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MEMOIRE CULTURELLE
TAZOTAS : UN PATRIMOINE « EN SURSIS DE MORT »
Publié dans L'opinion le 08 - 03 - 2013

A un jet de pierre d'El Jadida, se trouve presque un millier de Tazotas en pierre sèche. Un chiffre que même les plus avisés d'entre nous n'auraient jamais imaginé qu'il puisse en exister autant sur les terres des Doukkala.
Mais grâce à une coopération entre la Licence Professionnelle Géomatique Appliquée (Faculté des Sciences – Université Chouaïb Doukkali d'El Jadida) et la licence professionnelle SIG (Faculté des Lettres et Sciences Humaines – Université de la Rochelle), un stage commun de terrain a été organisé depuis le début du mois de Janvier au profit des étudiants des deux licences.
C'est ainsi que 18 étudiants marocains et 17 français, encadrés par les professeurs Fekkak Abdelilah et Ettachfini El Mostafa (côté marocain) et MM. Pouget Fréderic et Layec Alain (partie française) viennent de passer dix jours d'acharnement, d'assiduité et de grande conviction pour en recenser et répertorier une grande partie ; arpentant en tout prés de 145 Km2 entre la commune d'El Haouzia et celle d'Ouled Rahmoun, pour 56 Douars visités. Un travail qui nous fait découvrir que cette zone, à elle seule, n'abrite pas moins de 459 Tazotas servant à multiples usages : 49 % utilisés sous forme de silos ; 6 % comme habitation et 4 % pour l'élevage. Quant aux autres, elles étaient abandonnées et ne jouaient plus aucune fonction. Pire, certains propriétaires de ce patrimoine, se disent prêts à vendre ces « tas de pierraille », dont la valeur ne cesse d'augmenter. Il faut dire que la demande s'accroit vue la cadence à laquelle sont construites les maisons un peu partout dans les alentours.
Quoique non exhaustif, ce recensement a de quoi nous faire réfléchir sur cette valeur patrimoniale singulière qui sommeille, alors que les décideurs s'ingénient pour imaginer des créneaux touristiques porteurs et en mesure de stimuler une dynamique socio-économique dans les contrées rurales.
Ces informations, dont nous avons pu saisir le sens lors de la réunion de mise au point tenue le Samedi 9 Février au Département Géologie de la Faculté des Sciences d'El Jadida , ne représentent selon les organisateurs que la première phase de tout un programme qui ciblera aussi les trois autres communes où « pousse » la partie la plus consistante de ces Tazota.
L'origine des premiers bâtisseurs attise toujours les polémiques les plus contradictoires, tout en suscitant l'intérêt des sphères scientifiques.
- Est-il possible que le paysan de l'époque soit capable d'en être le créateur ?
- Etait-ce dû à la présence de certains portugais dans la région ?
- Et à quelle époque remonte leur âge ?
Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre avec exactitude aujourd'hui. Non que leur histoire remonte à plusieurs siècles en arrière, mais surtout à cause de notre culture basée jadis sur l'oral et enterrant, par extension, toute trace d'une époque donnée de son passé, quelques décennies à peine après avoir enterré les hommes qui en étaient témoins.
Michel Amengal, auteur de plusieurs livres sur la région et qui s'intéresse de près à cette question, nous a déclaré à ce propos : « Il faudra parvenir à lever ne serait-ce qu'une partie du voile qui concerne la période de leur construction. On peut y arriver en cherchant le (s) roi(s) régnant à l'époque, les arbres plantés autour de cette période (l'Eucalyptus a été introduit par les européens au début du 20 ème siècle) et creuser plus profondément, les informations qui nous semblent fiables. »
Il faut cependant souligner que certaines limites de l'état des lieux ont été enregistrées par ces étudiants-prospecteurs pour des motifs d'absence du propriétaire, des craintes manifestées par les habitants, des difficultés d'accès ou encore l'insuffisance des moyens matériels.
A rappeler que les initiateurs de ce projet, qui est d'une grande importance à l'heure actuelle, cherchent à nous donner une notion plus précise du nombre de ces ouvrages architecturaux exceptionnels ainsi que leur positionnement dans les cinq communes qui les abritent.
Nous ne pouvons que saluer cette initiative, tout en espérant qu'elle puisse sensibiliser d'autres disciplines afin d'avoir une connaissance plus profonde sur cette énigme qui auréole les Tazota et leur implantation dans cette zone bien déterminée des Doukkala.
Une concentration qui représente un nombre jamais égalé de par le monde. Cela fait aussi preuve de découverte patrimoniale de grande importance qui mérite toutes les attentions.
A noter qu'El Jadida se prépare à accueillir le XIV ème congrès sur la pierre sèche en 2014, dont la XIIIème vient d'avoir lieu en Sardaigne (Italie).
Nous espérons à ce propos, que les autorités Provinciales puissent soutenir les jeunes étudiants Marocains qui auront à charge de compléter ce travail, parce qu'il serait regrettable qu'on s'arrête au tout début d'un si bon chemin. D'autant plus, que leur rapport devrait être présenté au prochain congrès sur la pierre sèche qui doit se tenir en 2014 à El Jadida.
Rappelons aussi que, dans son message adressé aux congressistes, en Sardaigne, en septembre dernier, le gouverneur avait exprimé " sa volonté absolue de réussir cette rencontre"; ceci venant en supplément d'un certain nombre de propositions visant à faire d'El Jadida la capitale de la pierre sèche au Maroc, et à favoriser l'écotourisme.
L'Université Chouaib Doukkali va donc proposer d'organiser ce congrès c'est, du moins, la volonté exprimée par les universitaires rencontrés lors de cette visite d'étudiants français et marocains dans les communes où sont concentrées les tazotas.


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