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Commémoration commune Istiqlal-USFP du 70ème anniversaire de la présentation du Manifeste de l'indépendance : De la résistance contre le colonialisme à la résistance contre les «commerçants de la religion»
Publié dans L'opinion le 13 - 01 - 2014

«Cette manifestation, qui a pour but de commémorer un moment crucial de l'Histoire du Maroc, à la fois appel patriotique pour son émancipation et point de changement sur la voie de la nation, est également une manifestation pour l'avenir, car inscrivant le futur dans la continuité du passé, l'héritage du militantisme pour l'indépendance fondant celui pour la démocratie dans le cadre de la monarchie constitutionnelle». C'est, en substance, le propos du Secrétaire général du parti de l'Istiqlal, -Hamid Chabat, tenu, samedi dernier, lors de la cérémonie de commémoration du 70éme anniversaire de la présentation du Manifeste de l'indépendance, le 11 janvier 1944, organisée conjointement à Rabat avec l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP).
«L'idée de réforme est l'un des éléments-clés de la réflexion des auteurs du Manifeste de l'indépendance, qui ont toutefois conclu de leur méditation sur l'expérience du Programme des réformes présenté, en 1934, par le Comité d'action marocain, qu'il ne saurait y avoir de réforme sans liberté», a souligné M. Chabat, qui a estimé que l'instrumentalisation de la religion à des fins politiques constitue actuellement une menace pour la nation marocaine, imprégnée des valeurs de l'Islam modéré et du Salafisme réformiste. «Le parti de l'Istiqlal s'insurge contre l'extrémisme religieux et le «takfirisme», qui sont foncièrement anti-démocratiques et cherchent, par principe, à étouffer toute liberté d'expression».
Pour Hamid Chabat, convaincu que politique et prosélytisme religieux ne font pas bon ménage, les «commerçants de la religion» n'ont que la diabolisation des avis différents et des options alternatives pour faire oublier aux Marocains les promesses électorales non tenues et les slogans politico-religieux, qui se sont avérés creux. C'est plutôt à coup de renchérissement du coût de la vie et de sape du pouvoir d'achat des citoyens que le parti à la tête du gouvernement s'est distingué. «La prévarication, le chômage et la pauvreté sont en hausse, alors que le pouvoir d'achat des citoyens, par contre, baisse, du fait d'une politique économique socialement injuste, s'est indigné le secrétaire général du parti de l'Istiqlal, qui a dénoncé un chef du gouvernement qui, non seulement n'a pas tenu ses promesses, mais, en outre, ne cache pas son hostilité envers la liberté d'expression.
«Je jure que nous allons continuer à résister», a déclaré M. Chabat, qui défend l'idée de l'unité des partis issus du Mouvement national au bénéfice de la patrie, comme ce fût le cas pour la lutte pour l'émancipation. Son analyse de la situation politique actuelle met l'accent sur les fondements idéologiques des forces en présence. «L'affrontement politique qui s'annonce a des contours on ne peut plus claires. D'un côté les partis nationalistes. De l'autre, celui dont l'obédience va plutôt à une organisation internationale tentaculaire». Le parti de l'Istiqlal, qui fête le 80éme anniversaire de sa création, a lutté contre la colonisation, quand c'était le défi à relever, a rappelé M. Chabat, puis contre l'oppression dans le Maroc indépendant, quand c'était nécessaire, et il va s'opposer à l'extrémisme religieux qui menace actuellement par sa volonté de mainmise sur la scène politique nationale et de répression de la liberté d'expression.
«La présentation du manifeste de l'indépendance est symbolique de la revendication de liberté exprimée par l'élite du peuple marocain d'il y a 70 ans. Les partis de l'USFP et de l'Istiqlal sont une extension du Mouvement national qui a lutté pour la liberté du peuple marocain et dont l'unité a permis de vaincre le colonisateur. L'Histoire témoigne également contre ceux qui ont été les agents et valets de la colonisation, les traîtres», a précisé pour sa part Driss Lachguar, Premier secrétaire de l'Union Socialiste des Forces Populaires, . «A chaque fois que la monarchie et le Mouvement national ont marché ensemble, le Maroc a pu réaliser de grandes avancées. Par contre, à chaque fois que le l'USFP et le parti de l'Istiqlal ne sont pas d'accord, le pays en pâtit. Les expériences de la Koutla nationale, puis de la Koutla démocratique et celle de l'alternance ont prouvé que l'action commune des deux partis est fondée sur une détermination de réformes démocratique, économique et sociale, et nullement sur une volonté hégémoniste. Le Mouvement national, qui est guidé par un esprit de renouvellement moderniste et inspiré par une culture réformiste, et donc forcément opposé à toute forme d'obscurantisme, n'a jamais utilisé la religion en politique, ni apostasié qui que ce soit. Aujourd'hui, nous avons un parti, porteur d'un projet sociétal importé, à la tête du gouvernement qui a un comportement hégémoniste et dont le chef ne connaît que la supercherie politique. Ceux qui se sont auto-érigés en défenseurs de la religion mettent à mal l'Islam rationnel avec leur fondamentalisme ossifié. Car si l'encadrement du champ religieux au Maroc est excellent à haut niveau, grâce à l'institution de la Commanderie des croyants, il est plutôt médiocre à bas niveau, la sacralité des mosquées étant entachée par ceux qui en font des espaces de propagande électorale.
La cérémonie de commémoration du 70éme anniversaire de la présentation du Manifeste de l'indépendance a été marquée par l'hommage rendu au dernier signataire encore en vie du Manifeste de l'indépendance, Haj Mohamed Mestassi Aïssaoui, représenté par son fils, ainsi qu'aux militant nationalistes istiqlaliens, Abdelfettah Zejli, présent en personne, et Mhamed Iraqui Husseïni, et les militants nationalistes usfpéistes, Mohammed Mansour, Saïd Bounîlat et Driss Benboubker.


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