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Douzième volume des traductions du groupe de recherche sur la nouvelle de Ben M'Sik : Un recueil de nouvelles de l'écrivain espagnol José Maria Merino, traduit en arabe
Publié dans L'opinion le 28 - 02 - 2014

Cela fait des années que des efforts soutenus de traduction de textes littéraires vers l'arabe sont consentis par le Groupe de recherche sur la nouvelle de Ben Msik. Ainsi des travaux de traduction en arabe furent effectués à partir de textes d'auteurs italiens, français, espagnols, portugais ou latino-américains. C'est dans le prolongement de ce travail de passeurs de culture des autres langues vers l'arabe et afin de promouvoir le genre littéraire de la nouvelle au Maroc, que s'inscrit l'anthologie des nouvellistes du Mexique parue en 2013. Cet ouvrage comporte une introduction du poète, nouvelliste et romancier mexicain Eraclio Zepeda. Les traductions sont effectuées par Rajae Dakir, Hassan Boutaka et Saïd Benabelouahed. La publication voit le jour grâce au soutien de l'Agence mexicaine de coopération international et l'Ambassade du Mexique à Rabat. Il s'agit d'un ouvrage bilingue, textes originaux en espagnol (Mexique) et leur traduction en arabe. Il s'énonce comme un panorama de la nouvelle mexicaine étalé sur presque un siècle donnant à lire plusieurs générations de nouvellistes mexicains.
Auparavant un travail similaire avait été réalisé sur la nouvelle portugaise traduction par Saïd Benabdelouahed enseignant à la Fac de lettres d'Ain Chok et membre du Groupe de recherche sur la nouvelle de Ben Msik. Le recueil est intitulé « An'nachid al awwal » et date de 2008, regroupant une vingtaine de nouvelles dont la plus ancienne date de 1902. Là aussi c'est un siècle de nouvelles portugaises, ce qui offre un impressionnant aperçu sur le genre littéraire de la nouvelle au pays du grand poète Pessoa.
Une autre anthologie de nouvelles des écrivains du Chili traduites en arabe par Saïd Benabdelouahed et Hassan Boutaka entre dans le même cadre donnant un goût différent de l'Amérique Latine que Benabdelouahed avait déjà exploré avec la traduction du recueil de nouvelles « La brebis noire » de l'écrivain guatémaltèque Augusto Moterroso. Il y a aussi un recueil de nouvelles de Fernando Pessoa « Nouvelles choisies » traduction par Benabdelouahed et bien d'autres travaux.
Ce travail très louable, à la lecture, s'avère une ouverture intéressante sur des mondes hispanophones et lusophones, une tentative d'approche de cultures qui ont une histoire riche et complexe avec le Maroc, soit le monde ibérique et latino-américain. Sans compter que cela constitue un enrichissement pour la langue arabe en montrant sa grande capacité d'hospitalité de l'universel.
Avec le 20ème Salon du livre de Casablanca, c'est un autre travail qui est réalisé par Saïd Benabelouhaed tout aussi intéressant que les précédents. Il s'agit de ce recueil de nouvelles du romancier et nouvelliste espagnol, Prix national 2013 de narration en Espagne, José Maria Merino « Kilamaat al a'alm » (mots du monde) travail réalisé dans le cadre des travaux du Groupe de recherche sur la nouvelle de Ben Msik. L'ouvrage a été présenté au Salon du livre de Casablanca dans le cadre des activités de l'Institut Cervantès en présence de l'auteur.
Le travail est original, car il ne s'agit pas de la traduction d'un recueil de nouvelles qui existait déjà mais d'un choix de nouvelles rassemblés à partir de différents recueils parus à différentes époques avec le concours de l'auteur. L'originalité du recueil aussi c'est que l'auteur y joint deux textes inédits. D'abord une nouvelle « Mizaj saab » (caractère difficile) et un texte de réflexion sur l'art de la nouvelle « La nouvelle et le concept d'étrangeté». Le texte comporte aussi une préface écrite par Angelès Encinar professeur de littérature espagnole à l'Université de Saint-Louis de Madrid. Dans cette préface spécialement écrite pour la traduction, Encinar considère Merino comme l'un des meilleurs narrateurs de l'époque actuelle en Espagne. Elle note l'importance pour l'écrivain espagnol du passage de ses textes en arabe du fait de son rapport personnel avec la culture arabe qui remonte au temps ou l'enfant Merino tombe sur le livre des « Mille et une nuits » dans la bibliothèque familiale, une rencontre fortuite et non moins au fondement de son émotion esthétique. Elle cite l'auteur qui se confie à propos de cet incident inaugural fondateur dans une introduction de ses œuvres complètes (nouvelles) parues en 2010 disant : «... de ce livre (Mille et une nuits) la conviction me fut acquise que la terre que nous foulons recèle des mondes merveilleux ouverts comme lui sur un espace infini et que pour l'atteindre il suffirait de tomber sur l'anneau d'une petite porte dérobée et que la veille et le sommeil sont la face et la nuque d'une même réalité »
Les textes de José Maria Merino nous touchent par le fait que l'humain est perçu, si l'on peut dire, dans sa fragilité et par le réel considéré comme un épais mystère inentamé. Du moins c'est ce qui transparait dans les nouvelles dont celle qui donne son titre au recueil et qui, pleine de dérision pour le monde universitaire, raconte l'histoire d'un homme, un enseignant censé expliquer aux étudiants en usant du langage et qui perd le monde à partir du moment où les mots qui nomment ce monde se désagrègent dans son esprit. Comme si l'essence de l'humain était inconcevable en dehors de la langue qui est l'univers du réel et de l'imaginaire comme le signale l'auteur.
Le style d'écriture des nouvelles de « Kalimat al-aalam » José Maria Merino le décrit lui-même dans son texte de réflexion en disant qu'il se nourrit du fantastique. Il se situe dans la mouvance du style du grand écrivain argentin Jorge Louis Borgès. Pour lui le réel en soi est très étrange. L'homme est confronté au mystère de l'univers étant dans l'impossibilité d'en déceler les arcanes. Du coup on pourrait dire que l'imaginaire le plus débridé n'aurait pas à être désavoué par le réel si gorgé d'étrangeté. Ce qui rend l'entreprise passionnante, c'est que Merino en même temps qu'il opte pour le fantastique s'accroche au rationalisme en disant qu'il fait sienne la définition du fantastique par Roger Caillois, soit une « ... une déchirure, une irruption presque insolite dans le monde réel ». L'émotion esthétique repose donc nécessairement sur le choc induit quand le cours normal des choses est rompu hors des convenances communément admises.
Né en 1941 José Maria Merino a publié depuis 1982 à 2004 quatre recueils de nouvelles, a reçu en 1993 le Prix national de littérature pour enfant et le prix national de narration en 2013 pour son roman « El Rio del Eden ».


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