion, métabolisme et excrétion).
La phase II consiste à optimiser la posologie du produit en termes d'efficacité et de tolérance, la phase III évalue le rapport bénéfice/risque et permet de soumettre les résultats aux Autorités pour l'obtention de l'autorisation de commercialisation.
Enfin, les essais de phase IV sont réalisés une fois le médicament commercialisé, sur des patients afin d'approfondir la connaissance du médicament dans les conditions réelles d'utilisation. La pharmacovigilance permet ainsi de détecter des effets indésirables très rares qui n'ont pu être mis en évidence lors des autres phases d'essai.
A savoir que le laboratoire d'épidémiologie et de recherche clinique de Fès, a des partenariats efficaces avec l'Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, le ministère de la Santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Union internationale de lutte contre la tuberculose et les maladies respiratoires. Il compte à son actif plusieurs études sur l'épidémiologie et les facteurs de risque des maladies chroniques en particulier le cancer. A titre d'exemple, des études innovantes sont en cours notamment l'étude Qolin-cancer sur la qualité de vie des sujets atteints de cancer en partenariat avec l'Association Lalla Salma de lutte contre cancer et les Laboratoires Roche, l'évaluation du programme national du dépistage et la détection précoce des cancers du col et sein en partenariat avec le Ministère de la Santé, le FNUAP et l'Association Lalla Salma de lutte contre le cancer et l'étude sur les facteurs de risque nutritionnels du cancer en partenariat avec la Société Marocaine des Maladies digestives.
Si l'évolution au Maroc, a été remarquable ces dernières années, assure le Pr Chakib NEJJARI, ce secteur prometteur fait état d'une pénurie de compétences, d'absence de formation et de cadrage à travers une réglementation. Sachant qu'un projet de loi est en cours et devrait pouvoir répondre à cette problématique.


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