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Hasna Chennaoui Aoudjehane, présidente du Congrès: Le Maroc, pays des plus riches en trouvailles de météorites, ne dispose pas de structure de conservation dédiée
Publié dans L'opinion le 06 - 09 - 2014

77ème Congrès de la Meteoritical Society à Casablanca autour du phénomène des météorites et cratères d'impact
La 77ème édition du Congrès de la Meteoritical Society (voir encadré) se tient du 8 au 13 septembre à Casablanca. Ce congrès annuel est une plate-forme d'échange autour des recherches sur les météorites, la planétologie et les cratères d'impacts.
Plus de 400 chercheurs de différents pays, d'institutions prestigieuses comme la NASA, les muséums d'Histoire naturel de Paris, New York, Londres, Berlin, l'Institut national de recherche polaire du Japon ainsi que des grandes universités. Pour la première fois, ce congrès se tient « dans un pays arabe et musulman », apprend-on des organisateurs, soit les chercheurs du Laboratoire GAIA (Géosciences Appliquées à l'Ingénierie de l'Aménagement) de la Faculté des Sciences de Aïn Chock, Université Hassan II.
Le Maroc figure parmi les pays qui ont enregistré le plus important nombre de chutes de météorites sur leur territoire. Les plus récentes chutes de météorites ont été enregistrées à Benguerir en novembre 2004, à Tamedakht en décembre 2008, à Tissint dans la province de Tata en juillet 2011 et enfin tout récemment à Tighert (à proximité de Foum Lhissn) en juillet 2014.
Mais malgré l'importance du Maroc dans ce domaine, il n'y a pas, à ce jour, de structure ou musée national spécialisés pour rassembler et conserver cette collection précieuse de météorites et constituer de ce fait un support pédagogique aussi bien pour le grand public que pour les étudiants et autres chercheurs.
Ce paradoxe sera l'un des points débattus lors de ce congrès où seront justement représentés de grands musées, d'Histoire naturelle, internationaux. Il n'est pas le seul, car il y a aussi le fait qu'un commerce de météorite a toujours existé au Maroc, les pierres noires tombant du ciel trouvant preneurs à prix d'or chez des collectionneurs étrangers, et ce, sans qu'aucun cadre juridique n'existe à ce jour pour gérer ce genre de situation.
L'un des rares ouvrages écrits récemment sur le sujet des météorites est à coup sûr « Les Météorites du Maroc » d'Abderrahman Ibhi, professeur à l'Université Ibn Zohr Agadir, responsable du Club d'Astronomie Ibn Zohr, et Mourad Derbali (Editions Universitaires Européennes, 2012).
Hasna Chennaoui, professeur à la Faculté de sciences Aïn Chock, Département sciences de la terre, présidente du Congrès et membre du Meteoritical Society, nous présente cette manifestation qui remet au devant de la scène l'intérêt pour les météorites, un intérêt scientifique, pédagogique et culturel. Entretien :
L'Opinion : Deux manifestations scientifiques différentes interviennent en ce mois de septembre où le Laboratoire GAIA (Géosciences appliquées à l'Ingénierie de l'Aménagement) de la Fac de Sciences Aïn Chok a partie liée. La première c'est le 77ème Congrès de la « Meteoritical Society » autour des recherches sur les météorites, la planétologie et cratères d'impact qui démarre ce 8 septembre et la deuxième qui s'ouvre le 15 septembre à Marrakech traitera du thème « Eaux souterraines : défis et stratégies ». Comment se fait-il que deux importantes rencontres scientifiques se tiennent à des dates si rapprochées?
Pr Hasna Chennaoui : Ces deux manifestations sont organisées par l'Université Hassan II Casablanca, Faculté des Sciences Aïn Chock et le Laboratoire GAIA : Géosciences appliquées à l›Ingénierie de l'Aménagement de ladite Faculté. Elles sont toutes deux d›envergure internationale. Pour les dates, elles sont décidées par des comités internationaux et sont généralement organisées à des périodes précises de l›année. Concernant la 77ème édition de la Meteoritical Society, il s'agit d'un congrès annuel qui se tient tous les ans pendant l›été.
Ces deux congrès rapprochés dans le temps montrent le grand dynamisme des chercheurs de notre laboratoire et leur grande implication scientifique aussi bien sur le plan national qu'international.
L'Opinion : La 77ème édition du Congrès Meteoritical Society se tient pour la première fois dans un pays arabe et musulman, apprend-on, avec la participation de 400 chercheurs. Comment le choix du Maroc en tant qu'hôte de cette importante manifestation historique s'est-il effectué?
Pr Hasna Chennaoui : Le Maroc est l›un des pays les plus riches au monde en terme de trouvailles de météorites, de plus, plusieurs chutes de météorites très intéressantes ont eu lieu, au Maroc, ces dernières années. Depuis le début des années 2000, nous avons des travaux de recherche dans ce domaine, qui sont publiées dans des revues scientifiques de renom et avons organisé plusieurs manifestations sur ce thème au Maroc.
Ces activités on pu asseoir une crédibilité scientifique internationale, laquelle a fait que la Meteoritical Society a décidé d'accorder sa confiance à notre institution pour l›organisation de cet important congrès.
Par ailleurs, nous occupons une position privilégiée au sein des instances de la Meteoritical Society, dans laquelle nous avons été membre du comité de nomenclature international (membre élu, comité constitué de 12 membres experts internationaux), puis membre du Membership committee, et actuellement membre du Conseil de cette association savante. Le travail sérieux et la rigueur dégagée par nos travaux a inspiré confiance aux instances de la MetSoc pour l›organisation de ce congrès. Notre candidature a été retenue il y a 4 années de cela, et depuis ce moment-là, nous avons travaillé pour les préparatifs de l›organisation de cette prestigieuse et importante manifestation.
L'Opinion : De quel rang le Maroc jouit-il dans le monde pour ce qui est du domaine des recherches sur les météorites et cratères d'impact et comment cela a pu se faire ?
Pr Hasna Chennaoui : Cela a pu être réalisé grâce à un travail sérieux, rigoureux, méthodique et la construction d›une image scientifique crédible par les travaux publiés. Travail de longue haleine continu et sérieux.
L'Opinion : Où en sont les recherches actuelles dans ce domaine?
Pr Hasna Chennaoui : Toutes les chutes de météorites du Maroc ont été étudiées, déclarées et nommées par nos soins. La dernière en date est la chute de la météorite de Tighert, chute observée près de Foum El Hisn (Province de Tata). Elle a eu lieu au mois de Juillet dernier et a été observée lors de sa chute par tous les habitants de la région. Nous avons mené une mission de terrain pour recueillir toutes les informations nécessaires concernant la météorite, avons constitué un consortium international de chercheurs pour réussir à en faire la classification et la déclaration en l›espace de trois semaines après la chute, ce qui représente un grand challenge. Cette météorite est de type Eucrite.
Avant cela, nous avions également travaillé sur la météorite de Tissint, météorite martienne (5ème chute observée de météorite martienne au monde), chute observée en Juillet 2011 (Province de Tata), que nous avons classifiée et déclarée avec un nom de lieu marocain. Nous avons eu une publication la concernant dans la prestigieuse revue scientifique «Science».
La même démarche avait été suivie pour les chutes des météorites de Tamdakht (Décembre 2008) et Benguerir (Novembre 2004).
Plusieurs météorites très intéressantes ont également été classifiées et déclarées par notre laboratoire depuis le début des années 2000.
L'Opinion : Qu'attend-on d'une telle manifestation pour l'avancée des recherches d'autant que d'éminents scientifiques y participent ?
Pr Hasna Chennaoui : Les attentes c'est la coopération scientifique internationale à développer, le partage de savoir, l'échange de résultats des travaux les plus récents, réalisés durant l›année sur les météorites, cratères d›impact et planétologie. Aucun résultat publié n›est ancien, le comité scientifique a fait un travail rigoureux de sélection des résumés à présenter en communication orale et en communication poster.
L'Opinion : Y a-t-il des musées ou des publications où le grand public puisse prendre connaissance du parcours des recherches dans le domaine des météorites et cratères d'impact et être sensibilisé à ce domaine de la connaissance scientifique ?
Pr Hasna Chennaoui : C›est notre cheval de bataille depuis le début des années 2000. Malgré la richesse du Maroc en terme de météorites, notre pays ne dispose pas de structure de conservation de type musée qui leurs soit dédiée, il en découle une déperdition d›un patrimoine géologique d›une importance capitale et un défaut de diffusion de culture scientifique pour nos jeunes et nos étudiants.
Certes, il y a un musée d'archéologie en cours de réalisation à Rabat mais pas pour un musée pour le patrimoine géologique, ce qui est uneautre chose. Ce qu'il faut c'est une structure dédiée à la conservation de la collection nationale de météorites et aussi à la recherche scientifique, l'éducation et la sensibilisation du grand public.


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