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CULTURE ET CIVILISATION : L'Inde, berceau de l'imagination effrénée
Publié dans L'opinion le 14 - 06 - 2013

L'Afrique est le berceau de l'humanité. Elle est surtout le berceau de la culture originelle ; en elle s'est effectuée la première révolution humaine, celle du feu. Mais, c'est en Orient, en Mésopotamie et en Inde surtout que la deuxième révolution humaine sera réalisée, celle de la civilisation.
Mais, tandis que la Mésopotamie, puis plus tard la Perse élaborent les grands schèmes de la vie et de l'existence, dans une confrontation extrême et un dualisme sévère, en Inde, malgré les grandes migrations des groupements humains, malgré la formation, dès l'aube de l'histoire, des races et des castes, les grands schèmes antagoniques de la vie se sont mêlés dans une confusion surprenante. Aussi vaste qu'un continent, l'Inde a pu absorber tous les contrastes culturels et mythiques, toutes les caractéristiques contradictoires de l'humanité ; elle est devenue un des berceaux des civilisations.
Terre des contradictions
et de la diversité
L'Inde est la terre des contradictions, par excellence. Par ses mythes foisonnants et ses religions, exprimés amplement dans sa culture et son art, elle révèle une complexité sans égal. « Elle est peuplée, écrit Gina Pischel, jusqu'à saturation, et les peuples qui la composent sont des races variées, parvenus à différents niveaux de civilisations différentes ayant chacun sa propre histoire. C'est un pays cloisonné, partagé par les barrières artificielles du très ancien système des castes, un pays où une poignée de personnes privilégiées ont longtemps joui d'une opulence sans cesse accrue, tandis qu'une masse grouillante et affamée croupissait dans une désespérante misère ». (Histoire mondiale de l'art).
La grande diversité qui compose cette vaste terre est d'ordre ethnique, linguistique et religieux, surtout. En raison de sa situation géographique, le subconscient indien a joué le rôle d'un énorme réceptacle qui a reçu diverses vagues de migration provenant surtout du Nord. Les Aryens de race blanche dominent dans la partie nord-ouest de l'Inde, les populations noires, appelées dravidiennes, dans le sud. Il existe de très nombreux métissages entre ces deux éléments. De plus, l'influence mongole est sensible dans la région himalayenne.
La diversité linguistique est encore beaucoup plus grande. En dehors de l'anglais véhiculaire actuel, et l'hindî, langue officielle, il existe 800 dialectes et une centaine de langues, dont quatorze sont reconnues par la constitution comme langues majeures. La plupart d'entre elles appartiennent à la famille indo-européenne, et plus précisément au groupe indo-aryen ; mais la famille dravidienne est elle aussi largement représentée, surtout dans le sud de l'Inde.
L'Inde présente, enfin, une importante diversité religieuse. La grande majorité des habitants pratique l'hindouisme. Mais l'Inde compte aussi des bouddhistes, des jaïnistes, des musulmans, des chrétiens, des sikhs... Ainsi, la caractéristique essentielle de la population indoue est la diversité, élément primordial du concept du mouvant. Cette caractéristique qui, dans la communication entre les hommes, prend sa dimension extrême dans la multitude, se répercute nécessairement sur l'imagination et les mythes transmis à travers le temps. Il semble que l'image de la tour de Babel ait trouvé sa matérialisation, non en Irak antique, mais dans cette région aux huit cent dialectes, aux innombrables dieux, mythes et coutumes.
L'imagination fantastique
L'Inde constitue à juste titre un foyer fécond d'inspirations multiples, un immense réceptacle de mythes et d'images symboliques fantastiques. Nous sommes ici en présence, comme l'a écrit Hegel, d' « une imagination en pleine fermentation », en plein bouillonnement, une imagination effrénée, désordonnée, en délire. Le concept du mouvant, dans sa naissance, après sa valorisation comme source d'une symbolique caractérisée par les éléments aquatiques, féminoïdes et nocturnes, come, aussi, source des représentations caractérisées par le mouvement, l'ondulation et les éléments hétérogènes, évolue dans son premier stade, en désordre, sans conscience aucune, tout en dispersion, mêlant tout, le profond et l'apparent, le beau et le laid, le raffiné et le grossier, le spirituel et le vulgaire, dans une confusion sans limite.
L'imagination est ici déséquilibrée, déraisonnée, motivé par le senti plus que par le pensé, par l'inquiétude et les tourments plus que par la sérénité et la plénitude. Cette imagination, issue du mouvant, déchaînée mais tourmentée, devient par ce fait inépuisable, puisqu'elle n'est pas orientée ou du moins contrôlée par la raison, l'intelligence et l'ordre. Elle est riche dans ses divagations et ses délires, riche dans ses images hallucinantes et tortueuses.Cet esprit du gothique et du baroque extravagant, cette surcharge décorative survenue dans l'arabesque et la miniature persanes, l'état d'esprit des artistes visionnaires de la Renaissance et du romantisme, la vision des expressionnistes, des surréalistes et des informels, ont comme origine primordiale cette forme d'imagination libre, caractéristique essentielle des Indous.
Celle « mère de toutes les facultés », selon les termes de Baudelaire, cette imagination, dans son bouillonnement, incontrôlée et incontrôlable qu'ont les Indous, est caractérisée, en plus de la richesse de ses représentations et du désordre de ses images, par la confusion totale entre le fini et l'infini, le grossier et le raffiné. L'art indou est en même temps sacré et érotique, engendré par l'abstraction la plus profonde et le réalisme le plus vulgaire. Cette imagination confuse, qui n'a pas conscience d'elle-même, n'aboutit pas, comme chez les Egyptiens à des cycles mythiques, mais « à des oscillations perpétuelles entre l'intériorité la plus profonde et la réalité la plus vulgaire, à des passages incessants d'une extrême à l'autre, et à des déformations de l'un à l'autre ». (Hegel, Esthétique, T.II, pp.46-47).
Dans cette contradiction illimitée, la conception du Brahman et l'art provoqué par cette conception s'alimentant d'une vision qui oscille entre deux extrêmes, sans jamais réussir à trouver l'équilibre. Rien n'est statique dans l'Inde, tout est mouvant ; mythes, symboles et images. On assiste à des transformations incessantes des figures qui naissent à travers d'autres transformations, des figures mouvantes issues d'un monde magique, où tout s'évanouit pour se transformer en son contraire, un monde plein d'hallucination et de sorcellerie, impalpable et fantomatique.
Temple hindouiste


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