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Ciné Zoom : Psychopathes et auteurs
Publié dans L'opinion le 08 - 02 - 2014

Les médias sont à nouveau saisis par une affaire de mœurs. Il s'agit encore une fois d'une "production" hollywoodienne montée autour d'un cinéaste de renom en l'occurrence Woody Allen. Il vient d'être couronné pour l'ensemble de sa carrière en tant qu'auteur complet. Et pourtant, lui et l'autre "auteur", Roman Polanski, ont défié la chronique judiaiaire à maintes reprises. Depuis l'année 1977, Roman Polanski est poursuivi pour une affaire de crime sexuel sur une mineure de 13 ans. L'adolescente a déclaré avoir subi un viol sous l'emprise de l'alcool et de la drogue. La victime, Samantha Gailey (future épouse Geimer), a été sélectionnée pour une séance photos commandée par l'édition française du magazine "Vogue". Durant la séance, dans la propriété californienne de Jack Nicholson qui était absent, Roman Polanski lui a fait ingérer du champagne et lui a administré un sédatif, le méthaqualone, avant de la contraindre à un rapport anal. Polanski est alors incarcéré 47 jours pour passer des expertises psychiatriques, puis il est libéré sous caution. Il a plaidé coupable pour rapports sexuels illégaux avec un mineur en échange de l'abandon des charges plus graves de viol, de sodomie et de fourniture d'alcool et de drogue à mineur, en accord avec le juge. Mais avant l'audience devant fixer la peine, alors qu'il est libre sous caution, Polanski fuit vers la Grande-Bretagne avant de se réfugier en France, dont il possède la nationalité depuis plus d'un an. Comme d'autres États, la France refuse généralement l'extradition de ses citoyens. Sous le coup d'un mandat d'arrêt américain lancé en 1978, il ne revient jamais sur le sol américain. Certains ont estimé qu'il aurait pu être jugé en France, mais la porte-parole du procureur de Los Angeles fait observer que ce n'est pas possible dans la mesure où Polanski a déjà été reconnu coupable des faits par la justice californienne, se heurtant ainsi au principe "non bis in idem".
La justice américaine va alors tenter de mettre la main sur Polanski lors de ses déplacements à l'étranger. Des demandes d'extraditions sont adressées aux pays avec lesquels les États-Unis ont signé une convention d'extradition : en mai 1978 au Royaume-Uni, en décembre 1986 au Canada, en 1988 en Allemagne, au Brésil, au Danemark et en Suède, en octobre 2005 en Thaïlande et en 2007 en Israël. Cependant toutes ces tentatives ont été vaines.
En 1993, Roman Polanski se serait engagé à verser à Samantha Geimer une indemnité de 500 000 dollars dans un délai de deux ans. Polanski ne tiendra pas cet engagement dans le délai convenu et la somme qu'il a finalement versée à Samantha Geimer (qui a souhaité retourner dans l'anonymat et a exprimé depuis son désir d'abandonner les poursuites contre le cinéaste, ce qui semble indiquer que le différend portant sur l'indemnisation a été résolu) demeure inconnue. Celle-ci est sortie du silence à deux reprises : en 2003 pour écrire à l'Académie des Oscars et dire aux votants qu'il fallait juger l'artiste et non l'homme en lui-même à propos du film "Le Pianiste" et en 2008 en apparaissant à la première du documentaire de Maria Zenovich, "Roman Polanski: Wanted and Desired", réitérant pour l'occasion son souhait de délaisser toute procédure à l'encontre du réalisateur pour éviter de revivre ce traumatisme et pour protéger ses enfants. Polanski ne lui a jamais adressé de message en retour.
Le 27 septembre 2009, alors qu'il se rend à un festival de cinéma en Suisse afin d'y recevoir un prix pour l'ensemble de sa carrière, il est arrêté par la police à Zurich sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis en 2005. Très rapidement, celui-ci reçoit le soutien personnel d'une centaine de représentants du monde politique et artistique (notamment en France et en Pologne, les deux pays dont il a la nationalité), puis aux États-Unis.
La plupart des grands journaux américains approuvent cette arrestation, s'étonnant du soutien manifesté au réalisateur, étonnement partagé par une partie de la population américaine. Ces soutiens soulèvent également des oppositions et indignations dans l'opinion publique et la presse française. Un journal américain s'interroge sur le coût de cette arrestation. Ainsi, dans son édition du 28 septembre 2009, le "Los Angeles Times" juge-t-il curieux que le "district attorney" du comté de Los Angeles, alors que l'État de Californie est en proie à des difficultés financières et à une surpopulation carcérale, cherche à boucler Polanski pour une affaire vieille de 32 ans et alors même que la victime a exprimé le souhait que les poursuites cessent. Néanmoins, dans l'ensemble, les journaux américains rappellent que la pédophilie est un crime grave et que Polanski a fui la justice. La conseillère fédérale suisse responsable du département de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf défend quant à elle l'arrestation comme conforme au traité d'extradition helvético-américain et comme manifestation de l'égalité devant la loi. Elle affirme par ailleurs que l'arrestation ne résulte d'aucune pression politique américaine. Dans l'ensemble, la classe politique suisse approuve l'arrestation de Polanski. Les États-Unis et la Suisse ont signé ensemble une convention d'extradition en 1990 qui est entrée en vigueur en 1997. Roman Polanski s'oppose à son extradition. L'article 22 du traité d'extradition prévoit qu'il « s'applique pour tous les faits commis avant ou après son entrée en vigueur » sauf lorsque la procédure d'extradition a été lancée avant son entrée en vigueur, auquel cas un traité de 1900 doit être appliqué.
Le 25 novembre 2009, le tribunal pénal fédéral accepte sa libération conditionnelle contre une caution de 4,5 millions de francs suisses (environ 3 millions d'euros) et une assignation à résidence avec port d'un bracelet électronique à son chalet de Gstaad en Suisse.
Le 22 avril 2010, la cour d'appel du 2e district de Californie a rejeté sa demande de pouvoir être jugé par contumace, ouvrant la voie à son extradition vers les États-Unis. La demande d'abandon des poursuites présentée par la victime a également été rejetée.
Le 2 mai 2010, Roman Polanski sort de son silence dans une lettre ouverte publiée sur le site de Bernard-Henri Lévy, "La règle du jeu", intitulée, « Je ne peux plus me taire ».
Le 14 mai 2010, l'actrice britannique Charlotte Lewis, que Polanski avait dirigée dans "Pirates", accuse également le cinéaste d'avoir abusé d'elle « de la pire des façons » lorsqu'elle avait 16 ans. Un des avocats de Roman Polanski, Me Georges Kiejman, a menacé de poursuivre Charlotte Lewis en justice pour ses allégations.
Le 7 juin 2010, "La règle du jeu", le site de Bernard-Henri Lévy, rend publique une liste de noms de signataires de la pétition en soutien à Roman Polanski lancée au lendemain de l'arrestation du cinéaste en Suisse. Parmi plus de 400 noms, figurent Isabelle Adjani, Paul Auster, Pascal Bruckner, Patrice Duhamel, Isabelle Huppert, Milan Kundera, Yann Moix, Salman Rushdie, Barbet Schroeder, Mathilde Seigner, Jean-Pierre Thiollet, Danièle Thompson et Henri Tisot.
Le 10 juin 2010, en faveur de la libération du cinéaste, Dominique Sels, qui avait réagi dans "Libération" dès le 6 octobre 2009, publie "San Fernando Valley, impressions", où elle écarte l'outil d'analyse habituel connu sous le nom de domination masculine, pour interroger « l'emprise maternelle, qui a l'antériorité biologique et qui n'est parfois pas plus enviable », par exemple quand il s'agit de prendre les filles pour des objets. Elle replace aussi ce fait divers ancien, donc enveloppé d'incertitudes, dans le contexte des années 1970, libertaires et xénophobes. Et le 12 juillet 2010, la ministre suisse de la Justice Eveline Widmer Schlumpf fait volte-face pour déclarer que le cinéaste « ne sera pas extradé vers les États-Unis et les mesures de restriction de sa liberté sont levées ». Polanski retrouve la liberté. Les autorités américaines ont fait appel de la décision. Elles avaient auparavant refusé de faire parvenir aux autorités suisses un procès-verbal d'une audition du procureur de l'époque, arguant du caractère confidentiel de la pièce, et amenant l'office fédéral de la justice à refuser l'extradition.
Interpol rappelle aux États membres de l'organisation qu'une notice rouge concernant Roman Polanski est toujours en vigueur, et qu'il est toujours considéré comme fugitif. Désormais, les trois pays où Polanski peut circuler librement sont donc la France, la Pologne et la Suisse.
Quant à Woody Allen, un autre "auteur", il n'est pas à son premier crime sexuel. Le rebondissement de son stock d'affaires est périodique. Il traîne ses bruyantes casseroles depuis 1956, quand il épouse une jeune étudiante en philosophie à l'age de 20 ans, Harlene Rosen, qu'il avait connue dans un centre communautaire. L'idylle durera six ans et se terminera par un procès pour diffamation à cause d'une blague douteuse de Woody au sujet du viol de son ex-femme. Par la suite, Allen ne se marie plus, ce qui lui réussit un peu mieux puisqu'il maintient sa relation avec Diane Keaton pendant près de 10 ans avant de partager 12 ans de sa vie avec Mia Farrow. Ensemble, ils adopteront une petite fille (Dylan). Ils élèvent l'enfant probable de Mia Farrow et Frank Sinatra, (Satchel, aujourd'hui connu sous le nom de Ronan Seamus Farrow, avocat spécialisé dans les droits de l'homme). Woody décidera aussi d'adopter l'un des nombreux enfants de Mia (Moses).
En 1992, Mia le quitte après avoir découvert son attrait pour sa fille adoptive Soon-Yi Previn. Allen détenait des photographies de la jeune fille entièrement dévêtue. Il s'installe alors avec cette dernière, âgée de 22 ans, et l'épouse en 1997. Dans cette aventure, Allen a perdu le droit de voir ses enfants (il ne peut plus voir Dylan, Moses refuse de le voir et il a un droit de visite pour Satchel exclusivement sous surveillance). Au même moment, il est accusé d'abus sexuels sur leur fille adoptive Dylan, alors âgée de 7 ans. Il ne sera toutefois pas condamné dans cette affaire, mais en 2014, devenue adulte, Dylan Farrow réitère ces accusations et les précise. Malgré le dommage que le scandale a pu faire à sa réputation, Allen estime que le moment où Farrow a découvert son attirance pour Soon-Yi a été « un coup de chance dans ma vie... c'était un point tournant pour ce qu'il y avait de mieux ». Au sujet de sa relation avec Mia, il dit: « Je suis sûr qu'il y a des choses que j'aurais pu faire différemment... Rétrospectivement, j'aurais dû probablement sortir de cette relation plus tôt que je ne l'ai fait ». En 2011, Allen déclara au sujet de sa relation avec Soon-Yi: « Où était le scandale ? Je suis tombé amoureux de cette fille et je l'ai épousée. Nous sommes mariés depuis près de 15 ans maintenant. Il n'y avait aucun scandale, bien que tout le monde en ait parlé comme d'un scandale. Dans un sens, ça me plait, parce que lorsque je mourrai, j'aimerais pouvoir dire que j'aurai eu au moins un vrai gros scandale dans ma vie ».


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