Des ONGs algérienne et internationale ont saisi le Comité des droits de l'Homme des Nation unies, qui doit se réunir lundi prochain, "pour dénoncer la complète absence de mise en œuvre de seize décisions condamnant l'Algérie", tout en réclamant "des mesures énergiques pour que des enquêtes sur les crimes de disparition forcée et d'exécution sommaire commis pendant la +décennie noire+ soient initiées par les autorités algériennes". Dans un communiqué, cité par le journal électronique algérien +Tout Sur l'Algérie+, l'ONG suisse Trial, le Collectif des familles de disparus en Algérie et l'association Alkarama annoncent que "les trois organisations précitées ont saisi par écrit le Comité des droits de l'Homme des Nation unies qui doit se réunir lundi prochain pour assurer le suivi de condamnations dans des affaires de violations des droits de l'Homme". "En vue de cette réunion, les trois organisations précitées ont écrit au Comité pour dénoncer la complète absence de mise en œuvre de seize décisions condamnant l'Algérie. D'une voix commune, les trois organisations ont réclamé des mesures énergiques pour que des enquêtes sur les crimes de disparition forcée et d'exécution sommaire commis pendant la +décennie noire+ soient initiées par les autorités algériennes, que la lumière soit faite sur les faits en cause et enfin, que les responsables soient identifiés, poursuivis et sanctionnés", précise le communiqué. Les ONGs algériennes et internationales exigent que les victimes et leurs familles, dont la douleur demeure vive, "doivent avoir accès au plus vite à des réparations complètes et appropriées". Cité par le journal, le responsable de l'association Alkarama, Rachid Mesli, a affirmé que "les familles de disparus ont placé leur confiance dans le Comité des droits de l'Homme en lui soumettant les graves violations dont elles ont été victimes" et "elles attendent aujourd'hui que les décisions qu'il a rendues, reconnaissant leurs souffrances et établissant la responsabilité de l'Etat algérien, soient enfin mises en œuvre de manière effective". De son côté, Mme Nassera Dutour porte-parole du Collectif des familles des disparus en Algérie a noté que "les familles attendent déjà depuis vingt ans le retour de leurs enfants et se heurtent toujours au silence des autorités". "Le refus de donner suite aux décisions du Comité est d'autant plus douloureux que le gouvernement algérien ne cesse de ternir la mémoire des victimes. Il est temps que les souffrances des proches de disparus soient entendues et que des réponses leur soient apportées", ajoute Mme Dutour. Pour sa part, Philip Grant, de l'ONG suisse Trial, a souligné qu'"un terme doit être mis à l'impunité pour ces graves violations des droits de l'Homme, et les victimes et leurs familles doivent être pleinement rétablies dans leurs droits". "Elles ont assez souffert !", lance M. Grant. Début mars, le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) avait "dénoncé l'insuffisance et le caractère systématique des réponses du gouvernement algérien" apportées au Groupe de travail sur les disparitions forcées des Nations Unies sur 61 cas de disparition forcée (GTDFI). Dans un communiqué, le CFDA ajoutait qu'il "ne peut que s'indigner face aux réponses apportées par le gouvernement algérien au Groupe de Travail sur les Disparitions Forcées et Involontaires des Nations Unies (GTDFI), qui ont été transmises à l'association le 10 janvier 2013". "Sur les 61 cas de disparition forcée déposés par le CFDA, le gouvernement algérien n'apporte aucune réponse satisfaisante et ternit au contraire la mémoire des victimes en les classant de manière systématique dans la catégorie décédés : éléments armés au sein d'un groupe terroriste neutralisés au cours d'opérations antiterroristes", déplorait le Collectif.